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Andriy Paroubiy

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Andriy Paroubiy
Андрій Парубій
Illustration.
Andriy Paroubiy en 2024.
Fonctions
Président de la Rada d'Ukraine

(3 ans, 4 mois et 15 jours)
Législature VIIIe
Prédécesseur Volodymyr Hroïsman
Successeur Dmytro Razoumkov
Premier vice-président de la Rada

(1 an, 4 mois et 10 jours)
Président Volodymyr Hroïsman
Législature VIIIe
Prédécesseur Ihor Kalietnik
Successeur Iryna Herashchenko
Député de la Rada

(10 ans, 9 mois et 3 jours)
Élection 26 octobre 2014
Réélection 21 juillet 2019
Circonscription Scrutin de liste
Législature VIIIe et IXe
Groupe politique NF (2014-2019)
ES (2019-2025)

(6 ans, 2 mois et 20 jours)
Élection 30 septembre 2007
Réélection 28 octobre 2012
Circonscription Scrutin de liste
Législature VIe et VIIe
Groupe politique NU (2007-2012)
VOB (2012-2014)
Secrétaire du Conseil de défense et de sécurité nationale d'Ukraine

(5 mois et 11 jours)
Président Oleksandr Tourtchynov (intérim)
Petro Porochenko
Prédécesseur Andriy Klyouïev
Successeur Oleksandr Tourtchynov
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Tchervonohrad (RSS d'Ukraine, URSS)
Date de décès (à 54 ans)
Lieu de décès Lviv (Ukraine)
Nature du décès Assassinat
Sépulture Cimetière de Lytchakiv
Nationalité Soviétique (1971-1991)
Ukrainienne (1991-2025)
Parti politique SNPU (1991-2004)
Svoboda (2004-2005)
NU (2005-2012)
FZ (2012)
VOB (2012-2014)
NF (2014-2019)
ES (2019-2025)

Image illustrative de l’article Andriy Paroubiy
Présidents de la Rada

Andriy Volodymyrovytch Paroubiy (en ukrainien : Андрій Володимирович Парубій), né le à Tchervonohrad (RSS d'Ukraine, URSS) et mort le à Lviv (Ukraine), est un homme d'État ukrainien.

En 1991, il fonde le Parti social-national d'Ukraine, parti d'extrême droite, qu’il quitte lorsque ce mouvement devient « Svoboda », en 2004. Il adhère ensuite à Notre Ukraine, à l’Union panukrainienne « Patrie » puis au Front populaire, positionnés au centre droit, et entre au Parlement en 2007.

Il est en 2014 secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de la défense d'Ukraine. En 2016, il est élu président de la Rada. Il est ensuite réélu député en 2019 sous la bannière de Solidarité européenne, autre parti de centre droit.

Il meurt assassiné le 30 août 2025 à Lviv.

Famille et éducation

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Andriy Paroubiy est né à Tchervonohrad, dans l'oblast de Lviv, le . Il est le fils de Volodymyr Paroubiy, directeur de la maison des enseignants de Lviv, et a une sœur, Olena, qui devient chef du Service de sécurité de l'État dans la région de Lviv[1]. Son grand-père paternel, dont la famille était implantée dans la région de Przemyśl, a servi dans l'armée austro-hongroise pendant la Première Guerre mondiale puis, après son effondrement, dans l'Armée ukrainienne de Galicie, qui a combattu dans la guerre polono-ukrainienne de 1918 à 1919. Ses oncles paternels ont combattu au sein de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) pendant la Seconde Guerre mondiale et la guérilla antisoviétique jusqu'à la fin des années 1950, ce qui a valu à des membres de sa famille d'être envoyés en Sibérie et au Kazakhstan pendant dix ans. Son père a été un militant de l'indépendance ukrainienne et a mené une carrière politique après 1991, cofondant le Mouvement populaire d'Ukraine et atteignant le poste de maire adjoint de Lviv. Sa famille maternelle est originaire de la région de Kharkiv[2],[3],[4].

De 1987 à 1991, il travaille comme assistant de laboratoire et assistant principal de laboratoire dans plusieurs expéditions archéologiques de l'Institut des sciences sociales de l'Académie des sciences de la RSS d'Ukraine[5].

En 1994, Paroubiy achève des études d'histoire à l'université de Lviv, puis suit des cours de troisième cycle en sciences politiques et en sociologie à l'université nationale polytechnique de Lviv[2], dont il sort diplômé en 2001[6].

