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Moto Guzzi

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Moto Guzzi
logo de Moto Guzzi
illustration de Moto Guzzi

Création 1921
Fondateurs Carlo Guzzi (d), Emanuele Vittorio Parodi (d), Giorgio Parodi et Giovanni Ravelli (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Slogan Moto Guzzi: Una Storia ItalianaVoir et modifier les données sur Wikidata
Siège social Mandello del Lario, Lombardie
Drapeau de l'Italie Italie
Actionnaires Aprilia (-)
PiaggioVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité Construction automobileVoir et modifier les données sur Wikidata
Produits MotoVoir et modifier les données sur Wikidata
Société mère Piaggio SpA
Site web (it) Site officiel

Moto Guzzi (Guzzi) est un constructeur de motos italien en activité sans interruption depuis sa création, en 1921, à Mandello del Lario près du lac de Côme. Moto Guzzi est le plus important fabricant italien de motos jusqu'aux années 1940 et remporte de très nombreux succès en compétition jusqu'à la fin des années 1950. Jusqu'à sa faillite en 1966, Guzzi a une offre très diversifiée : motos de petite, moyenne et grosse cylindrée, tricycles motorisés, engins agricoles, moteurs pour usages fixes, etc. L'entreprise subit ensuite plusieurs restructurations et, à partir de la fin des années 1980, concentre son offre sur des motos de forte cylindrée. L'un de ses modèles les plus renommés est le V7 de 1966 dont les choix techniques (moteur bicylindre en V face à la route et transmission finale par arbre) sont caractéristiques de l'offre Moto Guzzi encore au 21ème siècle. La marque est propriété du groupe italien Piaggio depuis 2004.

L'ère Guzzi-Parodi: naissance d'un champion italien (1920-1960)

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L'histoire de la marque italienne Moto Guzzi commence lorsque trois jeunes gens sont enrôlés, au cours de la Première Guerre mondiale, dans la même escadrille[1]: Giorgio Parodi et Giovanni Ravelli (it) comme pilotes et Carlo Guzzi (it) comme mécanicien. Ils projettent de se lancer ensemble dans la fabrication de motos une fois les hostilités terminées. Mais, fin 1918, Ravelli décède dans un accident d'avion[2].

Guzzi et Parodi, avec le soutien financier de la famille Parodi, produisent un premier prototype en 1920 et créent la société Moto Guzzi en 1921. Ils choisissent, en souvenir de leur période dans l'armée de l'air, un aigle comme emblème de la marque : ces références à l'aviation se retrouveront ensuite dans la dénomination de nombre de modèles, notamment les 500 Falcone (faucon) et Condor, la 250 de course Albatros, sa demi-sœur routière l'Airone (héron), le scooter Galletto (coq), le petit vélomoteur Cardellino (chardonneret), etc.

Début de la production

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C'est sur les bords du lac de Côme, à Mandello del Lario que voit le jour la première moto portant la marque « Moto Guzzi »[1] : le prototype "GP", qui présente des caractéristiques techniques très avancées pour l'époque. Ainsi, le moteur monocylindre à quatre temps en aluminium de 499 cm3, disposé horizontalement[n 1], est doté de quatre soupapes entraînées par un arbre à cames en tête (ACT). Le système de lubrification, l'embrayage et le châssis sont également très innovants.

La Normale, premier modèle de série de la marque, est produite à partir de 1921. Elle conserve la disposition horizontale du bloc moteur monocylindre de la GP, mais la distribution est semi culbutée avec deux soupapes seulement : celle d'admission est latérale, celle d'échappement est culbutée[n 2]. Cette motorisation devient caractéristique de Moto Guzzi, qui la déclinera pendant plusieurs décennies en diverses cylindrées.

Le champion italien (1920-1940)

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La Normale est produite de 1921 à 1924 : sa fiabilité établit la notoriété de la jeune marque. Durant les années 1920 , Moto Guzzi connait une forte croissance, qui s'appuie sur une gamme de modèles équipés de moteurs monocylindres à quatre temps de 500 cm3 disposés horizontalement :

  • modèles C : destinés à la compétition, ce sont la C2V (Corsa Duevalvole) dotée d'un moteur monocylindre culbuté de 500 cm3 à deux soupapes et produite de 1922 à 1930, et la C4V, dotée d'un moteur monocylindre culbuté de 500 cm3 à quatre soupapes et produite à partir de 1924.
  • modèles Sport : visant une clientèle recherchant la performance, ce sont la Sport 500, qui remplace la Normale et est produite jusqu'en 1928, puis les Sport 14 et Sport 15, toutes dotées d'un moteur monocylindre semi culbuté de 500 cm3 . Les Sport 14 et 15 rencontrent un grand succès commercial[3] : elles sont vendues respectivement à 4 250 et près de 6 000 exemplaires en deux années de commercialisation. La Sport 15 est commercialisée jusqu'en 1939[4].
  • modèles GT : ce sont les premiers modèles de Moto Guzzi à cadre entièrement suspendu[n 3]. La GT 500 est lancée en 1928 puis évolue en GT 16 [3].

Entre 1921 et 1926, la production de Moto Guzzi passe de 17 à plus de 3 000 motos/an, et ses effectifs de 17 à 350 personnes[1].

Durant les années 1930, la ligne des 500 cm3 est déclinée en de nombreuses variantes. À partir de 1936, le modèle V/W à cadre rigide et moteur culbuté et sa déclinaison GTV/GTW à cadre suspendu deviennent le coeur de l'offre en 500 cm3. Les modèles S/GTS, moins sportifs et plus économiques, dont le moteur est encore semi culbuté, constituent l'entrée de gamme 500 cm3.

À partir de 1926, Moto Guzzi propose également des motos de cylindrée inférieure destinées à atteindre une clientèle plus large et, pour certaines, à concourir en compétition. Ces modèles sont tous équipés de moteurs monocylindres à quatre temps disposés horizontalement : 250 TT/TS (1926-1933) et P175/P250 (1932-1940), PL/PLS/Ardetta/Egretta (1937-1940).

Moto Guzzi s'essaye aussi à des motorisations multicylindres : quelques exemplaires d'un modèle à trois cylindres (Tre Cilindri[3]) et d'un modèle à quatre cylindres (Quattro Cilindri[3]) sont construits. Mais c'est un bicylindre, la Bicilindrica Corsa[5], qui assurera un grand nombre de succès en compétition pour la marque de 1933 à 1950.

Moto Guzzi propose également des engins à vocation utilitaire tel le tricycle Veicolo di Transporto puis le Motocarro[3], premiers modèles d'une ligne de produits qui connaitra un durable succès commercial, et vend des moteurs pour équiper diverses machines fixes.

