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Jean-Claude Brialy

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Jean-Claude Brialy
Description de cette image, également commentée ci-après
Jean-Claude Brialy en 1971.
Nom de naissance Jean-Claude Marcel Brialy
Naissance
Aumale (Algérie)
Nationalité Française
Décès (à 74 ans)
Monthyon (France)
Profession Acteur
Réalisateur
Scénariste
Films notables Le Beau Serge
Les Cousins
La mariée était en noir
Une femme est une femme
Le Genou de Claire
L'Effrontée
Les innocents
L'Année sainte
Julie pot de colle
Carambolages
La Chambre ardente

Jean-Claude Brialy, né le à Aumale en Algérie et mort le [1] à Monthyon (Seine-et-Marne), est un acteur, réalisateur, scénariste et écrivain français[2].

Issu de la Nouvelle Vague du cinéma français, il a joué dans plus de deux cents films au cours d'une carrière commencée en 1956 et a travaillé avec de grands réalisateurs tels que Louis Malle, Claude Chabrol, François Truffaut, Éric Rohmer, Jean-Luc Godard, Mauro Bolognini, Henri Verneuil, Costa-Gavras, Luis Buñuel, Ettore Scola, Claude Lelouch ou encore Philippe de Broca. Vedette (Le Beau Serge) ou second rôle, il a été nommé pour le César du meilleur acteur dans un second rôle avec Le Juge et l’Assassin en 1977 et l'a remporté avec Les Innocents en 1988.

Né à Aumale en Algérie, Jean-Claude Brialy est le fils aîné de Roger Jean Brialy, officier français (lieutenant au 65e d'artillerie) et de Suzanne Abraham. Il a un frère cadet, Jacques[3], né deux ans après lui, devenu réalisateur d'émissions de variétés à la télévision[4].

Il grandit, au hasard des affectations de son père, en Algérie à Blida et Bône, en France (d'abord à Marseille en 1943) et en Allemagne[5],[6].

La famille Brialy s’installe ensuite à Angers. Jean-Claude et son frère Jacques[7] vont à l’école au lycée David-d'Angers (où il connaît son « premier émoi de comédien » dit-il dans son autobiographie) et les vacances se déroulent chez leurs grands-parents à Chambellay ou bien à Issoire[8], dans le Puy-de-Dôme, chez ses grands-parents maternels. Il écrit en 2000 dans son autobiographie que c’est dans le village de Chambellay qu'il vit les plus beaux moments de son enfance marquée par un manque d'amour, élevé à la cravache par des parents qui entretiennent une rivalité avec son frère. Même devenu célèbre, Jean-Claude Brialy ne se réconciliera pas avec ses parents. Il jouera au théâtre le soir où on lui annonce que son père est mourant et ne le reverra pas vivant.

Une formation de comédien

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En 1946, Jean-Claude Brialy fait son entrée sur l'ordre de son père au Prytanée national militaire de La Flèche dans la Sarthe (dont il est renvoyé pour avoir organisé de la contestation et du chahut)[9], avant que sa famille s'installe à Saint-Étienne puis à Strasbourg, où il prépare et passe son baccalauréat et suit en parallèle des cours d’art dramatique, en cachette de son père qui le destine à une carrière militaire[10].

Il obtient le premier prix de comédie au conservatoire de Strasbourg et entre alors au centre d’art dramatique de l’Est, où il interprète différents rôles de théâtre. Pendant son service militaire à Baden-Baden, il est affecté au service cinématographique de l’armée en Allemagne, l’occasion pour lui de tourner en 1954 son premier court-métrage, Chiffonard, et Bon Aloi. À la fin de son service militaire, il part en à Paris, seul, car ses parents ne cautionnent pas ses velléités de saltimbanque[10].

Jean-Claude Brialy voue une admiration à plusieurs comédiens comme Louis Jouvet, Pierre Brasseur, Jules Berry, Jean Gabin, Michelle Morgan, Marie Bell, Arletty, Michel Simon, Jean Marais, Pierre Fresnay qui lui ont donné sa vocation du théâtre et du cinéma. Il les rencontrera tous sauf Louis Jouvet décédé en 1951.

Du cinéma à la télévision et le château de Monthyon

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Le château de Monthyon.
Le château de Monthyon.