De 1999 à 2002, il est rédacteur en chef de la revue scientifique et politique Oriyentyry (Monuments)[1].

Il épouse Ulyana Yuriivna, philologue et folkloriste née à Lviv en 1978, avec laquelle il a une fille, Yarina, en 2001[7],[8].

Premiers engagements politiques

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En 1988, sous le régime soviétique, il fonde à Lviv l'organisation Spadshchyna (en), qui restaure les tombes des anciens soldats de l'UPA et des fusiliers de la Sitch, recueille les souvenirs des anciens militants encore en vie et assure la surveillance des premiers rassemblements anti-soviétiques dans l'ouest ukrainien. En , il est arrêté pour avoir organisé un rassemblement non autorisé[2],[9],[10],[11],[4].

En 1990, il est élu au conseil régional de Lviv[9]. De 1994 à 1998, il est élu au conseil municipal de Lviv[5].

En 1991, il fonde un mouvement d'extrême droite, le Parti social-national d'Ukraine, avec notamment Oleh Tyahnybok. Après deux échecs aux élections législatives de 1994 et 1998, les deux hommes refondent le « SNPU en l’expurgeant de tous ses symboles néo-nazis et le rebaptisant Svoboda », avec « un programme plus social », mais toujours une « rhétorique chauviniste galicienne anti-russe »[12]. De 1998 à 2004, il dirige les Patriotes d'Ukraine, l'organisation paramilitaire du parti, considérée comme « un assemblage d'organisations néonazies et d'autres groupes violents radicaux »[13].

En 2002, il est réélu au conseil régional de Lviv, dont il devient vice-président[10].

Activités révolutionnaires

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La Révolution orange

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En 2004, il participe à la révolution orange, prenant la tête d'une colonne de manifestants qui prend le contrôle de la Maison ukrainienne et l'occupe. Son rôle dans ce mouvement lui assure une notoriété nationale. Dans la foulée du triomphe de la révolution, il quitte Svoboda avec cinq autres membres du conseil politique, en , et, après avoir tenté de fonder un nouveau parti de droite, finit par adhérer à Notre Ukraine (centre droit) de Viktor Iouchtchenko[10],[2],[11].

Activités parlementaires

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Aux élections parlementaires de 2007, il est élu à la Rada, le Parlement ukrainien, sous les couleurs du Bloc Notre Ukraine, où il figure en 80e position. La même année, il initie l'installation, à Lviv, d'un monument en hommage à Stepan Bandera et, avec ses collègues députés, commence à collecter des fonds pour l'achèvement des travaux[10],[2].

Andriy Paroubiy, en 2012.

En , il se bat avec Oleh Liachko lors de la diffusion en direct de l'émission de Savik Shuster, pour l'obliger à quitter le studio, dans lequel le chef du parti radical avait pénétré afin d'obtenir un débat avec le président Viktor Iouchtchenko. En février suivant, il demande au Parlement européen de revenir sur son opposition à la décision prise par le président ukrainien Iouchtchenko d'attribuer à Bandera le titre de Héros de l'Ukraine[10]. La même année, une plainte est déposée contre lui pour avoir tenté, en avril, de perturber le vote à la Rada destiné à ratifier l'accord avec la Russie qui visait à prolonger le séjour de la flotte de la mer Noire en Crimée pendant 25 ans ; à cette occasion, il avait lancé un œuf sur le président Volodymyr Lytvyn et allumé un fumigène. Toutefois, celle-ci n'aboutit pas[9],[2].

Le , il participe à une manifestation organisée à Kiev, près du Tribunal administratif supérieur d'Ukraine, contre le retrait du titre de Héros de l'Ukraine à Roman Choukhevytch[14]. En , il prend part à une autre manifestation, cette fois sur la place Bolotnaïa, à Moscou, dans le cadre du mouvement de contestation des élections législatives russes[2].

Membre du conseil politique de Notre Ukraine, il quitte le parti en , invoquant des « divergences de point de vue »[15],[16]. Il est réélu la même année à la Rada sur la liste de l’Union panukrainienne « Patrie » soutenue par Ioulia Tymochenko[17], où il occupe la 21e place[10]. La même année, il s'oppose, lors des discussions à la Rada, à l'adoption de la loi linguistique « Kivalov-Kolesnichenko », qui donne le statut de langue régionale au russe et aux langues minoritaires[4].

L'Euromaïdan

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Discours d'Andriy Paroubiy à Kiev le , durant l'Euromaïdan.

Durant l'Euromaïdan, en 2013-2014, Andriy Paroubiy est commandant et coordinateur des « corps volontaires de sécurité » dans les manifestations[18],[19], chargés de la sécurité des manifestants et de coordonner les actions lors des confrontations avec les forces de sécurité[11], qui prennent le contrôle du quartier gouvernemental de Kiev dans la nuit du 21 au [14].

Après les tirs qui touchent des manifestants et des policiers du Berkout, il met en cause des snipers russes. Cette version a été contestée par Oleksandr Yakymenko, chef du Service de sécurité d'Ukraine à l'époque de Viktor Ianoukovytch, qui a affirmé à la chaîne publique russe Rossiya 1 que les tirs provenaient du bâtiment philarmonique, dont Paroubiy était responsable[10]. Dans un article de , le site ukrainien StopFake conteste l'idée que Paroubiy aurait « conduit des tireurs d'élite sur le Maïdan » en s'appuyant sur une déclaration d'Oleksiy Donskyi, chef du département des affaires du Maïdan au sein du bureau du procureur général d'Ukraine, qui avait attribué ces tirs, lors d'une réunion d'information en 2024, à des forces de l'ordre ukrainiennes, et sur le fait que, selon ses recherches, la photo censée montrer le départ de tireurs d'élite de l'hôtel « Ukraine » avait été prise à l'hôtel « Dnipro » le [20],[21],[22].

Après la Révolution

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Secrétaire du Conseil de défense et de sécurité nationale d'Ukraine

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À la suite de ces évènements, il est nommé le , par décret du président par intérim Oleksandr Tourtchynov, secrétaire du Conseil de défense et de sécurité nationale d'Ukraine[23],[24], qui supervise le ministère de la Défense, la police et le renseignement, où il a pour adjoint Dmytro Iaroch, dirigeant de Secteur droit[25].

À ce poste, il défend la reconstitution de la garde nationale, en , puis décide, le , le transfert des combattants d'autodéfense de Maïdan dans le bataillon spécial Azov de la Garde, relevant du ministère de l'Intérieur et des Forces armées[26],[4]. La garde nationale devient la base des bataillons de volontaires engagés dans les combats dans l'est de l'Ukraine[11]. En , il annonce l'introduction d'un régime de visas pour les citoyens russes, ainsi que le lancement d'une procédure de retrait de l'Ukraine de la Communauté des États indépendants[26].

Sous sa direction, le Conseil de défense et de sécurité nationale d'Ukraine décide de lancer une opération anti-terroriste concernant les secteurs sous contrôle de la République populaire de Donetsk et de la République populaire de Lougansk [26],[27]. Lorsque les séparatistes pro-russes s'emparent des bâtiments de l'État dans les centres régionaux de l'est de l'Ukraine, il prend l'avion pour Lougansk avec Valentyn Nalyvaïtchenko, le chef du SBU de l'époque, pour « régler la situation », mais échoue, au contraire d'Arsen Avakov et Stepan Poltorak, qui réussissent à écraser la République populaire de Kharkiv[10]. Le , lors d'un déplacement à Odessa, il assure une réunion du quartier général opérationnel avec le gouverneur de l'oblast d'Odessa, Volodymyr Nemyrovsky, et les forces de sécurité de l'oblast, pour empêcher la prise de contrôle de la ville par les pro-Russes, selon le témoignage de militants de l'organisation Robymo vam nervy (« Rendons vos nerfs à vif »)[28].

Le , il annonce sa démission[29], par opposition aux pourparlers de paix de Minsk I, discutés, selon lui, dans des conditions très défavorables pour l'Ukraine[2],[10].

Vice-président puis président de la Rada

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Il quitte alors l'Union panukrainienne « Patrie » et confonde le Front populaire avec Arseni Iatseniouk, Oleksandr Tourtchynov et Arsen Avakov. Après les élections législatives anticipées, où le Front populaire arrive en deuxième position, Paroubiy est élu vice-président de la Rada. En , il est victime d'une tentative d'assassinat à la grenade près de l'hôtel « Kiev », à Kiev, alors qu'il se trouvait avec un groupe de députés. Un mois plus tard, Arsen Avakov, ministre de l'Intérieur, a accusé Stanislav Shalyuk, commandant des troupes intérieures du ministère de l'Intérieur à l'époque de Ianoukovytch, alors réfugié en Russie, d'être le cerveau de l'opération[10],[30].

Au printemps 2015, il déclare que, selon des informations issues des services spéciaux ukrainiens, il serait menacé d'enlèvement pour être envoyé en Russie[14].

