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GT Muscae

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GT Muscae A / B
Description de cette image, également commentée ci-après
Courbes de lumière de GT Muscae. La courbe du dessus (adaptée de Murdoch et al. (1995)[1]) montre la variabilité à long terme, après suppression de la variabilité due aux éclipses. La période orbitale de HD 101379 est marquée en rouge. La courbe du dessous, obtenue à partir des données de TESS[2], montre clairement les éclipses (à la fois primaires et secondaires) du système. La période orbitale de HD 101380 est marquée en rouge.
Données d'observation
(époque J2000.0)
Ascension droite 11h 39m 29,566 10s[3]
Déclinaison −65° 23 52,099 4[3]
Constellation Mouche
Magnitude apparente 4,96 à 5,23 (5,52 / 6,61)[4],[5]

Localisation dans la constellation : Mouche

(Voir situation dans la constellation : Mouche)
Caractéristiques
Type spectral G5/8III + F / A0V + A2V[4]
Indice U-B +0,36[6]
Indice B-V +0,80[6]
Indice R-I +0,63[6]
Variabilité RS CVn / Algol[4]
Astrométrie
Vitesse radiale +9,1 ± 0,4 km/s[7]
Mouvement propre μα = −29,762 mas/a[3]
μδ = +5,783 mas/a[3]
Parallaxe 8,397 2 ± 0,507 5 mas[3]
Distance 119,1 ± 7,2 pc (∼388 al)[8]
Magnitude absolue −0,90[9]
Caractéristiques physiques
Masse 1,1 ± 0,3 M[10]
Rayon 16,6 ± 1,0 R[10]
Gravité de surface (log g) 1,89 ± 0,05[10]
Luminosité 126 L[10]
Température 4 744 ± 125 K[10]
Composants stellaires
Composants stellaires GT Muscae Aa/Ab (HD 101379)
GT Muscae Ba/Bb (HD 101380)
Orbite
Compagnon GT Muscae B[11]
Demi-grand axe (a) 0,276 ± 0,004
Excentricité (e) 0,634 ± 0,015
Période (P) 96,8 ± 2,4 a
Inclinaison (i) 60,9 ± 2°
Argument du périastre (ω) 92,4 ± 1,5°
Longitude du nœud ascendant (Ω) 259,8 ± 1,5°
Époque du périastre (τ) 2 003,55 ± 0,29 a

Désignations

12 G. Mus, GT Mus, B 1705, HD 101379, HD 101380, HIP 56862, HR 4492, CD-64 554, CPD-64 1685, SAO 251522, 4U 1137–65, WDS J11395 -6524AB[8]

GT Muscae (en abrégé GT Mus), également connue sous sa désignation de Gould de 12 Muscae, est une étoile multiple de la constellation australe de la Mouche. Il s'agit également d'une étoile variable de cinquième magnitude, et elle est donc visible à l'œil nu dans un ciel préservé de la pollution lumineuse. D'après la mesure de sa parallaxe annuelle par le satellite Gaia, le système est distant d'environ ∼ 390 a.l. (∼ 120 pc) de la Terre[3].

GT Muscae est un système d'étoile quadruple. Il comprend tout d'abord une binaire spectroscopique comprenant une variable de type RS Canum Venaticorum (RS CVn) et désignée GT Muscae A ou HD 101379, dont les deux étoiles complètent une orbite avec une période de 61,45 jours. Elle est en orbite avec une binaire à éclipses de type Algol connue comme GT Muscae B ou HD 101380 et dont la période orbitale est de 2,75 jours[1]. La magnitude apparente du système varie entre 4,96 et 5,23[4] et il s'agit également d'une source de rayons X très active[12].

En 1929, Willem van den Bos découvre que GT Muscae est une étoile double visuelle, où les deux composantes A (HD 101379) et B (HD 101380) étaient alors séparées de 0,2 seconde d'arc seulement[13]. En examinant des plaques photographiques en 1964, Wolfgang Strohmeier et al. découvrent que GT Muscae est une étoile variable[14]. Puis en 1979, une étude des caractéristiques spectroscopiques du système par Edward Weiler et Robert Stencel ont permis de déterminer qu'il s'agissait probablement d'une variable de type RS CVn[15]. Des éclipses produites par HD 101380 ont été signalées pour la première fois en 1982 par Andrew Collier Cameron dans sa thèse de doctorat, où il a également pu déterminer la période orbitale de cette paire[16]. Le système entier a reçu la désignation d'étoile variable de GT Muscae en 1988[17].

Une émission en ondes radio dans la bande 5 GHz a été détectée en provenance de GT Muscae en 1982. Cette émission, forte et variable, est interprétée comme le symptôme d'une activité chromosphérique et coronale importante[18]. GT Muscae a également été détectée lors des premières observations du satellite en rayons X Uhuru, et le système a reçu les désignations de 2U 1134–161 puis de 4U 1137–65[19],[20]. En 1980, Michael Garcia et al. ont été en mesure d'associer la source détectée par Uhuru avec HD 101379[21]. Durant les années 2010, le système de GT Muscae a montré l'activité éruptive en rayons X la plus importante de toutes les étoiles du ciel nocturne, produisant des éruptions qui peuvent avoir des énergies aussi élevées que 10 × 1038 ergs[12].

