Nismes (prononcé : [niːm] ; en wallon : Nîme) est une section de la commune de Viroinval située en Région wallonne dans la province de Namur. Elle y abrite le siège administratif de la commune. Elle est bornée au nord par Dourbes; à l'est par Olloy et Oignies; au sud, elle touche à Couvin, et à l'ouest, à Petigny et à Frasnes-lez-Couvin. Les habitants sont surnommés les Crayas, appellation wallonne du mâchefer, en souvenir de l’extraction du fer, d’où aussi le lieu-dit Fondry (fonderie).
Situé dans la vallée de l'Eau Noire, le village de Nismes est surtout connu pour ses réserves naturelles et ses curiosités géologiques de la région calcaire de la Calestienne comme le Fondry des Chiens, le Fondry Matricolo et la roche Trouée. Il existe un petit train touristique pour un circuit d'une heure au travers des différentes régions de l'entité.
Un bras de l'Eau Noire, après la traversée des grottes de Neptune, réapparait près du centre de Nismes, à la grotte du Pont d’Avignon pour rejoindre le bras principal de l'Eau Noire. Cette réapparition d'eau n'est autre qu'une résurgence (prouvée par l'utilisation d'un colorant).
Le village de Nismes possède plusieurs hameaux et lieux-dits :
Sainte-Anne, Saint-Joseph, Pont Polet, Regniessart, Inzèvaux, Tienne del Batieulle, Petit Breumont, Grand Breumont, Tienne Morainy, Les Abannets, Les Gréats, Tienne du Fourneau, Tienne du Boulîs, Chalaine, Coubry, Tienne, Montagne aux Buis, Tienne des Tanneurs, Roche à Lomme, Revers des Hesses, Roche aux Faucons, Haut Champ, Trois Champs, Baterage, Ternia d'Honte, Les Nobuissons, Croix Jean Lambert, Fond des Tournelles, Le Bossu et Fond Coco.
Nismes est un des plus anciens habitats de la région, on y a découvert des vestiges antérieurs au magdalénien (paléolithique supérieur), des tombes et des retranchements gallo-romains et mérovingiens.
Avec Couvin et Frasnes, le village fait partie du domaine de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés à Paris; cédés au roi de France, Robert le Pieux, ces villages sont compris en 996 dans la dot de sa sœur Hedwige, qui épouse le comte de HainautRegnier IV. Cent ans plus tard, le comte Baudouin, partant en croisade, vend Couvin et ses dépendances à Otbert, au prince-évêque de Liège. Désormais et jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, Nismes va dépendre de la châtellenie de Couvin.
Son château, détruit peu après 1096, est reconstruit en 1148 par Henri de Leyen, prince-évêque. Il sera détruit définitivement en 1554 par les troupes d’Henri II, roi de France. Au XVe siècle, Nismes est le siège d’une foire et compte des bourgeois[1].
En 1469, une troupe de 300 soldats bourguignons a exécuté la sentence et détruit en partie les remparts de Couvin et de Nismes[2].
En 1544, Nismes et les villages voisins sont sollicités par la ville de Couvin pour se défendre contre les bandes de soldats pillards.[3].
En 1555, le Duc de Nevers, battu par les troupes espagnoles de Guillaume de Nassau venant de Givet, leur cède Fagnolles, Couvin et Boussu, dont les forts servent d'avant-poste à Mariembourg. Le Taciturne détruit ces forteresses, tandis que le château-fort de Nismes est incendié par les Français[4].
En 1730, le général espagnol et nismois Pierre Bosseau, Marquis de Châteaufort, rend visite à Nismes. Décédé en 1741 à Zamora en Espagne, il était alors Capitaine-Général de la vieille Castille et Vice-Roi de Catalogne. Lors de sa visite, il fait don à l'église de Nîmes d'un plateau et de burettes en argent ainsi que d'un calice, que le curé Nanquette fera restaurer en 1772.[5].
En juin 1793, Nismes fait partie des dix cantons municipaux du district de Couvin, intégré à la France dans le département des Ardennes. Il englobe les deux Dourbes, Fagnolle ou Ligne, ainsi qu'Olloy[6].
En 1940, les habitants fuient vers le sud, la passerelle du monument explose, et de nombreuses maisons sont détruites[7].
Le vers 2 h 15, un bombardier britannique, de retour d'un bombardement à Stuttgart, est abattu au-dessus du bois de Nismes. Les 7 hommes d'équipage sont tués. Le , une stèle a été dressée à Regniessart en souvenir de ces braves.
En 1977, à la suite de la loi sur les fusions des communes, Nismes est fusionnée avec sept autres communes pour former l'entité de Viroinval dont Nismes et le siège de la nouvelle commune.
Les armes de la commune de Nismes se blasonnent ainsi
« De gueules à la fasce d'argent. Pour se différencier de Bouillon ou Louvain qui possèdent les mêmes armes, l'écu de Nismes doit être posé devant un Saint-Lambert debout en habits épiscopaux, nimbé, tenant de la dextre une crosse, le crosseron à l'extérieur et de la senestre un livre fermé, le tout d'or[8],[9]. »
L'église Saint-Lambert, édifice de style néoclassique construit en 1829 par l'architecte Jean Kuypers, a été partiellement reconstruite en 1845[11].
