Soa de Muse
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Soa de Muse, née le à Villepinte, est une drag queen française principalement connue pour sa participation à la première saison de Drag Race France[1], à la première saison de RuPaul's Drag Race: Global All Stars et à la première saison de Drag Race France All Stars.
Jeunesse et éducation
[modifier | modifier le code]Soa de Muse naît le à Villepinte, en Seine-Saint-Denis, en Île-de-France[2],[3] et grandi à Aulnay-sous-Bois, plus précisément dans le quartier du Gros Saule[4]. C'est par la suite que Soa déménage à Trénelle-Citron[5] en Martinique avec ses parents, dont ils y sont originaires. A l'âge de 15 ans, elle remporte un concours de théâtre avec sa troupe du collège Pablo-Neruda d'Aulnay, qui lui confirme qu'elle est faite pour la scène. C'est de là qu'elle se compose son nom de scène.
« Je cherchais un prénom en 3 lettres qui puisse brouiller l’idée du genre et apporte une part de mystère. Soa, ça sonne bien, c’est le nom d’une ville en Côte d’Ivoire, je me suis dit que c’était parfait »[4]
À l'âge de vingt ans, Soa retourne en France métropolitaine, pour poursuivre d'abord des études de lettres, puis d'arts dramatiques[6].
"Je suis de plus en plus nomade et je suis convaincue que c’est lié à mon histoire : le métissage c’est la multiplicité des origines, on est enfant du monde dès la naissance"[5].
Carrière
[modifier | modifier le code]C'est pendant ses études supérieures que Soa décide d'arrêter ses études et de commencer une carrière dans la performance[6].
Je me suis rendu compte qu'il ne fallait pas que je sois assise, à écouter quelqu'un qui parle (...) Il me fallait faire de la scène.
Soa commence sa carrière de drag queen comme artiste de burlesque au cabaret travesti parisien Madame Arthur[7]. Soa est la première drag queen martiniquaise. Elle se sert de cette caractéristiques afin d'en faire une force, tout en essayant de mettre en lumière en majorité des artistes noir.es[8]. Elle se caractérise avant tout comme une artiste pluridisciplinaire qui déconstruit les normes de genre. Ce n'est qu'après avoir participé à l'émission Drag Race France, que Soa s'est lancée dans le Drag. Pour autant, cette découverte de genre lui permet de s'épanouir. Selon elle, la drag incarne la liberté sous toutes ses formes[5].
« Être drag, participer à “RuPaul’s Drag Race France”, ça me permet surtout d’utiliser des plateformes [pas les chaussures, quoique] pour montrer quel artiste je suis. »[9]
Le , pour la Journée internationale des droits des femmes, Soa participe à l'exposition « 109 Mariannes » inaugurée par Marlène Schiappa, alors ministre chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes[10],[11],[12].
En début d'année 2022, Soa cofonde son propre cabaret, La Bouche, dans le 18ème arrondissement à Paris[3].
Le , Soa de Muse est annoncée comme l'une des dix candidates de la première saison de Drag Race France, un télécrochet diffusé sur France 2, déclinaison hexagonale d’une émission américaine qui consiste en un concours de drag-queens[9], où elle finit seconde, avec La Grande Dame, face à Paloma[1],[13],[14].
En juin 2024, elle incarne le personnage de Muse dans D&Drags, une mini-campagne diffusée sur la chaîne d'actual play La Bonne Auberge à l'occasion du Mois des fiertés LGBTQ[15].
Le , Soa de Muse est annoncée comme l'une des douze candidates de la première saison de RuPaul's Drag Race: Global All Stars, où elle finit neuvième[16].
Sa participation, et la visibilité à l'internationale qui en a découlé, elle à obtenue un rôle dans la pièce Woke, où elle joue le personnage imaginaire de Virginie Despentes, une drag queen rock and roll. Elle va également jouer dans Romancero Queer, un personnage qui s'addresse au public et qui ressemble à Soa[8].
Depuis, Soa de Muse se produit dans différents cabarets et pièces de théâtres. Dans le spectacle Diaspora, elle conçoit, en collaboration avec Shei Tan et Mami watta, un cabaret afro-futuriste queer aux dimensions politiques. Le collectif s'inscrit dans l'héritage de William Dorsey Swann, ancien esclave afro-américain considéré comme le premier individu à s'identifier comme drag queen au XIXème siècle et figure pionnière des luttes contre les droits LGBTQIA+[17].
La performance s'articule comme un acte à la fois festif et revendicatif, proposant de nouvelles mythologies destinées à dépasser les représentations stéréotypées pesant sur les personnes racisées. Le spectacle alterne séquences chorégraphiques, lip sync et numéros scéniques dynamiques avec des passages parlés plus intimistes, au cour desquels les artistes partagent leurs expériences et vulnérabilités. L'ensemble vise à célébrer la diversité et à affirmer des formes d'expression artistiques et identitaires en résistance aux normes dominantes[17].