Notes et références

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  1. a et b (en) K. A. Murdoch et al., « A photometric and orbital analysis of GT Muscae », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 276, no 3,‎ , p. 836–846 (DOI 10.1093/mnras/276.3.836 Accès libre, Bibcode 1995MNRAS.276..836M)
  2. (en) « MAST: Barbara A. Mikulski Archive for Space Telescopes », Space Telescope Science Institute (consulté le )
  3. a b c d e et f (en) A. Vallenari et al. (Gaia collaboration), « Gaia Data Release 3 : Summary of the content and survey properties », Astronomy & Astrophysics, vol. 674,‎ , article no A1 (DOI 10.1051/0004-6361/202243940, Bibcode 2023A&A...674A...1G, arXiv 2208.00211). Notice Gaia DR3 pour cette source sur VizieR.
  4. a b c et d (en) « VSX : Detail for GT Mus », sur The International Variable Star Index, AAVSO (consulté le )
  5. (en) Brian D. Mason et al., « The 2001 US Naval Observatory Double Star CD-ROM. I. The Washington Double Star Catalog », The Astronomical Journal, vol. 122, no 6,‎ , p. 3466 (DOI 10.1086/323920 Accès libre, Bibcode 2001AJ....122.3466M, lire en ligne, consulté le )
  6. a b et c (en) D. Hoffleit et W. H. Warren, « Bright Star Catalogue, 5e éd. », Catalogue de données en ligne VizieR : V/50. Publié à l'origine dans : 1964BS....C......0H, vol. 5050,‎ (Bibcode 1995yCat.5050....0H)
  7. (en) Y. Karataş et al., « Kinematics of chromospherically active binaries and evidence of an orbital period decrease in binary evolution », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 349, no 3,‎ , p. 1069-1092 (DOI 10.1111/j.1365-2966.2004.07588.x, Bibcode 2004MNRAS.349.1069K, arXiv astro-ph/0404219)
  8. a et b (en) * 12 Mus -- Double or Multiple Star sur la base de données Simbad du Centre de données astronomiques de Strasbourg.
  9. (en) E. Anderson et Ch. Francis, « XHIP: An extended Hipparcos compilation », Astronomy Letters, vol. 38, no 5,‎ , p. 331 (DOI 10.1134/S1063773712050015, Bibcode 2012AstL...38..331A, arXiv 1108.4971)
  10. a b c d et e (en) T. Kallinger et al., « Stellar masses from granulation and oscillations of 23 bright red giants observed by BRITE-Constellation », Astronomy & Astrophysics, vol. 624,‎ , article no A35 (DOI 10.1051/0004-6361/201834514, Bibcode 2019A&A...624A..35K, arXiv 1902.07531)
  11. (en) « 11395-6524 B 1705AB (GT Mus) », sur stelledoppie.it, US Naval Observatory (consulté le )
  12. a et b (en) Ryo Sasaki, « The RS CVn-type Star GT Mus Shows Most Energetic X-Ray Flares Throughout the 2010s », The Astrophysical Journal, vol. 910, no 1,‎ , p. 25 (DOI 10.3847/1538-4357/abde38, Bibcode 2021ApJ...910...25S, arXiv 2103.16822)
  13. (en) W. H. van den Bos, « New southern double stars, ninth list », Bulletin of the Astronomical Institutes of the Netherlands, vol. 5,‎ , p. 125–134 (Bibcode 1929BAN.....5..125V)
  14. (en) W. Strohmeier, R. Knigge et H. Ott, « Bright Southern BV-Stars », Information Bulletin on Variable Stars, vol. 66, no 1,‎ , p. 1 (Bibcode 1964IBVS...66....1S)
  15. (en) E. J. Weiler et R. E. Stencel, « Southern RS CVn systems. Candidate list », The Astronomical Journal, vol. 84,‎ , p. 1372–1373 (DOI 10.1086/112553 Accès libre, Bibcode 1979AJ.....84.1372W)
  16. (en) Andrew Collier Cameron, Late-type Ca II emission-line stars in the Southern Hemisphere, Université de Canterbury, (DOI 10.26021/7260, Bibcode 1982PhDT.......163C, lire en ligne)
  17. (en) P. N. Kholopov et al., « The 69th Name-List of Variable Stars », Information Bulletin on Variable Stars, vol. 3323, no 1,‎ , p. 1 (Bibcode 1989IBVS.3323....1K)
  18. (en) A. C. Collier et al., « A coordinated radio and Half survey of southern RS CVn systems and related objects », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 200, no 4,‎ , p. 869–880 (DOI 10.1093/mnras/200.4.869 Accès libre, Bibcode 1982MNRAS.200..869C)
  19. (en) R. Giacconi et al., « The Uhuru catalog of X-ray sources », The Astrophysical Journal, vol. 178,‎ , p. 281–308 (DOI 10.1086/151790 Accès libre, Bibcode 1972ApJ...178..281G)
  20. (en) W. Forman et al., « The fourth Uhuru catalog of X-ray sources », The Astrophysical Journal Supplement Series, vol. 38,‎ , p. 357–412 (DOI 10.1086/190561 Accès libre, Bibcode 1978ApJS...38..357F)
  21. (en) M. Garcia et al., « Optical identification of H 0123+07.5 and 4U 1137-65 : hard X-ray emission from RS CVn systems », The Astrophysical Journal, vol. 240,‎ , L107–L110 (DOI 10.1086/183334 Accès libre, Bibcode 1980ApJ...240L.107G)

Liens externes

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