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Numerus Syrorum

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Numerus Syrorum
Localisation
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Wilaya Tlemcen
Commune Maghnia
Coordonnées 34° 53′ 37″ nord, 1° 38′ 18″ ouest
Histoire
Époque Royaume de Numidie
Afrique romaine
Géolocalisation sur la carte : Algérie
(Voir situation sur carte : Algérie)
Numerus Syrorum
Numerus Syrorum

Numerus Syrorum[1] est l'un des camps romains les plus importants de Maurétanie césarienne et se situe près de la frontière avec la Maurétanie tingitane. Deux routes principales, venant de l'est, convergent vers ce camp en direction de Tanger. Le site se trouve à proximité de la ville de Maghnia, précisément à Hammam Boughrara[2].

Le nom du camp signifie escadron de Syriens[3] .

Géographie

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Localisation

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Rose des vents Albulae Rose des vents
Lanigare N
O    Numerus Syrorum    E
S
Pomaria
Locliation de Numerus Syrorum

Le site de l’actuelle Maghnia était d'abord un établissement phénicien, puis il apparaît dans les sources antiques sous le nom de Numerus Syrorum. Ce toponyme désignait à l’origine une unité auxiliaire de l’armée romaine composée de recrues venues de Syrie et qui avait déjà servi en Dacie avant d’être cantonnée dans cette région. Les Romains établirent pour elle un camp militaire fortifié : un castellum entouré d’un fossé profond, flanqué de tours carrées et accessible par quatre portes monumentales. Situé à l’extrémité occidentale de la Maurétanie Césarienne, ce poste constituait le point avancé de la nova praetentura, dispositif défensif développé sous les Sévères[4].

Les fouilles et découvertes archéologiques — bornes milliaires, inscriptions votives, tumuli et couches de cendres mêlées à des charbons et débris — attestent de l’importance de ce camp et de sa destruction par un incendie. Ses remparts subsistèrent néanmoins longtemps, au point que la population locale en garda le souvenir sous le nom de Sour (« rempart »), qu’il ne faut pas confondre avec l’abréviation latine Syr[4].

Après le retrait romain, la région continua de jouer un rôle d’échanges. Sa position, au cœur du couloir reliant Tlemcen à Fès, en fit un lieu de rencontre entre nomades, montagnards et habitants du littoral. Des marchés réguliers se tenaient autour de l’ancien camp, où les tribus des plaines arabisées, tournées vers l’élevage, côtoyaient les Berbères montagnards, plus attachés à l’agriculture et à l’arboriculture[4].

Avec la conquête musulmane du Maghreb, le site prit le nom de Lalla Maghnia, en hommage à une sainte musulmane vénérée dans la région et au-delà, notamment par les tribus marocaines voisines des Ahl Angad. Son mausolée, élevé à la fin du XVIIIe siècle, subsiste encore aujourd’hui et reste un lieu de pèlerinage local[4].

En 1836, lors de la première expédition française sur Tlemcen, les ruines du camp romain furent signalées aux officiers. Leur étude fut approfondie en novembre 1843 par le général Alphonse Bedeau[4].

Références

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  1. Yann Le Bohec, Les unités auxiliaires de l'armée romaine en Afrique proconsulaire et Numidie sous le Haut-Empire, FeniXX, (ISBN 978-2-271-10559-2, lire en ligne)
  2. École française de Rome, Mélanges d'archéologie et d'histoire, E. Thorin; [etc., etc.,], (lire en ligne)
  3. Congrès de l'Afas, Oran et l'Algérie en 1887: notices historiques, scientifiques, etc, Perrier, (lire en ligne)
  4. a b c d et e « Une ville, une histoire : Maghnia, du poste romain au pôle agricole », sur algerie360.com, (consulté le )

Articles connexes

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