Aller au contenu

Maurice Garrel

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Maurice Garrel
Nom de naissance Maurice Pierre Garrel
Naissance
Saint-Gervais (Isère)
Nationalité Drapeau de la France Française
Décès (à 88 ans)
13e arrondissement de Paris (France)
Profession Acteur
Metteur en scène

Maurice Garrel, né le à Saint-Gervais (Isère) et mort le à Paris, est un acteur et metteur en scène français.

Maurice Garrel naît à Saint-Gervais, dans l'Isère, le . Il grandit au Maroc, à El Jadida, où sa mère, institutrice, s'est installée après le départ de son père, ancien combattant de Verdun. Élève brillant, il obtient son baccalauréat à 19 ans et apprend à parler l'arabe, langue qu'il conservera toute sa vie[1],[2].

Mobilisé pendant la Seconde Guerre mondiale, il participe à la campagne d'Italie au sein de la 1re armée française du général de Lattre de Tassigny, sous les ordres du sous-lieutenant Michel Jobert. Son courage lui vaut une médaille militaire à la fin de l'année 1944[2].

À la Libération, il s'installe à Paris et se présente, encore vêtu de sa capote militaire, au cours de théâtre de Charles Dullin, alors maître de référence du jeu dramatique. Dullin décèle rapidement son talent et l'encourage à commencer sa carrière sans trop s'attarder dans les écoles[2],[3]. Il complète sa formation auprès de Tania Balachova[2],[4].

Carrière théâtrale

[modifier | modifier le code]

Maurice Garrel débute sur scène à la fin des années 1940. Il interprète notamment des textes de Claudel, Adamov, Buzzati, Brecht ou Synge, et collabore avec des metteurs en scène majeurs tels que Jean-Marie Serreau, Roger Blin, Georges Vitaly, Claude Régy, Antoine Vitez ou Jean Vilar[2].

Il enseigne également à l'école de Tania Balachova, où il compte parmi ses élèves Michel Lonsdale et Jean-Louis Trintignant[2].

De 1983 à 1985, il est pensionnaire de la Comédie-Française[4]. Dans les années 1980, il joue notamment sous la direction de Jacques Lassalle et de Klaus Michael Grüber[2].

En 1986, il crée au Théâtre national de Strasbourg le rôle du général de Gaulle dans De Gaulle, pièce écrite et mise en scène par Dominique Féret. Il reprendra ce rôle en 2011 au Théâtre de l'Odéon puis au Théâtre de la Madeleine[2].

Carrière au cinéma et à la télévision

[modifier | modifier le code]

Maurice Garrel aborde le cinéma au début des années 1960, où il devient un second rôle essentiel du cinéma français. Il tourne avec François Truffaut (La Peau douce), Jacques Rivette (Merry-Go-Round), Costa-Gavras (Un homme de trop), Claude Lelouch (Édith et Marcel), Claude Chabrol (Nada), Claude Sautet (Un cœur en hiver) ou encore Alain Cavalier, Jean-Daniel Pollet, Jacques Rozier et Michel Deville[2].

En 1991, son interprétation dans La Discrète de Christian Vincent lui vaut une nomination au César du meilleur second rôle masculin, distinction qu'il obtient à nouveau en 2005 pour Rois et Reine d'Arnaud Desplechin[2].

Il participe également à de nombreuses dramatiques télévisées sous la direction de Claude Barma, Marcel Bluwal, Jean Prat, Claude Goretta ou Stellio Lorenzi, et prête sa voix à des pièces radiophoniques pour France Culture[2].

Collaboration avec Philippe Garrel

[modifier | modifier le code]

Maurice Garrel entretient une collaboration artistique durable avec son fils, le cinéaste Philippe Garrel, qu'il accompagne dès son premier film en 1967. Il joue régulièrement dans ses œuvres, souvent dans des rôles empreints d'autobiographie, comme dans Le Cœur fantôme (1996), Sauvage innocence (2001) ou Les Amants réguliers (2005). Dans ce dernier film, la scène où il incarne un vieil homme mélancolique aux côtés de Louis Garrel — son petit-fils — est devenue emblématique : une rencontre entre trois générations d'artistes[5].

Le film La Jalousie (2013), réalisé par Philippe Garrel, est dédié à sa mémoire[3].

Dernières années et décès

[modifier | modifier le code]

En avril 2011, peu avant sa mort, Maurice Garrel remonte sur scène pour reprendre le rôle du général de Gaulle. Il meurt le dans le 13e arrondissement de Paris[1],[6],[5]. Homme de gauche, il admirait profondément la figure du Général de Gaulle, qu'il considérait comme un artiste[2].

Maurice Garrel avait fait don de son corps à la science. En 2019, sa famille s'est portée partie civile dans le cadre du scandale du centre du don des corps de l'université Paris-Descartes[7].

Vie privée

[modifier | modifier le code]

Maurice Garrel est le père de cinq enfants, dont le réalisateur Philippe Garrel et le producteur Thierry Garrel. Il est le grand-père de l'acteur Louis Garrel et de l'actrice Esther Garrel[5].

Filmographie

[modifier | modifier le code]

Longs métrages

[modifier | modifier le code]

Courts métrages

[modifier | modifier le code]

Télévision

[modifier | modifier le code]

Metteur en scène

[modifier | modifier le code]

Publication

[modifier | modifier le code]

En 2012, le critique de cinéma Jacques Morice publie Maurice Garrel, le veilleur aux éditions Stock, après avoir longuement côtoyé le comédien.

Distinctions

[modifier | modifier le code]

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. a et b Didier Péron, « Maurice Garrel, fin d’un premier de cordée », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  2. a b c d e f g h i j k et l Dominique Féret, « Maurice Garrel (1/5) », sur France Culture, (consulté le ).
  3. a et b Laura Tuillier, « Philippe et Louis Garrel, l'entretien fils et papa », sur TroisCouleurs, (consulté le ).
  4. a et b « Disparition du grand comédien Maurice Garrel », sur L'Humanité, (consulté le ).
  5. a b et c Jacques Mandelbaum et Brigitte Salino, « Maurice Garrel, comédien », sur Le Monde, (consulté le ).
  6. https://deces.matchid.io/id/43yPY8yXF8_t
  7. Anne Jouan, « Scandale du don de corps: la famille de l'acteur Maurice Garrel porte plainte », sur L'Express, (consulté le ).

Liens externes

[modifier | modifier le code]