En 1939, Moto Guzzi est devenu le principal constructeur italien de motos[1], avec plus de 50 000 exemplaires vendus depuis la création de la marque[6]. La gamme est composée de monocylindres 500 cm3 (Sport15, S/GTS, V/GTV, Alce, Condor), monocylindres 250 cm3 (Ardetta, Egretta, Albatros, Airone) ainsi que du tricycle Motocarro et du bicylindre de course Bicilindrica Corsa[4].

Diversification et croissance avant la chute (années 1940-1950)

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L'Italie, alliée de l'Allemagne depuis le printemps 1939, entre en guerre en juin 1940. Moto Guzzi, comme beaucoup d'autres entreprises industrielles italiennes, va participer activement à l'effort d'armement du pays.

Les forces armées italiennes, ainsi que la police, sont déjà clientes de Moto Guzzi : en effet l'entreprise a remporté plusieurs appels d'offres durant les années 1930 pour fournir divers modèles de véhicules, souvent dérivés de modèles civils. Plusieurs milliers de motos GT 17[7] ont ainsi été utilisées pendant la seconde guerre italo-éthiopienne et la guerre civile espagnole[8].

Durant la Seconde Guerre Mondiale, Moto Guzzi, dont la production est alors presqu'entièrement dédiée aux modèles militaires, livre 13 000 véhicules aux forces armées italiennes et à leurs alliés, notamment 6 500 Alce (dont 700 avec side car), 1 700 Trialce (tricycle dérivé de l'Alce), et plusieurs milliers d'exemplaires du Motocarro 500 U (tricycle de 1000 kg de charge utile)[9].

L'usine de Mardello, située à l'écart des grands centres industriels, n'a pas été bombardée. La production de motos reprend dès la fin 1945. Mais le marché italien des deux roues motorisés est désormais centré sur des moyens de transport très économiques, tant en prix d'achat qu'en consommation de carburant.

Pour répondre à cette nouvelle demande, Moto Guzzi lance à partir de 1949 une famille de motos monocylindres deux temps de 65 à 110 cm3 : Guzzino/Motoleggera 65, Cardellino/Nuovo Cardellino et Zigolo[10]. Cette ligne de produits, dont certains modèles seront fabriqués jusqu'au milieu des années 1960, rencontre un très grand succès commercial : en 1950, Guzzi produit 30 000 motos, dont 22 000 deux temps. Le succès est particulièrement durable pour le Cardellino, vendu à plus de 214 000 exemplaires entre 1946 et 1963, et le Zigolo, vendu à près de 130 000 exemplaires entre 1953 et 1965[6].

Guzzi introduit en 1950 un modèle original, intermédiaire entre un scooter et une moto[11] : le Galletto. Il sera produit à plus de 71 000 exemplaires entre 1950 et 1966, avec une motorisation monocylindre culbutée à quatre temps de 160 à 192 cm3. Parmi ses caractéristiques remarquables se trouvent notamment des roues de 17 pouces, plus grandes que celles des scooters concurrents, une roue de secours fixée derrière la roue avant, et, à partir de 1961, un démarreur électrique[12].

Dans l'immédiat après-guerre, la gamme de motos à quatre temps de plus forte cylindrée est limitée (hors modèles de course) à l'Airone (250 cm3) et la GTV/GTW (500 cm3), très proches de leurs versions d'avant-guerre. L'Airone sera produite jusqu'en 1961, pour un total de près de 27 000 exemplaires. Elle est progressivement remplacée à partir de 1956 par la Lodola[10], dotée d'un moteur à arbre à cames en tête de 175 ou 235 cm3, premier moteur à quatre temps de la marque à ne pas être disposé horizontalement, qui sera produite à près de 27 000 exemplaires jusqu'à son retrait en 1965[6]. La GTV/GTW est remplacée à partir de 1950 par l'Astore puis le Falcone. Jusqu'en 1967 et l'arrivée du V7, le Falcone incarne le haut de gamme de la marque: dérivé des modèles de compétition Condor et Dondolino, c'est une moto sportive, plus légère et aussi puissante que la GTW, qui, déclinée en deux versions Sport et Tourisme, sera vendue à 8 400 exemplaires à des particuliers, ainsi qu'à diverses administrations italiennes (police, douanes, etc.).

Durant les années 1950, Guzzi lance également plusieurs tricycles[10] : Ercole, dérivé du Falcone avec une transmission finale par arbre et une charge utile de 1 500 kg, Ercolino, avec un moteur de Galletto, ou encore Aiace équipé d'un moteur de Zigolo. Une version 3x3 dite "Mule" est même créée en 1961, équipée d'un tout nouveau moteur bicylindre en V de 745 cm3. Moto Guzzi produit également des machines agricoles, et continue de vendre des moteurs pour des machines fixes, notamment un modèle bicylindre à plat.

Au milieu des années 1950, Guzzi produit 40 000 machines/an dont plus de 90% sont des modèles de petite cylindrée (Cardellino, Zigolo, Galletto)[10]: la firme n'est plus que le troisième constructeur italien de motos et sa situation financière est fragile[13]. Pour économiser sur ses dépenses, Moto Guzzi se retire de la compétition moto en 1957[14].  

Naissance de la V7 et fin d'une époque (1960-1972)

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V7 Special (1968).

Les années 1960 sont particulièrement agitées pour Moto Guzzi : ses marchés se contractent, notamment du fait de la concurrence des automobiles populaires comme la Fiat 500, et Carlo Guzzi meurt en 1964 laissant Enrico Parodi seul aux commandes de l'entreprise. Des dissensions apparaissent au sein de la direction de l'entreprise et, en février 1966, Moto Guzzi est en faillite. L'entreprise est sauvée grâce à l'intervention de l'Etat italien qui crée la SEIMM[n 4] pour la reprendre et lui permettre de continuer à fonctionner, au prix d'une restructuration importante qui entraine notamment le départ de Parodi ainsi que celui de Giulio Cesare Carcano[14].

V7 Sport (1972).
850 GT attelée (1973).

C'est pourtant le dernier modèle conçu par Carcano, la V7, qui va s'avérer permettre la survie de Moto Guzzi. La V7 a été conçue pour répondre à un appel d'offres de la police italienne, cliente de longue date de la marque, qui cherche un modèle très robuste et capable de rivaliser avec les automobiles modernes de l'époque. La conception de la V7 commence vers 1963, et Moto Guzzi remporte le marché . Les premiers modèles sont produits à partir de 1966. La V7 apporte deux innovations majeures qui vont devenir caractéristiques de la marque jusqu'aux années 2020 : le moteur bicylindre culbuté en V à 90° disposé face à la route[n 5] et la transmission finale par arbre[n 6]. La V7 initiale de 700 cm3 sera fabriquée jusqu'en 1976, essentiellement pour des clients institutionnels italiens. La gamme des "V" s'enrichit rapidement d'une V7 Special de 750 cm3, qui connait un réel succès, notamment aux États-Unis sous l'appellation Ambassador : son apparition en 1971 dans le film "Les diamants sont éternels" fera beaucoup pour relancer la renommée de la marque[14]. En 1971, Guzzi lance avec succès deux modèles V supplémentaires : la 850 GT (Eldorado aux États-Unis) et la très sportive V7 Sport, première Guzzi équipée, à partir de 1974, d'un frein avant à disque[15]. Au total, ces quatre modèles V seront vendus à 35 000 exemplaires entre leur lancement et 1976.

À l'entrée des années 1970, la gamme Guzzi comprend, outre des tricycles, les puissants modèles V ainsi que deux cyclomoteurs de 49 cm3 (Dingo et Trotter[n 7]), le Stornello[n 8](monocylindre culbuté de 125 ou 160 cm3) et le Nuovo Falcone qui, introduit en 1969 initialement pour les clients institutionnels italiens, est doté, comme son ancêtre homonyme, d'un monocylindre de 500 cm3 en position horizontale[16].

L'ère Tomaso (1972-2000)

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En 1972, la SEIMM considère que Moto Guzzi est viable et décide de la mettre en vente. C'est Alejandro de Tomaso, pilote automobile et homme d'affaires argentin d'origine italienne, qui rachète la marque. Il restructure l'offre en créant le maximum de synergies avec Benelli[15], qu'il avait racheté en 1971: Tomaso est alors convaincu de pouvoir concurrencer l'offre japonaise tant en petites qu'en moyennes et fortes cylindrées, notamment avec des modèles multicylindres que Benelli a développés[17].

Cyclomoteurs et motos de petite/moyenne cylindrée : Moto Guzzi ou Benelli ?

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La marque Moto Guzzi reste encore une dizaine d'années présente sur le marché des cyclomoteurs avec les Nibbio et Cross, tous deux utilisant des solutions provenant de Benelli, notamment une boîte de vitesses à 5 rapports, le Chiu et enfin le Magnum[18], un "mini bike" aux roues ballon de 10 pouces lancé en 1976[19]. Les derniers cyclomoteurs Guzzi sont produits en 1982[4].

Benelli Quattro également commercialisée comme Guzzi 254 (1981).

La gamme de motos de petite et moyenne cylindrée est initialement constituée de modèles Benelli vendus sous la marque Guzzi, avec notamment une 350 quatre cylindres à arbre à cames en tête, une 250 bicylindre (250 TS similaire à la Benelli 2C) et des 125 monocylindre deux temps (Trial, Tuttoterreno, Turismo)[19].

À partir du milieu des années 1970, plusieurs nouveaux modèles sont développés en coopération entre les bureaux d'étude de Guzzi et de Benelli et sont vendus sous les deux marques [17], notamment les Guzzi 350GTS et 400GTS dotées de moteurs à 4 cylindres[20], puis la Guzzi 254[n 9], le plus petit modèle à 4 cylindres produit par la marque[21]. C'est aussi le cas pour la gamme 125 cm3 en quatre temps (125 2C4T, 1979) et deux temps (125C et 1325 TT, 1985)[19].

Le bicylindre en V : l'apanage de Mandello

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La gamme bicylindre en V de Guzzi évolue peu jusqu'en 1975 : Tomaso n'est pas convaincu de la compétitivité de cette architecture par rapport à des modèles multicylindres et juge son coût de production trop élevé. Mais le succès de cette gamme aux États-Unis et chez les clients institutionnels de plusieurs pays le convainquent de la conserver.       

Les "petits blocs"

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En 1976 , Moto Guzzi lance les premiers modèles utilisant une nouvelle version du bicylindre en V, désignée comme "petit bloc"[22], aux coûts de fabrication réduits et de cylindrées inférieures à celles des moteurs en V précédents : ce sont les V35 (350 cm3) et V50 (500 cm3) qui, après une période initiale marquée par des problèmes de fiabilité et de finition, inaugurent une famille de modèles qui connaitra un durable succès commercial. Cette lignée comprend notamment[23]:

  • des roadsters et versions sportives : V35 Imola (1979) ; V50 Monza (1980) ; V65 SP (1982) ; etc.
  • des cruisers : V35 Custom (1982), Florida (1986) ou encore Nevada (1989); V65 Custom (1983), Florida (1986); V75 Nevada (1984); etc.
  • des trails : V35 TT (1984) ; V65 TT (1984) ; 350 et 750 NTX (1986) ; etc.

La plupart de ces modèles sont exportés mondialement, et certains déclinés en versions destinées aux services de Police et aux forces armées de plusieurs pays. 

Une version de ce "petit bloc", le V75 Hie, sert, durant les années 1990, à propulser le drone israëlo-américain IAI RQ-5 Hunter. Cet appareil à hélices est équipé de deux moteurs Guzzi disposés en "push-pull", l'un à l'avant et l'autre à l'arrière. Le V75 Hie devait aussi équiper une moto, l'Ippogrifo, modèle annoncé par Guzzi à la fin des années 1990 mais qui ne sera pas commercialisé[22].

Les "gros blocs"

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La gamme de cylindrée supérieure, utilisant le "gros bloc", est toujours bien accueillie aux États-Unis, tant par les particuliers que par les services de police. Sous l'influence de l'importateur américain, la cylindrée du moteur est portée à 844 cm3, et un nouveau modèle, la 850 T (Interceptor aux USA), est lancé en 1974 : partiellement dérivé de la V7 Sport, il bénéficie d'un nouveau cadre et diverses améliorations du système de lubrification et de transmission. Le freinage est amélioré en 1975 avec l'adoption d'un système de freinage intégré couplant freins avant et arrière.

La gamme des "gros blocs" sera déclinée ensuite en trois cylindrées (850,1 000 et 1 100 cm3)[n 10], et deux grands types de configurations (roadster et routière/custom) jusqu'à la fin du siècle[24] :

  • Moteur 850 : 850 T3/T3 California (1975-1982) puis T4(1980) et T5 (1983-1989).
  • Moteur 1000 : SP1000 (1978-1983), V1000 G5, California II puis III (1981-1993), Mille GT (1987-), Strada (1993-), etc. La première Guzzi à boîte semi automatique, la Convert, fait partie de cette gamme[24] : développée à la demande des services d'escorte italiens, elle est produite de 1976 à 1984[n 11];
  • Moteur 1100 : 1100 Sport/Sport Injection (1994-1998), California 1100 puis EV 1100 (1993-1997), et la sportive V11 dotée d'une boîte à six rapports (1999-2006).

