John Hamilton Mortimer
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John Hamilton Mortimer, né le à Eastbourne et mort le à Londres, est un peintre et graveur britannique d'origine anglaise.
Une partie de son œuvre est marquée par une thématique morbide et tératologique qui préfigure le romantisme noir[1].
Biographie
[modifier | modifier le code]Originaire d'Eastbourne, le père de John, Thomas Mortimer, était douanier, négociant en farine et propriétaire de plusieurs moulins locaux[2]. Dès 1757, alors qu'il était encore jeune, John Mortimer arrive à Londres et fréquente l'« académie »[3] fondée en 1758 par le duc de Richmond, qui consiste en une vaste galerie située à Whitehall, ouverte aux étudiants en art[4]. Tout en suivant des cours auprès de Thomas Hudson[5], il se lie d'amitié avec Joseph Wright, un élève condisciple – une amitié qui perdura toute sa vie. On sait également que Mortimer eut des relations professionnelles avec l'artiste Samuel Ireland, qui réalisa des gravures pour lui. À l'Académie de St Martin's Lane, il fréquente notamment Thomas Jones et William Pars. Mortimer étudie également auprès de Giovanni Battista Cipriani, Robert Edge Pine et Joshua Reynolds.
En 1759, Mortimer remporte un premier prix pour une étude d'après le Bacchus de Michel-Ange et un second prix pour un dessin d'après nature. Il commence à exposer régulièrement ses œuvres au début des années 1760, devenant un membre actif de la Society of Artists, qui lui décerne des prix pour des peintures d'histoire inspirées de l'Angleterre en 1763 et 1764. Le deuxième de ces prix est pour un tableau intitulé Paul Preaching to the Britons (aujourd'hui à la Guildhall de High Wycombe). En 1767, un conflit éclate entre Francis Cotes, responsable du comité d'accrochage à la Société et The Howdalian Society, un club d'amis regroupant des artistes comme Mortimer — qui en fit une représentation humoristique —, Thomas Jones, et James Gandon, et qui se réunissait dans le coffee house Munday's, sur Maiden Lane. Les choses se tassèrent et Mortimer devint même président de la Société en 1774[6].
Mortimer réalise les personnages figurant dans plusieurs tableaux de Thomas Jones, notamment A Land Storm, with the Story of Dido and Aeneas (1769), The Death of Orpheus (vers 1770) et deux toiles inspirées d'Allegro and Penseroso de Milton, commandées par Benjamin Bates (1774).
Dans les années 1770, Mortimer adopte une représentation plus affirmée et massives du corps masculin, après une période consacrée à des images plus raffinées. Son tableau Sir Arthegal, the Knight of Justice, with Talus, the Iron Man, est souvent cité comme exemple de ce style. Il s'inspire à la fois de l'œuvre et de la légende du peintre napolitain du XVIIe siècle, Salvator Rosa, qui, selon le mythe, aurait été élevé par des bandits. Mortimer exposa pour la première fois une toile représentant un bandit en 1772, puis une eau-forte d'après l'autoportrait de Rosa.
De 1770 à 1773, il fut chargé de la décoration du salon de Brocket Hall, dans le Hertfordshire, où il fut assisté par Thomas Jones, Francis Wheatley, James Durno et le maire de Burnaby. À cette époque, il logeait à Covent Garden.
En 1775, il épouse Jane Hurrel, ce qui eut un impact sur sa production artistique.
Du fait de son appartenance à la Society of Artists, Mortimer n'exposa à la Royal Academy qu'en 1778, année où il présenta cinq œuvres, dont Sir Arthegel et trois scènes de bandits italiens. Le 2 novembre de la même année, il fut élu membre associé de la Royal Academy[7].
Il mourut de causes inconnues le 4 février 1779.
Parmi ses apprentis et disciples à la fin de sa vie, on compte Joseph Haynes, qui traduisit une grande partie de son œuvre peinte en gravures sous la direction de sa veuve, Jane Mortiner[8].
Œuvre
[modifier | modifier le code]Son contemporain et critique Horace Walpole, rarement tendre dans ses jugements et « anecdotes » sur les artistes de son temps, affirmait que Mortimer n'était rien d'autre qu'un « copieur » (an imitator) de Salvator Rosa dans ses représentations de scènes de guerre. Artiste redécouvert dans les années 1960-1980, il a été réévalué par Basil Taylor, Benedict Nicolson et John Sunderland. Il est à noter qu'il était surnommé The Madman (le « fou »), peut-être en rapport avec sa vie nocturne à Londres qu'il aimait passer avec ses très nombreux amis, ou bien le tournant apocalyptique que prirent ses dernières gravures[9].
Le corpus présente autant de peintures que de gravures, dont un bon nombre d'originales. Parmi les œuvres peintes, on compte des peintures d'histoire, des portraits de groupe et des conversation pieces, ainsi que des portraits satiriques dans la lignée d'un Hogarth. Ses paysages et ses scènes de genre sont plus rares. Il reste l'un des premiers peintres anglais à s'inspirer du patrimoine littéraire de son pays en puisant dans les œuvres d'Edmund Spenser et Shakespeare.
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Portrait of a Man and a Boy Looking at Prints, huile sur toile, 1765-1770, YCBA.
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Jack Broughton, the Boxer , huile sur toile, v. 1767, YCBA.
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Richard II, eau-forte, série Twelve Characters from Shakespeare[11], 1775.
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Enraged Monster, eau-forte, 1778, série de 15 estampes dédiées à Reynolds.
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Death on a Pale Horse, eau-forte, tirage de 1784 par Joseph Haynes et Jane Mortimer.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « John Hamilton Mortimer » (voir la liste des auteurs).
- ↑ La Mort sur un cheval pâle — Les Essentiels, site de la BnF.
- ↑ Sunderland, 1988, p. 1.
- ↑ (en) « The Duke of Richmond's Gallery in Whitehall », sur Gale Academic OnFile.
- ↑ (en) John Hamilton Mortimer with a student, notice œuvre de la NPG, Londres.
- ↑ « John Hamilton Mortimer », notice du Dictionnaire de la peinture, Paris, Larousse.
- ↑ (en) « Incorporated Society of Artists of Great Britain, papers », site de la Royal Academy.
- ↑ (en) Algernon Graves, The Royal Academy: A Complete Dictionary of Contributors from its Foundations in 1769 to 1904, vol. 5, Londres, Henry Graves, 1905, p. 306.
- ↑ (en) « Thomas Palser, biographie », notice du catalogue du British Museum.
- (en) Vic Gatrell, City of laughter : sex and satire in eighteenth-century London, Londres, Atlantic, 2006, p. 275, 395.
- ↑ Tableau connu sous le nom de The Oyster Party, il figure les membres d'un club, The Howdalian Society : le personnage central dépoitraillé serait Laurence Sterne.
- ↑ Cf. la série des 12 gravures conservées — (en) Notice du catalogue de l'Art Institute of Chicago.
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (en) John Sunderland, « John Hamilton Mortimer: His Life and Works », in: The Fifty-Second Volume of the Walpole Society, Londres, 1986.
- (en) B. Taylor (dir.), John Hamilton Mortimer, ARA. 1740 - 1779. Paintings, Drawings and Prints, catalogue d'exposition, Londres, The Paul Mellon Foundation for British Art, 1968.
Liens externes
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- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :