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Yalda Moaiery

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Yalda Moaiery
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Distinction

Yalda Moaiery est une photojournaliste iranienne. Elle couvre les conflits, les guerres et les catastrophes naturelles dans le monde depuis le début des années 2000.

En 2019, elle s'indigne contre la publication d'une de ses photos par Donald Trump sur les réseaux sociaux pour appuyer une attaque contre l'Iran. Elle est arrêtée et condamnée lors des manifestations suivant la mort de Mahsa Amini en 2022. En 2026, elle signe les photos qu'elle prend pendant les manifestations populaires en Iran, s'exposant ainsi à la répression.

Couverture des événements mondiaux

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Yalda Moaiery documente des guerres, des conflits et des catastrophes naturelles dans différentes parties du monde depuis le début des années 2000. Elle commence sa carrière avec les guerres en Afghanistan et en Irak et couvre, par la suite les conséquences du tsunami en Indonésie, les premières élections parlementaires en Afghanistan, les inondations au Pakistan et les conflits au Liban, en Géorgie et en Russie[1],[2],[3].

Ses photographies sont publiées dans des magazines et des journaux internationaux, tels que Time, Newsweek, San Francisco Chronicle, Le Monde, Le Figaro et El País[2],[3].

Yalda Moaier est membre de l'Association iranienne des photojournalistes (IPJA)[3].

En dehors de la couverture des événements mondiaux, le travail de Yalda Moaiery porte également sur l'actualité en Iran, notamment sur les manifestations de masse de 2019 contre la hausse des prix du carburant. Son portfolio comprend des reportages photographiques sur les femmes servant dans l'armée iranienne et sur l'héritage du Guide suprême iranien, Khomeiny[3].

Les femmes sont un sujet primordial de son travail photographique. Elle documente le quotidien des femmes travaillant comme agentes de sécurité pour le régime iranien, la création de la police spéciale chargée des questions féminines et l'imposition du port obligatoire du hijab en Iran[1],[4].

En décembre 2017, sa photo d'une étudiante iranienne manifestant contre la précarité à l'université de Téhéran suscite un écho international[1].

Yalda Moaiery est, à cette époque, condamnée à deux ans de prison et incarcérée à la prison Gharchak. À sa sortie, elle travaille sur un recueil de témoignages de 30 femmes partageant leur expérience carcérale[5],[1].

En 2019, elle se fait connaître en dénonçant publiquement le président Donald Trump après que celui-ci ait utilisé une de ses photos sur Instagram pour attaquer le gouvernement iranien[6].

Manifestations Femme, Vie, Liberté

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Yalda Moaiery est arrêtée le 19 septembre 2022 par des agents de la police des mœurs dans le centre de Téhéran alors qu'elle couvre les manifestations qui suivent la mort de Mahsa Amini, pendant sa détention par la police des mœurs à Téhéran. Yalda Moaiery aurait été frappée lors de son arrestation et forcée de monter dans une camionnette avec des dizaines d'autres manifestantes avant d'être emmenée à la prison de Qarchak, un établissement de détention réservé aux femmes situé dans la ville de Varamin, au sud-est de Téhéran[3],[2].

À l'annonce de son arrestation, l'Association des journalistes de la province de Téhéran publie un communiqué exigeant sa libération immédiate. Le Comité pour la protection des journalistes prend également sa défense. Elle est condamnée à une peine de six ans de prison pour atteinte à l’État, d’une interdiction de deux ans d’utiliser les médias sociaux et de quitter le pays, et d’une interdiction de trois ans d’exercer le journalisme. Elle est libérée sous caution le 20 décembre 2022, après avoir passé trois mois en prison et dans l'attente d'une convocation pour commencer à purger sa peine[7],[8],[3],[1].

Couverture des manifestations de 2025-2026

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En 2026, dans le contexte de la violente répression des soulèvements populaires en Iran, elle parvient à transmettre ses photos prises le 14 janvier, lors des funérailles de Mohammad Mozafari, tué par le régime. Après avoir d'abord demandé leur publication dans le journal Le Monde de façon anonyme, elle demande quelques jours plus tard que son nom soit révélé. Ses photos sont parmi les rares images qui peuvent témoigner des événements iraniens de cette période, alors que les moyens de communication sont devenus très difficiles[9].

Le 3 février 2026, au matin, une dizaine d’agents au service des gardiens de la révolution perquisitionnent son domicile, confisquant son matériel photographique, son ordinateur et son téléphone portable. Elle est convoquée au tribunal Moghaddas Ardabili de Téhéran[9].

Distinctions

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Expositions

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  • 2024 : Standing in the dust, Sausalito Center for the Arts, Sausalito[10]

La photographie Killer Women (2015) figure parmi les collections des Rencontres de la photographie d'Arles[11]

Articles connexes

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Références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Yalda Moaiery » (voir la liste des auteurs).
  1. a b c d e et f « Yalda Moaiery | World Press Photo », sur www.worldpressphoto.org (consulté le )
  2. a b et c (en) « Rights watchdog condemns arrest of Iranian photojournalist », Arab News, (consulté le )
  3. a b c d e f et g (en) « Yalda Moaiery - IWMF », sur www.iwmf.org (consulté le )
  4. (it) Angelo, « Cities 12 Thirsty Iran by Yalda Moaiery », sur Italian Street Photography, (consulté le )
  5. Dorothée Werner, « Iran : portraits de vies volées - Elle », sur elle.fr, (consulté le )
  6. (en) Matamoros, « 'Trump hurt me and my family, then he stole my photo to blame Iran' », EuroNews, (consulté le )
  7. (en-US) « Iranian photojournalist Yalda Moaiery arrested during anti-state protests », sur Committee to Protect Journalists, (consulté le )
  8. a et b (en) « 'Epitome of Courage': Iranian Photojournalist Recognized for Covering Women's Rights », sur Voice of America, (consulté le )
  9. a et b Ghazal Golshiri, « De Téhéran, les images inédites des manifestations envoyées par une photojournaliste iranienne », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  10. (en) Jessica Zack, « Yalda Moaiery on her life’s work photographing Iranian women, social movements », San Francisco Chronicle,‎ (lire en ligne)
  11. Les Rencontres d'Arles, « Les Rencontres d'Arles » [archive du ], sur www.rencontres-arles.com (consulté le )