Andriy Paroubiy au siège de président de la Rada, le .

Le , il devient président de l’assemblée, succédant à Volodymyr Hroïsman, nommé à la tête du gouvernement. À ce poste, il joue un rôle de premier plan dans la mise en œuvre des réformes parlementaires et dans l’établissement d’une coopération avec les partenaires occidentaux[11]. Il œuvre en faveur de la création d'une Fondation culturelle ukrainienne, de l'instauration, en 2017, d'une Journée du volontaire ukrainien, célébrée chaque , ou encore de l'acceptation du tomos d'autocéphalie de l'Église d'Ukraine, publié en , et joue un rôle décisif dans l'adoption de la loi sur la protection du fonctionnement de la langue ukrainienne en tant que langue d'État, qui annule la « loi Kivalov-Kolesnichenko », en 2019[2],[4].

À la suite de la signature des accords de Minsk II, il fait partie des hauts responsables ukrainiens qui s'opposent à une loi sur la tenue d'élections dans les territoires des républiques populaires de Donetsk et de Lougansk, conformément aux accords, tant qu'il n'y aura pas un cessez-le-feu total[3]. Or, la plupart des dispositions contenues dans la loi sur le statut spécial des deux Républiques autoproclamées, signée par Porochenko en , doivent entrer en vigueur après la tenue des élections locales dans le Donbass[31].

Lors de la discussion du projet de loi favorisant le transfert des paroisses de l'Église orthodoxe ukrainienne (patriarcat de Moscou) vers l'Église orthodoxe d'Ukraine, un incident l'oppose à Vadim Novinsky, chef du Bloc d'opposition, qui s'adresse à lui pour exiger que ce document soit retiré de l'examen. Andriy Paroubiy lui réplique alors : « Éloigne-toi de moi, méchant ! »[2]. Le , il fait adopter par la Rada une loi obligeant l'Église orthodoxe ukrainienne (patriarcat de Moscou) à indiquer son appartenance à la Russie dans son nom[32].

En 2018, le tribunal du raïon de Petchersk, à Kiev, ordonne au bureau du procureur général d'ouvrir une enquête préliminaire contre Paroubiy pour des déclarations concernant les prêtres de l'Église orthodoxe ukrainienne (patriarcat de Moscou), accusés par lui d'avoir tué des Ukrainiens, jugées susceptibles d'inciter à l'inimitié nationale. Ces propos avaient provoqué l'indignation des fidèles[33],[11].

Député de l'opposition

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En 2019, lors de l'élection présidentielle ukrainienne de 2019, il prend position contre Volodymyr Zelensky, le qualifiant de « version modernisée de Ianoukovytch »[34]. Après la victoire de ce dernier, il est numéro deux sur la liste de Solidarité européenne pour les élections législatives anticipées et rejoint l'opposition[10]. La même année, le Bureau d'enquête de l'État (en) ouvre une procédure pénale contre lui pour la formation et la coordination de groupes armés publics dans le but de commettre des émeutes de masse le dans la ville d'Odessa, mais l'affaire n'a fait l'objet d'aucune enquête active[9] : Roman Truba, directeur du Bureau, a précisé, en , que Paroubiy avait un statut de témoin, mais n'avait pas encore été interrogé[35].

En , le site ukrainien StopFake conteste le rôle de Paroubiy dans l'incendie de la Maison des syndicats d'Odessa, en arguant que l'enquête des autorités ukrainiennes, en 2015, avait conclu à un accident involontaire et que la procédure de 2019 avait été engagée à la suite d'une plainte d'Andriy Portnov, ancien chef adjoint de l'administration présidentielle ukrainienne sous la présidence de Viktor Ianoukovytch. Par ailleurs, il cite une partie du jugement de la Cour européenne des droits de l'homme en date , dans le cadre de l'affaire « Vyacheslavova et autres c. Ukraine », qui a condamné l'Ukraine notamment parce que « les autorités avaient manqué à faire tout ce qui pouvait être raisonnablement attendu d’elles pour empêcher les violences à Odessa le , pour y mettre fin après leur déclenchement, pour adopter des mesures de secours dans les meilleurs délais à l’égard des personnes prises au piège dans l’incendie », tout en considérant que « la désinformation et la propagande russes ont joué un rôle dans les événements tragiques » en contribuant à alourdir les tensions survenues dans l'est de l'Ukraine à la suite du Maïdan[20].