La plupart de ces modèles sont exportés dans plusieurs pays, et certains adaptés pour des clients institutionnels, notamment des services de police.

Moto Guzzi Le Mans : le modèle sportif de la marque pendant près de vingt ans.

Les équipes techniques de Guzzi et les distributeurs de la marque convainquent Tomaso que l'architecture en V a un avenir même pour des modèles sportifs. C'est ainsi qu'est lancée, en 1975, la 850 Le Mans qui inaugure une famille de modèles de 850 puis 1 000 cm3 qui va incarner jusqu'en 1993 le haut de gamme sportif de la marque.

Cette première version, parfois rétroactivement appelée Le Mans I, est une machine dont les performances et l'esthétique sont saluées dès sa sortie en 1975. Elle utilise un grand nombre d'éléments hérités des 750 S3 et 850 T3[25] : cadre, système de freinage intégré à trois disques, etc. Équipée de série d'un mini carénage de fourche, elle dépasse les 213 km/h. Bien que chère, elle remporte un succès suffisant auprès de clients à la recherche de machines performantes[26].

Elle évolue durant l'année 1978 en Le Mans II, reprenant plusieurs éléments de la SP 1000, notamment carénage et instrumentation. Cette version est vendue à un peu plus de 7 300 exemplaires. Un modèle réservé au marché américain en est dérivé : la CX100, essentiellement constituée d'un moteur de 1000 SP dans un cadre de Le Mans II[27], qui est produite à 350 exemplaires seulement.

Le Mans III : carénage minimal, optique rectangulaire.
Le Mans III : carénage minimal, optique rectangulaire.

En 1981 apparait la Le Mans III, qui sera la version la plus vendue[28]: 10 000 exemplaires sont produits entre 1981 et 1985. Le moteur est profondément revu, notamment pour être conforme aux nouvelles réglementations de bruit et de pollution américaines et européennes. La suspension est améliorée et le carénage de nouveau réduit à une tête de fourche.

La dernière version de cette lignée est la 1000 Le Mans, produite en plusieurs versions de 1984 à 1993 pour un total d'un peu plus de 6 300 exemplaires[29]. À son lancement, c'est la plus puissante machine jamais produite par Moto Guzzi.

Si la lignée "Le Mans" s'interrompt au milieu des années 1990, le nom va ensuite régulièrement être utilisé par la marque comme partie de la dénomination de modèles à vocation sportive.

Nouvelles difficultés et recentrage sur les modèles V

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Durant les années 1980, Moto Guzzi se recentre progressivement sur les modèles de forte cylindrée : les derniers cyclomoteurs sont vendus en 1982, et la dernière C125 TT en 1988. La fin de la décennie et les années 1990 sont difficiles pour Guzzi[30] : 6 000 machines seulement sont vendues en 1988[n 12]. Pour sauver son activité moto, Tomaso cède le contrôle de la marque Benelli. Mais le chiffre d'affaires continue de baisser et l'entreprise est encore en perte en 1993 : Tomaso, qui a des problèmes de santé, se retire de la direction opérationnelle[n 13]. Guzzi est de nouveau profitable en 1995 malgré une production de 5 314 motos seulement. Les nouveaux modèles en V, bien accueillis par le marché, tirent la croissance de la marque qui vend de nouveau plus de 6 000 motos en 1996. Mais en 1998 la marque perd au profit de BMW un important appel d'offres de la police italienne[22]. Après plusieurs évolutions de son actionnariat et d'importantes injections de capital, Moto Guzzi est cédé à Aprilia en Mai 2000[31].

Moto Guzzi au 21ème siècle

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La restructuration de l'industrie italienne des deux roues se poursuit au début des années 2000 : le groupe Piaggio rachète Aprilia, donc aussi Moto Guzzi, en 2004. Aprilia renouvelle la gamme et relance la marque : les ventes passent de 4 000 unités en 2004 à plus de 10 000 en 2006[32].

Tous les modèles Moto Guzzi lancés depuis l'an 2000 sont dotés d'un moteur à quatre temps en V face à la route et transmission finale par arbre, avec deux ou quatre soupapes par cylindre et une cylindrée de 750 à 1 400 cm3.

Ces moteurs sont généralement culbutés et à refroidissement par air. Certains modèles, comme la sportive 1200 MGS-01 Corsa, sont équipés d'un moteur à simple arbre à cames (ACT) et quatre soupapes par cylindre (8V). Depuis 2022, Guzzi commence à doter ses modèles les plus puissants, comme la V100 Mandello, d'un nouveau moteur à double arbre à cames (DACT) en tête, quatre soupapes par cylindre et refroidissement liquide.

Les modèles du 21ème siècle peuvent être regroupés dans les types suivants[n 14]:

  • Roadster : Breva (2003-2012, 750 à 1 100 cm3)[n 15], Griso (2006-2016, 850 à 1 100 cm3), V7 (2008-, 750 puis 850 cm3), V9 (2016-2024, 850 cm3) ;
  • Cruiser/custom : California 1100 Vintage (2006-2011), Bellagio 940 (2007-2015), California 1400 (2013-2020, ACT 8V) ;
  • Routière : Norge (2006-2016, 1 200 cm3 4V puis 8V), MGX-21 "Flying Fortress" (2016-2020, 1 400 cm3 ACT 8V), V100 Mandello (2022- , 1 100 cm3 DACT 8V) ;
  • Sport/GT : MGS-01 Corsa (2004-2010, 1 200 cm3 ACT 8V) ;
  • Trail : V85 TT (2019-, 850 cm3), Stelvio (2008-2016 puis 2024-).
California 90 (2011).

En 2011, pour célébrer les 90 ans de la marque et les 40 ans de la ligne "California" , Guzzi en sort une édition spéciale : la California 90[33]. Reconnaissable à sa couleur blanche et orange, sa selle marron et un logo "vintage", ce sera l'un des derniers customs de la marque doté du moteur culbuté 1 100 cm3.

En 2021, la marque fête ses 100 ans d'existence. La gamme ne comprend alors que trois lignes (V7, V9 et V85 TT) : chacune d'entre elle bénéficie d'une édition spéciale "Centenario" différant des versions habituelles par des détails esthétiques (couleur, logo, selle, etc.)[34]. Les célébrations commémoratives, reportées de 2021 à 2022 pour raisons de Covid-19, ont lieu à Mandello en Septembre 2022[35].