En 1954, Jean-Claude Brialy débarque à Paris, vit de petits boulots, ses parents refusant de l'aider. Il fréquente alors la bande des Cahiers du cinéma et joue dans un court-métrage Le Coup du berger de Jacques Rivette. Après avoir été assistant-réalisateur stagiaire sur French Cancan de Jean Renoir en 1954, il va alors multiplier apparitions et rôles, dont Elena et les Hommes de Jean Renoir en 1956 (source d'une grande déception car la scène est coupée au montage alors qu'il voulait impressionner sa famille), Ascenseur pour l'échafaud de Louis Malle en 1957 et surtout Le Beau Serge et Les Cousins de Claude Chabrol, qui lui apportent la célébrité[10].

En 1959, il achète grâce à l'aide financière de Claude Chabrol et de François Truffaut le château de Monthyon, près de Meaux, que lui a fait connaître Marie-José Nat[11]. Il y abrite pendant cinq ans deux enfants, Jérôme et Raphaël, que leur mère lui confie avant de les reprendre sans raison[12]. Ce château, c'est la vie de Jean-Claude Brialy qui y a vécu quarante-huit ans, "à la campagne" comme il disait, lui qui n'aimait pas la campagne. Il l'avait choisi pour son emplacement, face à la mairie, l'église et l'école, de manière à faire comme son grand-père paternel : regarder l'horloge de l'église et entendre les cloches. En effet, son grand-père avait acheté en 1937 à l'Exposition Universelle une horloge qui ne fonctionna jamais. Sans cesse, son grand-père regardait l'horloge de l'église. Cette habitude ne le quitta jamais. Il y passe plusieurs mois de convalescence après une lourde opération chirurgicale à la suite d'une mauvaise chute dans Le Beau Serge. Le petit théâtre, comme l'appelait Jean-Claude, était réservé aux projections privées avec les amis. Au premier étage, on trouve les anciens sièges du théâtre des Bouffes-Parisiens.

Il retrouve Chabrol pour tourner Les Godelureaux[13]. Jean-Luc Godard lui propose ensuite le film Une femme est une femme qui rend célèbre sa partenaire Anna Karina[14].

Il devient un acteur prisé des réalisateurs de la Nouvelle Vague, jouant pour Éric Rohmer dans Le Genou de Claire et pour François Truffaut, dans La Mariée était en noir. Il est très proche de François Truffaut. Grand travailleur, il tourne plusieurs films par an, jouant également au théâtre. Il manquera aussi de travailler avec Claude Sautet au cinéma, mais finalement, avec le temps, aucun projet ne se concrétisera avec ce réalisateur.

Il a ensuite l'opportunité de tourner en vedette avec une actrice qu'il admire, Michèle Morgan, dans un film produit par la Gaumont, Le Puits aux trois vérités[15], ce qui lui vaut une lettre de reproche de Jean-Luc Godard furieux qu'il tourne pour la Gaumont. En 1962, il incarne le fils d'Arsène Lupin dans le film d’Édouard Molinaro : Arsène Lupin contre Arsène Lupin. Il interprétera pour la télévision en 1980 le gentleman cambrioleur de Maurice Leblanc dans la mini-série Arsène Lupin joue et perd. Son interprétation fidèle au personnage littéraire ne convainc pas le public habitué à la série avec Georges Descrières, à tel point qu'une seconde saison prévue, adaptée du roman Les dents du tigre ne vit jamais le jour[16].

Très vite, il est attiré par le cinéma italien, travaillant avec Roberto Rossellini, Pier Paolo Pasolini, Alberto Lattuada, Anna Magnani, Alberto Sordi, Ettore Scola, Marcello Mastroianni . On le voit dans Les Garçons, La Bande Casaroli, Vanina Vanini, La Mandragore, L'Amant paresseux, Nos maris, Une saison en enfer, Comment entrer dans la mafia . Il consacrera plus tard une émission sur Europe 1 à Luchino Visconti[17].

En 1963, il repère le talent de Louis de Funès et réussit à convaincre Marcel Bluwal de lui donner le rôle destiné initialement à Bernard Blier dans le film Carambolages[18].

Ami avec Françoise Sagan, il tourne l'année suivante dans l'adaptation de sa pièce Château en Suède [19]sous la direction de Roger Vadim.