En , le tribunal du raïon de Chevtchenko ordonne au Bureau d'enquête de l'État d'enregistrer les poursuites pénales au sujet d'une éventuelle ingérence de Paroubiy dans le processus électoral[11]. Entendu par le Bureau au début de 2020, ce dernier se justifie en expliquant qu'en qualité de président de la Rada, il avait demandé aux forces de l'ordre de vérifier si le blogueur Anatoli Chari, Andriy Klyouïev, présenté par lui comme « l'odieux homme de main » de Ianoukovytch, et Renat Kouzmine (en) résidaient sur le territoire ukrainien depuis plus de cinq ans et avaient le droit de participer aux élections[36].

En 2020, lorsque la majorité présidentielle tente d’inscrire à l’ordre du jour un projet de loi portant modification de la loi linguistique, il menace d’organiser des manifestations de masse dans la rue, affirmant que « l'état-major général de l'attaque contre la langue ukrainienne est situé au Kremlin »[10].

En 2022, lors du déclenchement de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, il rejoint la défense territoriale et sert au poste de contrôle du 206e bataillon de défense de Kiev ; des photos et des vidéos le montrent alors en uniforme militaire, armé d'un fusil-mitrailleur[10],[9].

Passé ce premier temps, il consacre son temps aux travaux de la commission parlementaire sur la sécurité nationale et la défense[37], en particulier l’augmentation des dépenses en équipements militaires ou l’élargissement des droits du personnel militaire. Durant son dernier mandat, il a pris la parole 17 fois et déposé des projets de loi concernant l'intégration européenne de l'Ukraine, la mémoire de l'UPA et de la Seconde Guerre mondiale et les mécanismes de lutte contre la corruption[4].

Andriy Paroubiy quelques instants avant son assassinat à Lviv, le .

Le , à l’âge de 54 ans, Andriy Paroubiy est tué par balles, à 11h35, dans la rue Akademika Efremova, à Lviv, par un homme se faisant passer pour un livreur de Glovo et circulant en vélo électrique, alors qu'il se rendait à une salle de sport proche de son domicile ; une enquête pour meurtre est ouverte[38],[39],[34],[14]. Un suspect de 52 ans, Mykhailo Stselnikov, a été arrêté le lendemain et a avoué[40], présentant son geste comme une « vengeance contre les autorités ukrainiennes », à la suite de la mort de son fils, porté disparu lors de la bataille de Bakhmout en mai 2023[41].

Les obsèques d'Andriy Paroubiy ont eu lieu le à la cathédrale Saint-Georges de Lviv. Il a été inhumé au cimetière de Lytchakiv[42].

Positionnement politique

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Paroubiy adhère initialement, selon Justine Brabant, à une idéologie néofasciste inspirée du social-nationalisme de Iaroslav Stetsko et proche du corporatisme fasciste italien[43]. Pour Adrien Nonjon, l'idéologie du SNPU, dont il est un dirigeant, est, à ses débuts, « fondamentalement identitaire et raciste », « construite autour de la notion de « Terre » et de « Sang » » et « autour de l’ethnos ukrainien, compris comme un fondamentalisme blanc, et donc une supériorité raciale sur les ennemis présupposés de l’Ukraine, à savoir la Russie, la Pologne et le peuple juif » ; celle-ci « s'inspire en majeure partie du national-socialisme allemand et des premières thèses intégralistes du théoricien ukrainien Dmytro Dontsov »[12]. A partir de 2000, son parti entretient des relations avec Neuronat, association européenne regroupant des partis nationalistes, notamment le Front national[13],[43].

Vers 2004, il opère un virage idéologique en rompant avec cette matrice radicale pour adopter un nationalisme démocratique. Lors de la révolution de Maïdan, il déclare que « l'ethno-nationalisme conduit à une impasse » et prône le respect des différences au sein de la nation ukrainienne[43].

Cette transformation lui vaut l'hostilité des néonazis, qui le considèrent comme un « traître », fait de lui une figure tutélaire du nationalisme ukrainien pour ses partisans, ou encore une preuve de la présence néonazie au pouvoir pour le Kremlin. Pour le sociologue Denys Gorbach, il est un exemple de la mobilité de l'espace politique ukrainien[43].

En revanche, pour les journalistes ukrainiens Sviatoslav Khomenko et Vitaliy Chervonenko, Paroubiy est resté tout le long de sa carrière politique un « radical » et un « bandériste » ; ce sont Petro Porochenko puis Volodymyr Zelensky qui, dans leur discours politique, se sont de plus en plus rapprochés de lui[27].

Décorations

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Références

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