Compétition

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L'âge d'or de Guzzi en course (1921-1957)

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Moto Guzzi engage des machines en compétition dès les années 1920. Comme ses concurrents, la marque teste et met au point sur les machines de course diverses solutions techniques dont certaines seulement sont ensuite appliquées à des modèles destinés à la clientèle commerciale.

Soufflerie, vue de l'intérieur (années 1950).

Guzzi s'équipe en outre en 1950 d'une soufflerie destinée à améliorer le comportement aérodynamique de ses machines et optimiser leurs éléments de carénage[36].

Après avoir dominé pendant trois décennies, notamment dans les catégories 250 et 350 cm3, Guzzi se retire de la compétition à la fin de l'année 1957.

La plupart des machines engagées entre les années 1920 et 1950 sont rouges et dotées de moteurs monocylindres horizontaux à arbre à cames en tête simple (ACT) ou double (DACT)[n 16], avec deux ou quatre soupapes et, pour certains, équipés de compresseurs volumétriques. Peuvent être mentionnés, parmi les principaux modèles monocylindres et leurs résultats obtenus :

  • 250 cm3 : l'un des plus célèbres modèles de course de la marque, l'Albatros, remporte de très nombreux succès tant avant-guerre (circuits de Lausanne et Bari en 1938, etc.) que dans les années 1940, avec notamment trois victoires en Championnat d'Italie et un doublé au Tourist Trophy en 1947[37]. Plusieurs versions en sont développées, dont certaines à compresseur et d'autres à injection[38]. L'Albatros fait partie d'une lignée de modèles de course Guzzi monocylindres 250 cm3 qui dominent la compétition des années 1930 aux années 1950 : TT 250 (1926), SS 250 (1931), Gambalunghino (1949), etc.
  • 350 cm3 : parfois appelée 350 Bialbero, cette moto, dont le moteur (DACT à quatre soupapes) est directement dérivé de celui des 250 cm3, domine sa catégorie de 1953 jusqu'au retrait de Guzzi de la compétition[39]. Elle remporte notamment quatre titres mondiaux de suite (1954-1957)[40].
  • 500 cm3 : C2V à deux soupapes (1923-1927), premier modèle conçu spécialement pour la compétition et à porter la couleur rouge qui deviendra caractéristique de Moto Guzzi; C4V (1924-1925)[1], 4VTT (1927) et 4VSS (1929) à arbre à cames en tête et quatre soupapes[41] ; et le célèbre Condor (1937), première Guzzi à porter un nom d'oiseau et victorieuse dès sa première sortie en 1938[42], et les modèles qui en sont dérivés après guerre (Dondolino et Gambalunga)[43].

Moto Guzzi utilise également en compétition des moteurs très différents :

  • Quattro Cilindri 500 (1931-1932) (F20-22) : moteur culbuté suralimenté à quatre cylindres en ligne disposé transversalement et horizontalement. La marque en dérivera un modèle de route à trois cylindres, le Tre Cilindri[44] ;
  • Bicilindrica 500 (1933-1951): réalisé à partir de deux cylindres de l'Albatros disposés à 120°, ce moteur bicylindre en V ACT est implanté transversalement[n 17]. La Bicilindrica remporte notamment le Tourist Trophy de 1935[45] ;
  • 500 4 cylindres en ligne (1952-1954) : remplace la Bicilindrica. Le moteur, à double arbre à cames en tête, est refroidi par eau et disposé longitudinalement[46]. Première Guzzi à transmission finale par arbre, cette moto remporte le GP d'Allemagne en 1953 à 176km/h de moyenne et y établit le record du tour (182,4km/h)[47] ;
  • 250 Bicilindrica (1947-1948) : moteur bicylindre en ligne à double arbre à cames en tête, disposé transversalement et horizontalement[48].
  • Otto Cilindri V8 (1955-1957) : seul V8 quatre temps jamais utilisé sur une moto[49]. L'Otto Cilindri bat plusieurs records de vitesse en 1956[50]. Ses couleurs (carénage vert, réservoir gris) seront régulièrement reprises par la marque.
Giorgio Parodi félicitant le pilote Stanley Woods à l'arrivée du Tourist Trophy Lightweight de 1935.

Cette inventivité technologique permet de classer Moto Guzzi parmi les constructeurs les plus innovants de l'époque et la marque conquiert de nombreux titres[51] : Moto Guzzi totalise 3 329 victoires sur circuits, soit presque cent par an entre 1921 et 1957, et fut six fois championne du monde constructeur. Son palmarès comprend notamment :

  • Championnats d'Europe de vitesse[52] : six titres en 250 et 500 cm3 entre 1924 et 1948. La marque remporte le titre dans les deux catégories en 1947.
  • Championnat du Monde de vitesse : trois titres en 250 cm3 (1949, 1951 et 1952) puis cinq titres de suite en 350 cm3 de 1953 à 1957[n 18] ;
  • Tourist Trophy[53] : onze victoires entre 1935 et 1956 dont huit en catégorie Lightweight (250 cm3), deux en Junior (350 cm3) et une en Senior (500 cm3). Le célèbre pilote irlandais Stanley Woods remporte le doublé Lightweight/Senior en 1935 et, en 1937, l'italien Omobono Tenni est le premier pilote non britannique à remporter un titre.
Près de 100 km/h sur une Moto Guzzi deux temps de 75 cm3
Motoleggera version course (1950).

En 1946, Moto Guzzi entre sur le marché, alors en pleine expansion, des deux roues motorisés légers et économiques en lançant la Guzzino, rapidement renommée Motoleggera 65. De ce modèle monocylindre deux temps de 65 cm3 et 1,7 ch[n 19], la marque dérive une version destinée à la compétition : la Motoleggera 75.

Dotée d'un moteur de 75 cm3 délivrant 3,6 ch pour un poids de 40 kg seulement, la Motoleggera 75 remporte de nombreux succès en vitesse et en endurance[54] : record du mille lancé en 1948 (96,07 km/h), plusieurs records d'endurance en 1950, dont celui des 1 000 km[55], etc.

La V7 et sa descendance (années 1970-1980)

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V7 course aux couleurs inspirées de celles de l'Otto Cilindri (1969).

Bien que la V7 n'ait pas été conçue comme une machine sportive, Guzzi la fait concourir dès 1969 en catégorie "production" et l'utilise également pour établir des records de vitesse[56] . Elle bat plus de 20 records de vitesse en 1969 sur 1 h, 100 km et 1 000 km en solo et side-car, et monte sur le podium à Monza et au Mans au début des années 1970.