Reconnu à la fois par le public et par ses pairs, Brialy est vite devenu l'ami de nombreux artistes : Edith Piaf, Marlène Dietrich, Jean Cocteau, Maria Callas, Pierre Brasseur, Jean Marais, Alain Delon, Romy Schneider, Jeanne Moreau.

Jean-Claude Brialy achète en 1966, un ancien bistrot de l'île Saint-Louis à Paris, qu'il fait transformer en restaurant, à l'enseigne de L'Orangerie. Ce lieu de vie nocturne verra défiler en toute discrétion un grand nombre d'artistes français et étrangers[20].

Jean-Claude Brialy en 1960 (Studio Harcourt).

En 1968, François Truffaut demande à Marcel Berbert et à Jean-Claude Brialy d'être les témoins de son mariage avec Claude Jade, mariage qui ne se fera pas.

Il passe à la réalisation en 1971, avec son premier film, Églantine, qu'il tourne à Chambellay, un village d'Anjou d'où sont natifs ses grands-parents puis, en 1973, Volets clos. Il tourne L'Oiseau rare en 1973, avec Anny Duperey et Barbara, au château de Lesches, en Seine-et-Marne, non loin de son château de Monthyon.

En 1974, il rencontre le metteur en scène Luis Buñuel qui l'engage pour son film Le Fantôme de la liberté.

Habitué à venir en aide aux artistes en difficultés, il apporte son soutien à Joséphine Baker notamment pour son dernier spectacle, ses cinquante de carrière à Bobino du 24 mars au 9 avril 1975.

En 1976, il joue dans Le Juge et l'Assassin de Bertrand Tavernier[21], et est nommé au César 1977 comme César du meilleur acteur dans un second rôle, mais c'est Claude Brasseur qui obtient la récompense pour Un éléphant ça trompe énormément et Le Grand Escogriffe.

La même année, il joue deux films importants de sa carrière, L'Année sainte (une comédie grand public) et Barocco d’André Téchiné. Il confirme qu'il est à l'aise dans le cinéma populaire et dans les films d'auteur.

En , il réalise pour la télévision, Les Malheurs de Sophie[22], tourné au château de Lorie à La Chapelle-sur-Oudon, près de Segré.

C'est chez lui, à Monthyon, que Romy Schneider (son amie depuis 1958) se ressourcera après la mort accidentelle de son fils en 1981 et que Jacques Chazot, atteint d'un cancer de la gorge, passera les derniers mois de sa vie, avant d'être enterré en 1993 dans le cimetière de la commune[20].

En 1983, il surprend en jouant un rôle de méchant dans un film fantastique français, Le Démon dans l’île de Francis Leroi, où il tient le second rôle après Anny Duperey, mais le film passe inaperçu. Dans la foulée, il obtient un rôle important (juste après le premier rôle féminin) dans Cap Canaille [23]de Juliet Berto et Jean-Henri Roger.

En 1985, Jean-Claude Brialy tient le premier rôle masculin dans L’Effrontée de Claude Miller avec Charlotte Gainsbourg et Bernadette Lafont, film qui se révèle un grand succès. L'année suivante, ce sont les retrouvailles avec Claude Chabrol dans le film Inspecteur Lavardin. C'est leur dernière collaboration. Chabrol confiera à Dominique Besnehard qu'il ne veut plus l'employer car il se disperse trop[24].

Il obtient une reconnaissance tardive de la profession aux César 1988 comme César du meilleur acteur dans un second rôle pour Les Innocents.

De 1991 à 1994, il est la vedette d'une série policière sur Antenne 2, Ferbac, comportant six épisodes de 90 minutes, dans laquelle il interprète un lieutenant-colonel de gendarmerie.

De mars à juin 1998, il remplace son ami Jacques Martin[25], victime d'un accident vasculaire cérébral, pour la présentation de son émission Dimanche Martin.

Habitué aux seconds rôles, il est en tête d'affiche en 1957 de Le Beau Serge, en 1962 La Chambre ardente, en 1963 de Carambolages, en 1976 de L'Année sainte (avec Jean Gabin ) et de Julie pot de colle l'année suivante mais sans avoir jamais pu s'imposer au premier plan comme Alain Delon ou Jean-Paul Belmondo. Il tourne jusqu'à dix films par an au cinéma dans les années soixante.

