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Naria

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Naria
Déesse de la mythologie celtique
La statuette de Naria trouvée à Muri bei Bern.
La statuette de Naria trouvée à Muri bei Bern.
Caractéristiques
Période d'origine Antiquité celte et gauloise

Naria est une déesse de la religion gallo-romaine qui semble n'avoir été vénérée que dans l'ouest de la Suisse actuelle. Sa nature et ses attributions restent encore inconnues. Naria n’est mentionnée que deux fois et uniquement dans un contexte gallo-romain.

Étymologie

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Naria vient de la racine gauloise nertos (force) ; une hypothèse concernant son épithète Nousantia pourrait être une contraction de nauson (navire) et anatia (âme)[1].

Inscriptions

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La première inscription fut trouvée sur un autel votif en pierre à Cressier, dans le canton de Neuchâtel. On peut y lire Nariae Novsantiae T. Frontin. Hibernvs V.S.L.M[2], c'est-à-dire : « À Naria Nousantia, Titus Frontius Hibernus a fait ce don, s'acquittant de son vœu avec joie et à juste titre[3]. ». L’épithète « Nousantia » est inconnue par ailleurs[4]. L'autel est exposé au musée archéologique du Laténium à Hauterive (Neuchâtel)[5].

La seconde inscription fut trouvée sur la base d’une statuette gallo-romaine découverte à Muri : Deae Nariae Reg(io) Arvre(nsis) Cvr(ante) Feroc(e) L(iberto)[6], ce qui signifie : « À la déesse Naria, la région de l'Aar par l'intermédiaire de l'affranchi Ferox ».

La statuette de Muri

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La statuette de Muri est la seule représentation connue de Naria. Elle fait partie d'un groupe de six figurines (en) en bronze à l'effigie des divinités Jupiter, Junon, Minerve, Artio et un dieu Lare. Elle est exposée dans la collection du Musée d'histoire de Berne. La déesse porte une robe drapée à la romaine et un diadème dans les cheveux. La main qui aurait pu tenir ses attributs divins manque. Néanmoins la façon dont elle est représentée suit un peu le style générique des déesses représentant Fortuna. Il se pourrait donc que Naria soit une déesse de la chance[7].

Références

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  1. PanLex Project The Long Now Foundation, Dictionnaire français-gaulois, SNELA La Différence, (ISBN 978-2-7291-1529-6, lire en ligne)
  2. CIL XIII, 5151
  3. Les quatre lettres VSLM sont l'acronyme de la formule courante « Votum Solvit Libens Merito », qui signifie : « a fait ce don, s'acquittant de son vœu avec joie et à juste titre »
  4. Guillaume Roussel, « Nousantia - 6981 », L'Arbre celtique (consulté le )
  5. « Patrimoine architectural », sur République et canton de Neuchâtel (consulté le )
  6. CIL XIII, 5161
  7. (de) Annemarie Kaufmann-Heinimann, Dea Artio, die Bärengöttin von Muri : römische Bronzestatuetten aus einem ländlichen Heiligtum, vol. 9, Zurich, Chronos Verlag, coll. « Glanzlichter aus dem Bernischen Historischen Museum », , 44–46 p. (ISBN 3-0340-0544-X)

Bibliographie

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  • Xavier Delamarre, Noms des personnes celtiques dans l'épigraphie classique, Paris, Errance, , 237 p. (ISBN 978-2877723503)
  • Xavier Delamarre, Dictionnaire des thèmes nominaux du gaulois, t. 2, Les Cent Chemins, , 580 p. (ISBN 978-2957086030)
  • Audrey Ferlut, Le culte des divinités féminines en Gaule Belgique et dans les Germanies sous le Haut-Empire romain, Ausonius, , 910 p. (ISBN 978-2356134851)
  • Nicole Jufer et Thierry Luginbühl, Répertoire des dieux gaulois : Les noms des divinités celtiques connus par l'épigraphie, les textes antiques et la toponymie, Paris, Errance, , 128 p. (ISBN 978-2877722001)