Les résultats obtenus amènent la marque à développer des versions sportives sur cette architecture (V7 Sport, Le Mans, Daytona) ainsi que des versions plus spécifiquement destinées à la course, comme les "Telaio Rosso", reconnaissables à leur cadre rouge.

Durant les années 1970 et jusqu'au milieu des années 1980, la V7, puis les V7 Sport, Le Mans et 1000 Daytona participent à des courses d'endurance en catégorie "production" en Europe (notamment le Bol d'Or en France) et aux États-Unis, où le Dr John Wittner remporte plusieurs succès au guidon d'une 850 Le Mans et d'une 1000 Daytona[57]. Ces machines sont souvent engagées par des distributeurs locaux, avec le soutien, offiiciel ou non, de la marque[58].

Années 2000

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La marque revient officiellement en compétition au milieu des années 2000 :

  • 2006 : Moto Guzzi revient victorieusement en course grâce à la MGS-01 Corsa et Gianfranco Guareschi lors de la Battle of Twins de Daytona de mars, catégorie Formula 1 et remporte le Super Twin italien en octobre grâce au même pilote avec la même machine.
  • 2007 : Gianfranco Guareschi renouvelle son exploit de 2006 et remporte à nouveau, devant quarante mille spectateurs, la BOT de Daytona en catégorie Formula 1.

Éléments caractéristiques

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Deux configurations ont très durablement marqué l'offre Moto Guzzi :

Moteur monocylindre 4 temps disposé horizontalement

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Moteur de GTS 500, semi culbuté (1938).

C'est le type de moteur utilisé par Moto Guzzi dès son premier prototype (GP, 1920) et son premier modèle de série (Normale, 1921). Au fil des années, il est décliné en plusieurs versions de cylindrée (175 à 500 cm3) et de distribution (semi culbuté, culbuté et, plus rarement, à arbre à cames en tête) et équipe de très nombreux modèles jusqu'au milieu des années 1970[n 20]. La disposition horizontale permet d'avoir un bon refroidissement du cylindre, et un centre de gravité bas. La photo ci-contre montre une version semi culbutée (eoi) de ce moteur. La soupape d'échappement, culbutée, est en tête du cylindre, vers l'avant de la moto : son ouverture est commandée par la tige horizontale activant un culbuteur, sa fermeture par un ressort en épingle. La soupape d'admission est latérale et sa fermeture commandée par un ressort hélicoïdal.

Moteur bicylindre 4 temps en V face à la route

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Vue éclatée d'un moteur en V "petit bloc".

Il apparait au début des années 1960 sous l'appellation V7 de 700 cm3 délivrant 50 ch. Les cylindres sont à 90°, et la distribution à deux ou quatre soupapes par cylindre est généralement culbutée[59]. Le moteur est disposé face à la route[n 5], ce qui facilite le refroidissement par air. Ce moteur, ainsi disposé, est emblématique de la marque depuis 60 ans : ses déclinaisons sont utilisées sans interruption par la marque depuis les années 1960[60]. En 2026, c'est ce type de moteur qui équipe la totalité de la gamme Moto Guzzi commercialisée en France[61].

L'illustration ci-contre montre la disposition d'un moteur petit bloc culbuté de la fin des années 1970 : la distribution par chaîne (DC) relie le vilebrequin à l'arbre à cames (AC) disposé entre les deux cylindres. Cet arbre active les quatre soupapes (S) par l'intermédiaire de tiges (T) et de culbuteurs (C). Le moteur est monté longitudinalement : l'ensemble vilebrequin/embrayage (E)/boîte de vitesses (BV)/Transmission finale est aligné dans l'axe avant/arrière de la moto, avec le sélecteur de vitesses (V) sur le côté gauche.

Parmi les très nombreuses évolutions dont a bénéficié ce moteur, on peut noter :

  • ligne « gros blocs » : 850 cm3 en 1974 sur la California, 1 100 cm3 en 2004 sur la Breva, 1 200 cm3 en 2006 sur la Norge, 1 400 cm3 en 2013 sur la California ;
  • ligne « petits blocs »[22]: V35 de 350 cm3 et V50 de 490 cm3 en 1979, V65 en 1981, etc ;
  • injection électronique à partir de 1989 (California 3)[62];
  • versions à arbre à cames en tête (ACT ou DACT) à partir du début des années 2000.
Les moteurs Moto Guzzi : de un à huit cylindres et de 41 à 1 400 cm3

Des années 1920 aux années 2020, Moto Guzzi a conçu et produit une très grande variété de moteurs : de 41 à 1 400 cm3, avec un, deux, trois, quatre ou huit cylindres, à deux ou quatre temps, en ligne ou en V, semi-culbutés, culbutés ou à arbre à cames en tête, etc. Ils ont équipé des véhicules à deux, trois ou quatre roues, des machines fixes et des engins agricoles, et même un drone. L'illustration ci-contre montre plusieurs de ces réalisations. Au centre se trouve le moteur huit cylindres en V de l'Otto Cilindri (1956), entouré de moteurs pour machines fixes, notamment, au premier plan, un générateur électrique de 110 cm3 (couvre culasse rouge). Plusieurs multicylindres en V ou en ligne sont également visibles.

Guzzi a également inventé et breveté une méthode de traitement de surface , le Nigusil, par dépôt électrolytique d'un mélange de Nickel et de silicone, utilisé à partir de 1979 notamment sur les pistons des modèles Le Mans[27].

Transmission finale

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Transmission et suspension arrière de Moto Guzzi (2003) : le tunnel protégeant l'arbre a été découpé pour permettre de voir le mécanisme d'arbre, cardan et engrenages.

Jusqu'à l'arrivée du V7, Moto Guzzi utilise quasi-exclusivement une transmission finale par chaîne[n 21]. La V7 est équipée d'une transmission finale par arbre, aussi appelée "à cardan" ou "acatène". L'adoption de cette technologie, initialement motivée par les exigences de robustesse et de facilité d'entretien que la police italienne, première cliente de la V7, avait inscrites dans son cahier des charges[63], est devenue une caractéristique de la marque[n 22]: depuis la V7, tous les modèles Guzzi dotés d'un moteur en V ont une telle transmission.

Principe du système de freinage intégré (1975).