Dans J'ai oublié de vous dire..., Jean-Claude Brialy déclare que les quatre films dont il est le plus fier sont Le Beau Serge, Le Genou de Claire, L’Effrontée et Les Innocents [26]

Le théâtre et l’écriture

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Sa première pièce date de 1958 (Les portes claquent de Michel Fermaud, mise en scène Christian-Gérard), et sa première mise en scène de 1979 (La Fugue de Francis Lacombrade et Bernard Broca). En 1984, admirateur de Sacha Guitry, il joue et met en scène Désiré.

Son plus grand succès au théâtre est La Puce à l'oreille de Georges Feydeau, mis en scène par Jacques Charon. Le théâtre lui permet de tenir le rôle de vedette principale qu'il n'a jamais pu obtenir au cinéma.

Jean-Claude Brialy au festival de Cannes 1992.

Directeur du théâtre Hébertot (1977) puis du théâtre des Bouffes-Parisiens (de 1986 à sa mort, la direction étant alors reprise par son compagnon Bruno Finck[10],[27]), Jean-Claude Brialy est longtemps directeur artistique du festival d’Anjou (1985-2001) ainsi que le créateur et directeur artistique du festival de Ramatuelle à partir de 1985.

Le 13 octobre 1986, il présente dans son théâtre des Bouffes-Parisiens une pièce qu'il a imposée, et dont aucun théâtre ne voulait, Le Nègre de Didier Van Cauwelaert, mise en scène par Pierre Boutron. Le tout Paris lui fait un accueil glacial, sa partenaire Françoise Dorner est la première à s'en rendre compte. La pièce est un échec, et le comédien se sent jalousé et trahi pour avoir voulu à la fois diriger un théâtre et imposer sa pièce[10].

En 2000 et 2004, il écrit deux livres autobiographiques qui rencontrent un réel succès de librairie : Le Ruisseau des singes (éd. Robert Laffont), où il évoque plus particulièrement les bons moments de son enfance passés à Chambellay près d’Angers (« Mon paradis, c’est l’Anjou ») et J’ai oublié de vous dire (XO éditions). En 2006, à la suite de son voyage dans son pays natal, il publie Mon Algérie (Timée éditions). Il écrit aussi des anthologies : Les Pensées les plus drôles des acteurs et Les Répliques les plus drôles du théâtre de boulevard (Le Cherche-Midi).

Personnalité du « tout-Paris », il intervient parallèlement dans de nombreuses émissions de radio et de télévision, comme Les Grosses Têtes de Philippe Bouvard sur RTL. Il participe régulièrement à l’émission.

On retrouve aussi régulièrement Jean-Claude Brialy à l'émission télévisée de variétés Numéro Un, de Maritie et Gilbert Carpentier, entre 1975 et 1982, où, souvent, il accompagne les artistes avec humour.

Lors de quinze saisons passées à la radio Europe 1, entre 1983 et 1998, il anime l'émission Jean-Claude Brialy reçoit où il interviewe beaucoup des plus grands artistes de la scène française.

Sa proximité avec les artistes l'amène à assister à la plupart des enterrements de célébrités, à tel point que son ami Thierry Le Luron l'avait surnommé « la Mère Lachaise » (en référence au célèbre cimetière parisien et à son homosexualité)[10]. Jean-Claude Brialy n’avait pas apprécié ce sobriquet en forme d’outing, dans la mesure où Thierry Le Luron cachait soigneusement sa propre homosexualité[28].

Il devient ainsi rapidement, à partir des années 1970 le confident des grandes stars, comme Arletty, ou Jean Gabin, et il acquiert un savoir encyclopédique sur le show business. Toutefois, il publie entre 2000 et 2007 une grande partie de ses connaissances et anecdotes, avec des récits largement autobiographiques (dont Le Ruisseau des singes, en 2000 et J'ai oublié de vous dire... en 2004 ).

Il racontera aussi, en parallèle, ses anecdotes et confidences sur le show business, en de nombreuses émissions de télévision, ou de radio, où il était un « bon client », notamment dans les talk-show de Thierry Ardisson et Marc-Olivier Fogiel. Il était aussi consulté régulièrement pour des documentaires sur diverses personnalités.

