Charles Frechon
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Marie Julien Charles Frechon |
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Blangy-sur-Bresle (à partir de ), Rouen (), Mont-Saint-Aignan (jusqu'en ) |
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École municipale de peinture et de dessin de Rouen |
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Charles Frechon, né le à Blangy-sur-Bresle et mort le à Mont-Saint-Aignan[1], est un peintre postimpressionniste français de l'École de Rouen.
Il est le frère du photographe Émile Frechon et le père du peintre Michel Frechon.
Biographie
[modifier | modifier le code]Charles Frechon voit le jour à Blangy-sur-Bresle, un bourg situé aux confins de la Normandie et de la Picardie, où son père possède une fabrique de savon. Hébergé chez son oncle, il entre en 1879 à l'École municipale de peinture et de dessin de Rouen. En 1882, il achève avec succès sa formation artistique en remportant le prix du ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts assorti d'une bourse de 400 francs.
Il revient rapidement en Normandie, s'installe au no 65 rue du Renard à Rouen et fait de sa campagne environnante le centre exclusif de son activité picturale [2]. Il se lie étroitement à Charles Angrand, ainsi qu’à Delattre et Lemaître, relations décisives dans son insertion au sein des réseaux artistiques d’avant-garde régionaux et nationaux [2],[3].
À partir de 1887, sous l’influence directe d’Angrand, lui-même proche de Seurat et Signac, Fréchon adopte les principes du divisionnisme, qu’il applique à des thèmes atypiques pour le pointillisme, tels que les sous-bois, les scènes de moissons, les paysages enneigés, les panoramas urbains ou encore des scènes d’intérieur et des vues d’églises rouennaises exécutées au fusain [3],[4].
Cette période, marquée par une construction rigoureuse de l’espace, un usage maîtrisé de la perspective et un point de fuite souvent abaissé accentuant la monumentalité des motifs architecturaux, révèle un dessin structuré et analytique, aujourd’hui partiellement disparu en raison des destructions de 1940 à Blangy-sur-Bresle [4].
Toutefois, la contrainte méthodique du pointillisme limite sa spontanéité picturale et, au milieu des années 1890, Fréchon revient progressivement à une pratique impressionniste enrichie par cette expérience, à l’instar de Pissarro [2],[3]. Son style se caractérise alors par une matière picturale épaisse, un geste souple souvent en forme de virgule, une palette volontairement restreinte dominée par les verts, les bleus et les roses, et une attention constante aux variations saisonnières de la nature normande [3]. Disciple fidèle de Claude Monet, sans jamais chercher l’innovation radicale, il peint de manière répétitive jardins, vergers, chemins creux et paysages ruraux, se distinguant des autres impressionnistes par son absence d’intérêt pour la mer, la Seine ou le voyage, et par un ancrage territorial étroit assumé [3].
Entre 1890 et 1900, il mène une activité intense entre Rouen et Paris, exposant régulièrement et attirant l’attention du marchand Durand-Ruel, qui acquiert plusieurs de ses œuvres, signe d’une reconnaissance institutionnelle et commerciale réelle à la fin du XIXe siècle [2]. Si cette fidélité à l’idéal impressionniste lui assure un succès public durable, elle contribue également à son effacement progressif de la critique au XXe siècle, son œuvre apparaissant comme la consolidation d’un langage pictural devenu canonique plutôt que comme un vecteur de rupture esthétique [3].
En 1914, il remporte le prix Bouctot de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen.
En 1931, le muséum d'histoire naturelle de Rouen reçoit la collection préhistorique de Charles Frechon[5].
Le musée des beaux-arts de Rouen lui consacre une exposition en 2008.
Œuvre
[modifier | modifier le code]Collections publiques
[modifier | modifier le code]- Sous-bois, 1889, huile sur toile, 27,5 × 34,5 cm, don de Françoise Mouchelet[6].
- Rouen, île Lacroix, cours la Reine, 1890, huile sur toile, 37 × 56 cm, don de François Depeaux[7].
- Feuilles de printemps, vers 1907, huile sur toile, 48,5 × 65 cm, legs de Jules Hédou[8].
- Paysage d'automne, avant 1909, huile sur toile, 60 × 73 cm, acquisition du musée[9].
- Sous-bois en automne, 1929, huile sur toile, 60 × 72,9 cm, don de François Depeaux[10].
- Boulevard Cauchoise, Rouen, vers 1880, huile sur toile, 73 × 61 cm, don de Constant Roussel[11].