En 1975, Guzzi lance la 850 T3 équipée d'un système, breveté par la marque, intégrant freinage avant et arrière[64]. Le principe est le suivant : la moto est équipée de deux disques à l'avant et un à l'arrière. Ces trois disques sont répartis sur deux circuits distincts. L'un des disques avant est commandé, comme sur la plupart des motos, par un levier au guidon côté droit. L'autre disque avant et celui sur la roue arrière sont actionnés simultanément par un levier commandé au pied et situé côté droit de la machine, un dispositif gérant la répartition du freinage entre ces deux disques.

Dénomination des modèles

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Si la marque utilise souvent, comme ses concurrentes, des dénominations dérivées de caractéristiques techniques, comme V35 pour un modèle équipé d'un moteur en V de 350 cm3, ou Otto Cilindri pour celui doté d'un moteur à huit cylindres, elle a aussi longtemps choisi des appellations relevant d'une tout autre inspiration :

  • oiseaux : à partir des années 1930 Guzzi produit des Condor, Albatros, Airone (héron), Egretta (aigrette), Cardellino (chardonneret), Zigolo (bruant), Lodola (alouette), Falcone (faucon) ou encore Galletto (coq). Sans oublier l'aigle de Mandello qui est l'emblème de la marque depuis sa création[n 23].
  • mythologie : les triporteurs Guzzi sont dénommés Ercole (Hercule), Ercolino (petit Hercule), ou encore Aiace (Ajax). Et Guzzi produit des motos Centauro (centaure), ou encore Ippogrifo (hippogriffe).
  • rêve américain : l'importance du marché américain amène Guzzi à doter de nombreux modèles du nom de célèbres lieux de ce continent avec les California, Eldorado, Nevada, Daytona, etc[n 24].

Esthétique

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Deux couleurs caractérisent la production de Moto Guzzi jusqu'à la fin des années 1940 : le vert olive, couleur de base des modèles commerciaux comme de ceux destinés aux clients institutionnels, et le rouge, initialement réservé aux modèles de course ou à vocation sportive[65]. Le vert olive disparait ensuite (sauf pour les modèles militaires ou certains services de police). Mais la marque utilise régulièrement des nuances de vert, souvent métallisées : carénage de l'Otto Cilindri (1953), 350 Grand Prix (1953)[66], V7 Sport (1973), etc. Le rouge reste très présent en couleur dominante, comme sur la 1000 Le Mans (1984) ou la V1000 Mandello WindTunnel (2025), ou seulement pour le cadre, comme sur la V7 Sport (1973) ou la V85 TT (2019) qui reprennent une esthétique inaugurée par la marque sur ses modèles de compétition "Telaio Rosso"[67].

L'utilisation systématique de l'architecture bicylindre en V face à la route et de la transmission par arbre depuis la fin des années 1960 pour les modèles de forte cylindrée contribue à définir une esthétique Moto Guzzi très aisément reconnaissable depuis plusieurs décennies.

Moto Guzzi à trois et quatre roues

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Des moteurs Moto Guzzi ont, dès les années 1920, été utilisés dans des véhicules à trois ou quatre roues. La marque a notamment une longue tradition de tricycles et de side cars.

Des années 1930 aux années 1960, plusieurs constructeurs automobiles visant à établir des records de vitesse en petites cylindrées implantent des moteurs Moto Guzzi, dont ils appréciaient les performances et la fiabilité, dans leurs machines[68]:

  • Nibbio I : dotée d'un moteur 500 cm3 de Bicilindrica, établit plusieurs records de vitesse en 1935 et dépasse les 173 km/h en 1939.
  • Bisiluro de Piero Taruffi : avec un moteur de 500 cm3, dépasse 207km/h en 1948.
  • Nibbio II : équipée de moteurs monocylindres 250 ou 350 cm3, établit plusieurs records d'endurance au milieu des années 1950.
  • Cobra : avec le moteur 250 cm3 à compresseur de l'Albatros dépasse les 233 km/h en 1959.
  • Colibiri Stanguellini : établit plusieurs records d'endurance en catégorie 250 cm3.

Plus récemment, le moteur en V de Moto Guzzi est utilisé sur des véhicules neorétro comme les tricars Triking, Pembleton Sport[69], ou encore certaines versions des Lomax 223/224.

Moto Guzzi sur l'eau et dans les champs

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Guzzi et le sport nautique

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L'usine de Mandello del Lario est installée tout près du lac de Côme, c'est la raison pour laquelle un très actif club d'aviron (Canottieri della Moto Guzzi) fut créé au sein de l'entreprise et prospéra tant sous le fascisme qu'après la guerre où le PCI et l'Église catholique rivalisèrent pour encourager des clubs sportifs. L'ingénieur en chef de l'usine Giulio Cesare Carcano, passionné d'aviron et de voile mit au point une technique pour optimiser la cadence et l'efficacité des rameurs qui permit au quatre sans barreur mené par quatre ouvriers de l'usine, Giuseppe Moioli[70], Giovanni Invernizzi, Elio Morille et Francesco Faggi, de décrocher la médaille d'or aux JO de Londres de 1948[71].

Ces quatre ouvriers devenus de célèbres champions reçurent des récompenses assez modestes : Carlo Guzzi leur fit cadeau à chacun d'une moto de 175 cm3 et leur octroya huit jours supplémentaires de congés payés.

En 2023, pour célébrer le 75ème anniversaire de cette victoire, la marque produit un unique exemplaire de la V7 Stone 75 Oro Olimpico et la vend aux enchères. Le produit de cette vente, 16 200 [72], est remis au Canottieri della Moto Guzzi[73].

Engins agricoles

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Durant les années 1950-1960, Moto Guzzi développe et commercialise une gamme de motoculteurs[74] dont les moteurs sont généralement dérivés de ceux de certaines motos de la marque[75].

Personnalités

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Monument à la mémoire de Carlo Guzzi à Mandello del Lario.

Famille Guzzi[76] :

  • Carlo Guzzi (it) (1889-1964) : ingénieur, il est mécanicien dans l'aviation italienne durant la Première Guerre Mondiale. Co fondateur de Moto Guzzi avec Giorgio Parodi, il n'en sera jamais actionnaire, mais sera rémunéré par des redevances sur les ventes de l'entreprise.
  • Giuseppe Guzzi : frère de Carlo, il rejoint Moto Guzzi en 1921. Il conçoit plusieurs cadres et promeut les cadres suspendus. Pour prouver l'intérêt et la fiabilité de ces cadres , il effectue en 1925 un voyage jusqu'au cercle arctique au guidon d'un prototype de GT : en mémoire de cet exploit, les modèles Guzzi suspendus seront ensuite parfois surnommés "Norge"[77].