C'est malade, fatigué et ayant des trous de mémoire qu'il joue la pièce Poste restante, de Noël Coward que met en scène Daniel Roussel au théâtre du Palais-Royal. Il décide que ce sera sa dernière pièce et qu'il ne remontera plus sur scène. Ses partenaires Line Renaud, Annie Sinigalia ignorent sa maladie mais se rendent compte de sa fatigue et qu'il n'arrive pas à retenir le texte. Dès qu'il sort de scène, il est obligé de s'asseoir[10].

Jean-Claude Brialy en 1992 à Deauville (Normandie).

Projets non aboutis

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En 1954, Jean-Claude Brialy devait jouer un film de Jean Becker relatant les mésaventures d'un marchand d'armes joué par Orson Welles. Brialy devait jouer le copain du héros incarné par Alain Delon. Le projet fut abandonné pour des raisons inconnues.

La mort de Max Ophüls le 25 mars 1957 mit un terme au tournage du film Lola Montès dans lequel allait jouer Jean-Claude Brialy[29].

Avec Didier Decoin, Brialy voulait adapter La Nuit de Varennes avec Philippe Noiret et Romy Schneider, mais eu le tort d'en parler à Daniel Toscan du Plantier qui lui vola l'idée pour la confier à Ettore Scola sans le prévenir.

Brialy voulait tourner une adaptation à l'écran de La Dame aux camélias avec en vedette Isabelle Adjani, sur un scénario de Jean Aurenche et Vladimir Pozner commandé par Jean Drucker, alors président de la Société française de production (SFP). Adjani refusa le rôle et le film se fit en 1981 sans Brialy, réalisé par Mauro Bolognini avec Isabelle Huppert. Le comédien a évoqué ces deux projets avortés dans son livre J'ai oublié de vous dire ...[30].

Alexandre Astruc avait décidé de faire une suite à Arsène Lupin joue et perd : Arsène Lupin joue et perd, Les dents du tigre adapté du roman de Maurice Leblanc. Mais l'insuccès de Brialy en Lupin succédant à Descrières auprès des téléspectateurs provoqua l'annulation du projet[16].

Fin de vie et mort

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Tombe de Jean-Claude Brialy au cimetière de Montmartre (15e division) à Paris. A gauche, celle de Marie Duplessis, la Dame aux camélias.

Jean-Claude Brialy tourne son dernier téléfilm en 2006, Monsieur Max de Gabriel Aghion. On le voit aux obsèques de Gérard Oury, en , avec lequel il avait tourné Lévy et Goliath, aux funérailles de Philippe Noiret le et à celles de Jean-Pierre Cassel en . Quelques jours avant sa mort, Jean-Claude Brialy est présent à Cannes pour les soixante ans du festival et à l'émission de Philippe Bouvard, Les Grosses Têtes, dont il était « sociétaire ».

Entre 2006 et 2007, il soutient la candidature à la présidence de la République de Nicolas Sarkozy, et assiste à plusieurs de ses meetings.

Celui-ci est élu président, quelques jours avant la mort de Brialy à Monthyon, le (des suites d’un cancer du foie, n’ayant averti personne — pas même ses amis proches — de sa maladie) à qui il rend alors hommage par un communiqué, puis en assistant à ses obsèques. Celles-ci sont célébrées en l’église Saint-Louis-en-l'Île, le . La messe des funérailles est concélébrée par l’évêque Jean-Michel Di Falco et l’abbé Gérard Pelletier, en présence de nombreuses autres personnalités et célébrités. La maladie dont serait mort Jean-Claude Brialy est connue en détail et confidences par Line Renaud, et Monseigneur Jacques Gaillot.

Jean-Claude Brialy est enterré au cimetière de Montmartre (division 15), l'acteur cabot ayant choisi volontairement une tombe juste à côté de la célèbre « Dame aux Camélias » pour bénéficier de la visite de ses admirateurs. Un édicule abrite une muse couronnée de pavots[31].

Vie privée

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Jean-Claude Brialy a recueilli pendant cinq ans au château de Monthyon deux enfants, Jérôme et Raphaël, que leur mère lui avait confiés. Il les a considérés comme ses enfants. Un jour, la mère est venue les reprendre et il ne les a jamais revus, ce qui lui a causé un grand chagrin[12].

Bisexuel, il affirme en 1999, sur le plateau de l'émission de télévision de France 2 Comme au cinéma, avoir été brièvement dans sa jeunesse l'amant d'Ava Gardner[32].