L'ancienne église Saint-Lambert, reconstruite en 1606[12] et désaffectée en 1845 au profit de la nouvelle église et démolie en 1890[13].
La chapelle Sainte-Thérèse, bâtiment néoclassique du XVIIe siècle, autrefois dédiée à Saint-Michel[14]. Cette chapelle se situe à côté du château communal.
La chapelle Saint-Roch, bâtie en 1627 par le curé Jean Noël, se trouve dans l’ancien cimetière des pestiférés[15].
La chapelle Saint-Joseph, édifice construit au XVIIe siècle[16].
Le château Licot.Le château Licot, aujourd’hui maison communale, était autrefois la cense du Maugré. Il appartint à la famille Martin jusqu’en 1658, date à laquelle il passa aux Baillet. Vendu à Michel Licot en 1745, il fut transformé en 1864 puis en 1890 pour devenir le château Licot. En 1923, la commune acheta le domaine, qui fut restauré en 1964[14]. Le château est transformé en hôtel de ville et il est le siège de l'entité de Viroinval.
L’ancienne ferme Bivort, construite au XVIIIe siècle, était la propriété d’une famille portant le même nom[17]. Elle se situe rue Saint-Roch.
La Maison des Baillis, construite à la fin du XVIe siècle ou au début du XVIIe siècle, servait de résidence aux baillis de la châtellenie de Couvin[15].
Le château Bivort, construit en plusieurs étapes aux XVIe et XVIIIe siècles, passa ensuite entre les mains de la famille Bivort[18].
Le monument aux morts surmonté de la statue La Victoire, œuvre du sculpteur Auguste Puttemans.
Les bois importants fournissaient du travail à nombre d’habitants : bûcherons, sabotiers, fauldeurs ou charbonniers de bois, préparateurs d’écorces de chêne. L’industrie du fer est importante : extraction et forgerie. Vers 1830, un haut fourneau était actionné par l’Eau Noire. Au début du XXe siècle, on exploite des carrières de pierre et la saboterie occupe 200 sabotiers. Pendant un siècle, le rail a desservi la localité.
La localité de Nismes a connu une grande prospérité durant la première moitié du XXe siècle grâce à l'exploitation de la forêt et à la transformation du bois. Dans ce contexte, de nombreux sabotiers ont travaillé dans le village, contribuant au bien-être des habitants. La production mécanique de sabots a permis de faire baisser les prix tout en augmentant le nombre d'articles disponibles. Ces entreprises étaient florissantes jusqu'aux années 1935-1940, période où les gens ont commencé à préférer les galoches, des chaussures composées d'une semelle en bois et d'un dessus en cuir, un peu plus chères mais plus solides. Vers les années cinquante, avec la démocratisation des chaussures entièrement en cuir, les usines de sabots ont progressivement cessé leurs activités. Aujourd'hui, le passé industriel de Nismes reste visible à travers quelques cheminées des anciennes fabriques et les petits ateliers le long de l'Eau Noire, dont beaucoup, malheureusement, ont été transformés en garages ou commerces[20].
↑Bertrand Thibaut (photogr. Pascal Degée), En marches : Les escortes militaire en Entre-Sambre-et-Meuse, Bruxelles, Éditions Aparté, , 192 p. (ISBN978-2930327273), p. 185
Le patrimoine monumental de la Belgique : Wallonie, vol. 9, t. 1 et 2 : Namur, Arrondissement de Philippeville, Liège, Pierre Mardaga, éditeur, , 694 p. (ISBN2-8021-0040-8)
Pierre Blondeau, Contribution à l'histoire de Nismes, Cercle Culturel de Nismes ASBL, , 139 p.
Pierre Blondeau, « Histoire des cabanes abandonnées : I. Les lieux-dits de Nismes - A. Le grand bois B. Les tiennes et les champs II. Le village et les gens », Au Pays des Rièzes et des Sarts, nos 96 à 104,
Jean-François Goffin et Auguste Soupart, « Généalogie Martin, de Nismes et environ », Cercle d'Histoire de Cerfontaine, no 755,
Françoise Jacquet-Ladrier, Communes de Belgique, Crédit Communal,
Guy Lapaille, Sylvain Hottiaux et Glen Turner, Le Short Stirling BF513 n'est pas rentré : The Short Stirling BF513 failed to return, Commune de Viroinval, , 40 p.
André Lépine, « La coopérative L’Espérance de Nismes en 1907 », Au Pays des Rièzes et des Sarts, no 113, , p. 25 à 30
André Lépine, « La ligne 132 en cartes postales anciennes », Cercle d'Histoire de Cerfontaine, no 500,
André Lépine (dir.) et al., « Notes d’histoire sur l’entité de Viroinval (1) », Cahier du Musée de Cerfontaine, no 281, , p. 30
André Lépine (dir.) et al., « Notes d’histoire sur l’entité de Viroinval (2) », Cahier du Musée de Cerfontaine, no 377, , p. 40
André Lépine (dir.) et al., « Notes d’histoire sur Nismes », Cahier du Musée de Cerfontaine, no 461, , p. 29
Paul Magotteaux et Colette Monier, Nismes - 1.591 extraits d’actes des anciennes cours et justice de 1531 à 1742, Wépion
Marc Waine, Nismes : Deux siècles d'histoire, t. I, II et III, Oignies-en-Thiérache, Maison des Jeunes de Viroinval, , 418 p.