Famille Parodi[78] :

  • Giorgio Parodi (1897-1955) : pilote militaire durant la Première Guerre Mondiale, il est l'un des deux fondateurs de Moto Guzzi, qu'il codirige avec Carlo Guzzi jusqu'en 1945. Il est issu d'une riche famille d'armateurs qui est l'actionnaire principal de l'entreprise jusqu'en 1966.
  • Enrico Parodi : frère de Giorgio, il rejoint Moto Guzzi en 1942. Il dirige la société avec Carlo Guzzi jusqu'à la mort de celui-ci, puis seul. Il quitte l'entreprise suite à la faillite de 1966. Partisan des petites cylindrées, il est l'un des artisans des succès de l'entreprise dans l'après guerre. Ses décisions de la fin des années 1950 et du début des années 1960 sont souvent critiquées par les historiens de la marque.
  • Emanuele Vittorio Parodi : père de Giorgio Parodi. Il finance la création de Moto Guzzi à partir de 1920.
  • Angelo Parodi : cousin de Giorgio Parodi, il rejoint Moto Guzzi en 1921.

Autres :

  • Giovanni Ravelli (it) (1887-1919)[1] : pilote et ami de Giorgio Parodi et Carlo Guzzi, il était prévu qu'il crée une entreprise de construction de motos avec eux et en soit le pilote de course. Il n'assistera pas à cette création car il meurt dans un accident d'avion peu après la fin de la Première Guerre Mondiale.
  • Alejandro De Tomaso (1928-2003): pilote automobile et homme d'affaires argentin d'origine italienne. Il rachète Benelli en 1971 puis Moto Guzzi en 1973. Il développe la marque à l'exportation, notamment aux États-Unis, et préside l'entreprise jusqu'en 1995.
  • Giulio Cesare Carcano (1910-2005)[79] : ingénieur, il rejoint Moto Guzzi en 1936. Il est à l'origine de nombreux modèles importants de la marque, notamment l'Albatros (1939), l'Otto Cilindri (1955) et le V7 (1966). Il quitte Moto Guzzi en 1966 et devient architecte naval.
  • Umberto Todero (1922-2005)[80]: mécanicien, il rejoint Moto Guzzi en 1939 et y passe toute sa carrière. Adjoint de Carcano, il est à l'origine de plusieurs moteurs à quatre soupapes par cylindre.
  • Lino Tonti (1920-2002)[81]: ingénieur, il rejoint Guzzi en 1967 après avoir travaillé chez Benelli, Bianchi, Aermacchi et Gilera. Il remplace Carcano et devient le principal concepteur des modèles de la marque, notamment la V7 Sport et les V35/V50, ainsi que du système de freinage intégré de la 850 T3.
  • John Wittner (1946-2024)[57]: dentiste, pilote et mécanicien américain, il participe aux États-Unis au milieu des années 1980 à titre privé à diverses compétitions. Ses succès avec une 850 Le Mans et son interaction avec les équipes techniques de Guzzi contribuent à convaincre Tomaso de poursuivre le développement de la gamme V. Surnommé Dr John ou Il Dottore, il rejoint l'entreprise en 1989 et sera l'artisan des 1000 Daytona en compagnie de Todero.

Culture populaire

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Cinéma/télévision

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Littérature

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Notes et références

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  1. Cette disposition a longtemps marqué la production Moto Guzzi
  2. La distribution semi culbutée est très moderne pour l'époque. La solution choisie par Moto Guzzi s'écarte de celles de ses concurrents : sur leurs moteurs semi culbutés c'est généralement la soupape d'admission qui est culbutée.
  3. Et parmi les tous premiers modèles de motos au monde avec un cadre entièrement suspendu.
  4. SEIMM : Societa Esercizio Industriale Moto Meccaniche
  5. a et b La littérature spécialisée décrit l'implantation de ce type de moteur comme "longitudinale" car le vilebrequin est parallèle à l'axe de la moto. Dans cet article, pour faciliter la compréhension de la disposition du moteur en V de Moto Guzzi, le terme "longitudinal" est le plus souvent remplacé à "face à la route", expression moins technique mais plus proche de l'aspect visuel des moteurs et des machines qui en sont dotées.
  6. Les caractéristiques techniques de ces deux innovations sont développées dans le chapitre qui leur est dédié.
  7. Ces deux cyclomoteurs sont équipés de moteurs monocylindres 2 temps. Le Dingo, décliné en plusieurs versions y compris tout terrain, sera vendu à plus de 25 000 exemplaires exemplaires de 1963 à 1976. Le Trotter, lui aussi décliné en plusieurs versions, est commercialisé de 1966 à 1973.
  8. Apparu en 1960, le Stornello sera commercialisé jusqu'en 1974 en plusieurs versions : Sport, Scrambler, Cross, etc. Il sera produit à plus de 58 000 exemplaires.
  9. Modèle également vendu sous la marque Benelli avec l'appellation Benelli Four.
  10. Les appellations 850, 1000 et 1100 correspondent à des moteurs de cylindrées réelles respectives de 844, 949 ou 992, et 1 064 cm3.
  11. Cette transmission semi automatique sera ensuite installée, à très peu d'exemplaires, sur quelques autres modèles de la marque.
  12. Moto Guzzi est largement distancé par plusieurs concurrents à cette époque : BMW vend alors 26 000 machines/an et Harley-Davidson plus de 60 000.  
  13. Il reste président de la société jusqu'en 1995.
  14. La liste suivante n'est pas exhaustive. Elle vise à illustrer l'offre Moto Guzzi de 2000 à 2026.
  15. La Breva 750 PA permet à Moto Guzzi de redevenir fournisseur de la police italienne.
  16. Les modèles routiers correspondants sont dotés de moteurs à distribution semi-culbutée ou culbutée.
  17. Cette architecture est très différente de celle en V face à la route qui devient caractéristique de la marque à partir du milieu des années 1960.
  18. Moto Guzzi se retire de la compétition après ce dernier titre. Il y avait 4 Guzzi dans les huit premiers du classement.
  19. Premier modèle deux temps de la marque.
  20. Le dernier modèle ainsi motorisé est le Nuovo Falcone, produit jusqu'en 1976.
  21. Quelques tricycles Moto Guzzi ont une transmission finale par arbre.
  22. BMW est la seule autre marque de moto à utiliser de façon très importante une transmission finale par arbre.
  23. Le bestiaire de Guzzi comprend aussi quelques mammifères, comme le Dingo.
  24. Plus récemment c'est le col italien du Stelvio qui a inspiré le nom du trail lancé en 2008.
  25. Lui-même amateur de motos.

Références

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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