Son homosexualité, longtemps cachée à son père et au monde du cinéma, est revendiquée depuis la parution en 2000 de son autobiographie Le Ruisseau des singes[33]. Il déclare au magazine Têtu en qu'au début de sa carrière, « c’était tabou. […] D’ailleurs, je ne vois pas l’intérêt de dire : « Il est jaune », « Il est juif » ou « Bonjour, je suis homosexuel ». Moi, j’étais un « homosexuel naturel », je ne me suis jamais posé de questions, j’ai eu des aventures avec des femmes, des hommes… J'ai choisi les hommes par égoïsme, parce que je trouvais que les rapports étaient plus simples, mais aussi par goût ». En 1994, Jean-Claude Brialy participe au doublage du film Priscilla, folle du désert, qui traite du thème de l'homosexualité : il prête sa voix à l'acteur Terence Stamp.

Opposé au mariage entre personnes de même sexe, mais favorable à un PACS amélioré (« Les gens qui se pacsent devraient avoir les mêmes droits que les gens mariés »), Jean-Claude Brialy s'est engagé dans la lutte contre le sida, notamment aux côtés de Line Renaud : « Beaucoup croient que le sida se guérit, mais pas du tout, la mort est toujours au bout. Les homosexuels doivent montrer l'exemple et encourager les gens à se protéger, à se défendre. Je suis un porte-parole de Sidaction. Je vais aux réunions et il y a quelques années, j'ai fait avec Sophia Loren une vente aux enchères qui a rapporté dix millions de francs. On a pu acheter une maison à Genève pour les gens en fin de vie. »

En 2006, une année avant le décès du comédien, la ville de Meaux reçoit en legs sa propriété de Monthyon et sa collection d'objets[34] sous la condition « d'en faire un lieu dédié à la création et aux artistes » et de l'ouvrir au public[35]. En 2013, Bruno Finck (1962-2021), son dernier compagnon et son héritier, vend aux enchères le contenu de l'appartement de l'île Saint-Louis qu'il partageait avec le comédien[36]. Son compagnon vivait toujours au château de Monthyon en tant qu'usufruitier du domaine avant qu'il ne meure en 2021 d'une maladie génétique, la chorée de Huntington[37].

Postérité

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Les jardins du château sont régulièrement ouverts au public, de même que le « théâtre des Petits Bouffes » baptisé ainsi en souvenir du théâtre des Bouffes-Parisiens dont le comédien a été le directeur pendant plus de vingt ans : l'ancienne dépendance aménagée en salle de cinéma a été restaurée par la mairie de Meaux et la programmation du théâtre alterne concerts, représentations théâtrales et séances de cinéma.

Le château ouvre pour la première fois ses portes au public lors des Journées européennes du patrimoine les 17 et [38], l'animation et la curation de l'événement ayant été confiées à la journaliste Florence Belkacem qui avait côtoyé Jean-Claude Brialy à Europe 1. Ont été notamment présentés[39] le piano de la chanteuse Barbara – un Érard quart de queue, model 0 –, cadeau de l'artiste à la chanteuse qui habitait à Précy-sur-Marne ainsi qu'un bronze réalisé par Jean Cocteau en 1946 représentant Jean Marais tel qu'il était grimé dans le film La Belle et la Bête. Au premier étage, on peut y voir les chambres occupées par Romy Schneider et les sœurs Dorléac (Catherine Deneuve et Françoise Dorléac). À l'automne 2023, le château a été ouvert au public. Il peut désormais se visiter aux beaux jours, sur réservation, en visite guidée[40].

En tant qu'acteur

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En tant que metteur en scène

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Filmographie

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Acteur de cinéma

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Courts métrages

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Longs métrages

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Années 1950
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Années 1960
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Années 1970
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Années 1980
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Années 1990
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Années 2000
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Acteur de télévision

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Jean-Claude Brialy dans Le Président Ferrare.