- La rampe Beauvoisine, Rouen, vers 1880, huile sur toile, 27 × 36 cm, don de Constant Roussel[12].
- Le Pré-aux Loups, Rouen, vers 1890, huile sur toile, 43 × 56 cm, don de Constant Roussel[13].
- Coin de forêt à Mont-Saint-Aignan, 1902, huile sur toile, 74 × 62 cm, don de Constant Roussel[14].
Collections privées
[modifier | modifier le code]- Le Jardin de l'artiste à Mont-Saint-Aignan, huile sur toile, 65 × 81 cm, Vente Loudmer 1992[15]
- Œuvres de Charles Frechon
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Rouen, Île Lacroix, cours de la Reine.
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Sous-bois en automne.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ À son domicile, 7 rue Coquerel.
- « Charles FRECHON », sur Art en Seine (consulté le )
- « Cimaises Charles Frechon, l’impressionniste oublié, à l’affiche à Rouen », sur L'Orient-Le Jour, (consulté le )
- (en-US) « Charles FRECHON, une oeuvre, une histoire », sur Les Amis de l'Ecole de Rouen (consulté le )
- ↑ « Une acquisition importante du muséum de Rouen. La collection Fréchon », Journal de Rouen, , p. 3 (lire en ligne).
- ↑ « Sous-bois », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le )
- ↑ « Rouen, île Lacroix, cours la Reine », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le )
- ↑ « Feuilles de printemps », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le )
- ↑ « PAYSAGE D'AUTOMNE », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le )
- ↑ « Sous bois en automne », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le )
- ↑ « Boulevard Cauchoise », notice no 07060001549, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture.
- ↑ « La rampe Beauvoisine », notice no 07060003149, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture.
- ↑ « Le Pré-aux Loups, Rouen », notice no 07060001547, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture.
- ↑ « Coin de forêt à Mont-Saint-Aignan », notice no 07060001551, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture.
- ↑ « Cote des objets », Connaissance des arts, no 496, , p. 133
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Georges Dubosc, L’École de Rouen : ses peintres et ses ferronniers, Rouen, Lecerf, , 28 p., in-8o (lire en ligne), p. 13
- Fernand Guey, « Mort du peintre Ch. Frechon », Journal de Rouen, , p. 3 (lire en ligne).
- Jacques-Sylvain Klein, La Normandie, berceau de l'Impressionnisme, éditions Ouest-France, 1996.
- Jacques-Sylvain Klein, Lumières normandes, les hauts-lieux de l'Impressionnisme, éditions Point de vues, 2013.
- Caroline Laroche, 7 peintres de l'école de Rouen : Marcel Couchaux, Alfred Dunet, Charles Frechon, Narcisse Guilbert, Pierre Le Trividic, Maurice Louvrier, Robert Pinchon, Paris, Alain Letailleur, 1990.
- François Lespinasse (préf. François Bergot), L'École de Rouen, Sotteville-lès-Rouen, Fernandez, , 221 p. (OCLC 18496892, LCCN 80155566), p. 38-43.
- François Lespinasse, L'École de Rouen, Rouen, Lecerf, , 348 p. (ISBN 2-901342-04-3).
- François Lespinasse, Charles Frechon & Michel Frechon, Rouen, 2004 (ISBN 2-906-13000-1).
- François Lespinasse (préf. François Bergot), La Normandie vue par les peintres, Lausanne, Edita, , 143 p. (ISBN 2-88001-233-3), p. 130-131
- François Lespinasse (préf. Jean-Marc Venin et Xavier Jean), École de Rouen, Le Mesnil-Esnard, , 120 p. (ISBN 979-10-4154586-5), p. 30-33
- Claude Pétry (dir.) et François Lespinasse (dir.), L'École de Rouen de l'impressionnisme à Marcel Duchamp 1878-1914, Musée des Beaux-Arts de Rouen, , 207 p. (ISBN 2-901431-12-7)
- Laurent Salomé (dir.), Charles Frechon (1856-1929), Cat Exposition Musée des Beaux-Arts de Rouen, Milan, Silvana Editoriale, 2008.
- Marc-Henri Tellier, François Depeaux (1853-1920) : le charbonnier et les impressionnistes, Rouen, éditions Marc-Henri Tellier, , 304 p. (ISBN 978-2-7466-0515-2, OCLC 651049214).
Liens externes
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- Ressources relatives aux beaux-arts :