Réalisateur de cinéma

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Réalisateur de télévision

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Discographie

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Publications

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  • Histoires de stars, Paris, Editions n° 1, (ISBN 2-86391-502-9)
  • Histoires de stars : n° 2, Paris, Editions n° 1, (ISBN 2-86391-547-9).
  • Le Ruisseau des singes, Paris, R. Laffont, , 429 p. (ISBN 2-221-08484-5)
  • Les Répliques les plus drôles du cinéma, Paris, Cherche Midi, coll. « Le Sens de l'humour », , 211 p. (ISBN 2-7491-0075-5)
  • J'ai oublié de vous dire..., Paris, XO, , 396 p. (ISBN 2-84563-158-8)
  • Mon Algérie, Boulogne-Billancourt, Timée-Editions, (ISBN 2-915586-67-5)
  • Les Pensées les plus drôles des acteurs, Paris, Cherche Midi, coll. « Le Sens de l'humour », , 181 p. (ISBN 2-7491-0512-9)

Distinctions

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Décorations

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Jean-Claude Brialy est le sujet d'un documentaire de 1h30, diffusé par France-Télévisions en 2013. Produit par Fabienne Servan-Schreiber et Laurence Miller pour Ciné-Tévé, Jean-Claude Brialy ou le goût des autres, écrit et réalisé par Henry-Jean Servat, avec Bruno Bouvier réunit, dans son château de Monthyon, Claudia Cardinale, Robert Hossein, Nana Mouskouri, Françoise Arnoul, Mylène Demongeot, Pierre Arditi, Marina Vlady, Anna Karina et 10 autres de ses amis.

Le 28 septembre 2014, Laurent Delahousse lui sur France 2 consacre son émission Un jour, un destin sous le titre Jean-Claude Brialy, l'homme qui voulait tant être aimé[24]. Dans cette émission, Dominique Besnehard dit que Jean-Claude se dispersait trop, au détriment de sa carrière. Le comédien lui a demandé d'intervenir auprès de Claude Chabrol afin d'avoir le premier rôle dans son nouveau film, lequel refuse en disant que l'on voit Brialy partout, presque faisant l'animation des supermarchés, et qu'il faut être rare pour être vedette au cinéma.

À l'occasion du 10e anniversaire de la mort de Jean-Claude Brialy (2017), Bruno son compagnon crée l'association des amis de Jean-Claude Brialy en réunissant ainsi tous les amis du comédien au sein d'un comité d'honneur prestigieux. Brigitte Fossey est, après la disparition de Jeanne Moreau, la présidente de ce comité d'honneur. Cette même année le documentaire de 26 minutes Une maison, un artiste réalisé par François Chayé et produit par A Prime Group, avec la participation de France télévision, est diffusé sur France 5.

Récompenses

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Bibliographie

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  • Jacques Brachet (préf. Jacqueline Franjou), Jean-Claude Brialy : Ramatuelle, une histoire d'amour, Paris, D. Carpentier, coll. « Témoignages », , 96 p. (ISBN 978-2-84167-578-4)
  • Pascale Bordet et Guillaume Evin, L'Ami Brialy : le prince des dandys, Paris, Hugo Image, (ISBN 978-2-7556-6229-0)

Liens externes

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Notes et références

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  1. « Jean-Claude BRIALY », sur notreCinema.com (consulté le )
  2. [vidéo] « Jean-Claude Brialy », AlloCine (consulté le )
  3. « Jacques Brialy | Réalisation, Réalisation de seconde équipe ou Assistant/e à la réalisation, Montage », sur IMDb (consulté le )
  4. Jean-Claude Brialy, Mon Algérie, Timée Editions, 2006 , p. 12.
  5. Le Cinéma: grand dictionnaire illustré, Atlas, 1985, volume 1, p. 79.
  6. Who's who, J. Lafitte, , p. 357.
  7. Jean Claude Brialy, Le ruisseau des singes. Autobiographie, Robert Laffont, , 346 p. (ISBN 978-2-221-11835-1, lire en ligne), p. 17
  8. Les fortes attaches familiales de Jean-Claude Brialy à Issoire
  9. Bertrand Coudreau, Jean-Christophe Couderc, Pascale Pineau-Deciron, Les grands destins du Prytanée, Lulu, 2016, p.229.
  10. a b c d e f et g Laurent Delahousse, Un jour, un destin : « Jean-Claude Brialy, l'homme qui voulait tant être aimé », documentaire diffusé sur France 2, le .
  11. « Le havre de paix de Jean-Claude Brialy à Monthyon », sur leparisien.fr, (consulté le ).
  12. a et b Le Ruisseau des singes, , 155-159 p. (ISBN 978-2-266-11126-3, lire en ligne)
  13. [vidéo] « Les Godelureaux », AlloCine (consulté le )
  14. « Une Femme est une femme », sur Le Grand Action (consulté le )
  15. « Le Puits aux trois vérités de François Villiers (1961) - Unifrance », sur www.unifrance.org (consulté le )
  16. a et b André-François Ruaud, Arsène Lupin, DLM Editions, coll. « Collection Héros », (ISBN 978-2-87795-078-7)
  17. « Jean-Claude Brialy raconte Luchino Visconti », sur Destins Extraordinaires- Audiomeans (consulté le )
  18. « Carambolages (Marcel Bluwal, 1963) - La Cinémathèque française », sur www.cinematheque.fr (consulté le )
  19. « Château en Suède de Roger Vadim (1963) - Unifrance », sur www.unifrance.org (consulté le )
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  21. SensCritique, « Top des meilleurs films avec Jean-Claude Brialy », sur SensCritique (consulté le )
  22. Les malheurs de Sophie, France 2 (FR2), Franco American Films, (lire en ligne)
  23. « Cap Canaille (Juliet Berto, Jean-Henri Roger, 1983) - La Cinémathèque française », sur www.cinematheque.fr (consulté le )
  24. a et b [vidéo] « Jean-Claude Brialy, l'homme qui voulait tant être aimé », dans Un jour, un destin, (consulté le )
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  26. J'ai oublié de vous dire..., (ISBN 978-2-84563-158-8, lire en ligne)
  27. Jean-Claude Brialy : son grand amour Bruno Finck est mort à 59 ans
  28. https://www.parismatch.com/Culture/Livres/Thierry-Le-Luron-La-verite-sur-sa-mort-228552
  29. Jean-Claude Brialy, Le ruisseau des singes, Paris, Robert Laffont, (ISBN 9782221084847), p. 98-99
  30. Jean-Claude Brialy, J'ai oublié de vous dire..., Paris, XO Editions-Pocket, (ISBN 9782266152983), p. 244-251
  31. « Tombe de Jean-Claude Brialy. Cimetière Montmartre », sur montmartre-secret.com, .
  32. [vidéo] « Jean-Claude Brialy raconte son idylle avec Ava Gardner » (consulté le )
  33. Alain Brassart, L'Homosexualité dans le cinéma français, Nouveau monde, , p. 113
  34. « La collection de Jean-Claude Brialy estimée à 305 000 € », sur Le Parisien,
  35. Par Alexandre Arlot Le 23 octobre 2020 à 12h35, « Seine-et-Marne : refuge des stars, le château de Jean-Claude Brialy s’ouvrira au public », sur leparisien.fr, (consulté le )
  36. Pauline Simons, « Les souvenirs de Jean-Claude Brialy aux enchères », sur Le Figaro,
  37. https://www.aufeminin.com/news-people/jean-claude-brialy-son-compagnon-bruno-finck-est-decede-s4033839.html
  38. « Près de Meaux, la maison de Jean-Claude Brialy ouvre pour la première fois ses portes au public », sur actu.fr, (consulté le )
  39. Par Sylvain Merle Le 17 septembre 2022 à 08h10, « Journées du patrimoine : le cœur de Jean-Claude Brialy bat toujours à Monthyon », sur leparisien.fr, (consulté le )
  40. https://www.lavie.fr/ma-vie/culture/a-monthyon-dans-lintimite-de-jean-claude-brialy-89179.php
  41. Dans son premier livre, il dit être sur le plateau sans préciser si c'est en tant que technicien ou que figurant.
  42. Jean-Claude Brialy sur le site Ciné-ressources (Cinémathèque française)
  43. Diffusé également en 5 épisodes de 52 min à la télévision
  44. Film de télévision sorti également en salles
  45. Sorti également en salles.
  46. Claude Dejacques, « Jean-Claude Brialy - Horizontalement », encyclopédie numérique, BIEM,‎ (lire en ligne)
  47. Bernard Thauvron, « Jean-Claude Brialy - Horizontalement », filmographie numérique, YOUTUBE,‎ (lire en ligne)
  48. Ordonnance Souveraine no 15.565 du 18 novembre 2002 portant promotions ou nominations dans l'Ordre du Mérite Culturel