Esthétique
[modifier | modifier le code]L'esthétique de Soa de Muse est fortement inspirée de sa culture afro-martiniquaise[18]. Avec sa participation à Drag Race France, Soa exprime son désir de partager « un clin d'œil à la communauté antillaise qui est un peu invisibilisée et un cri de guerre pour dire que maintenant, on est là »[19]. Soa a également exprimé son désir de performer en Martinique[6]. Son rêve est de créer un espace pour les performeur.se.s afro-descendantes. Elle s'inspire de son voyage au Brésil, où elle a pu découvrir les scènes racisées[20].
De plus, Soa est une performance. Une performance artistique mais également performative. Par son discours, sa danse et son chant, par ses habits et son maquillage, son personnage de drag produit une réalité qui fonde son identité solaire et plurielle. Comme le dirait la penseuse Susan Leigh Foster, elle performe chorégraphiquement son genre. Soa de Muse entend proposer une performance basée sur l'intersectionnalité[9].Plus profond encore, c’est dans son art que se distille aussi cette multiplicité des appartenances qui fondent son identité artistique et individuelle.
Vie privée et prise de position
[modifier | modifier le code]Soa de Muse est non-binaire et décrit son expérience du genre comme « ni homme ni femme, juste universel•le »[10]. Elle est très proche de la drag queen La Big Bertha[21].
Soa de Muse propose un drag politisé. Elle politise la scène comme l'espace public. Militante queer, antiraciste, et féministe, ses performances abordent de front les réalités sociales que vivent les personnes racisées et LGBTQIA+. Elle dénonce très souvent à travers ses représentations l’hypersexualisation des femmes noires et est très investie dans la lutte contre les violences policières[22].
Soa déplore la différence de traitement entre artistes, en même temps qu'elle affirme avoir déjà décliné des invitations sur des plateaux télé parce qu'ils véhiculent, selon elle, une image caricaturale des personnes noires. Elle affirme subir déjà au quotidien l’exotisation. Au travers de ses apparitions, notamment sur des plateaux télévisés, Soa souhaite projeter une image rassurante du drag auprès des personnes peu informées sur ce qu'est le drag[20].
Filmographie et Représentations
[modifier | modifier le code]Cinéma
[modifier | modifier le code]- 2017 : The Ladies Almanack de Daviel Shy : Arthur Cravan[23]
- 2023 : Maurice's Bar de Tom Prezman et Tzor Edery (court métrage) : Bobette (voix)[24]
Théâtre et Cabaret
- 2023: Gay Guerilla, de Gérard&Kelly[25] (Centre George Pompidou)
- 2025:
Télévision
[modifier | modifier le code]- 2022 :
- 2023 :
- Drag Race France : invitée (saison 2, épisode 2)[1],[29]
- 2024 :
- RuPaul's Drag Race: Global All Stars : candidate, neuvième place (saison 1)
- 2025 :
- Drag Race France All Stars : candidate, neuvième place (saison 1)
Web-séries
[modifier | modifier le code]Clips vidéo
[modifier | modifier le code]Discographie
[modifier | modifier le code]| Année | Titre | Artiste | Ref. |
|---|---|---|---|
| 2022 | Boom Boom | The Nails | [33] |
| 2023 | Counia Manmanw | Soa De Muse |
Tournées
[modifier | modifier le code]| Date | Ville | Pays | Lieu | Affluence |
|---|---|---|---|---|
| SEPTEMBRE 2022 | ||||
| Paris | Casino de Paris | Complet (1500 places) | ||
| Complet (1500 places) | ||||
| Complet (1500 places) | ||||
| Nancy | Ensemble Poirel | Complet (883 places) | ||
| Lille | Théâtre Sébastopol | Complet (1350 places) | ||
| Nantes | Cité des congrès de Nantes | Complet (1971 places) | ||
| Bruxelles | Cirque Royal | À déterminer | ||
| Marseille | CEPAC Silo | À déterminer | ||
| Bordeaux | Théâtre Femina | Complet (1125 places) | ||
| OCTOBRE 2022 | ||||
| Paris | Casino de Paris | Complet (1500 places) | ||
| Complet (1500 places) | ||||
| Complet (1500 places) | ||||
| Bordeaux | Théâtre Femina | À déterminer | ||
| Montpellier | Corum | À déterminer | ||
| Lyon | Bourse du travail de Lyon | Complet (1920 places) | ||
| Strasbourg | Palais de la musique et des congrès | À déterminer | ||
| Toulouse | Casino Barrière de Toulouse | Complet (1200 places) | ||
| Clermont-Ferrand | La Coopérative de Mai | À déterminer | ||
| Nice | Acropolis | À déterminer | ||
| NOVEMBRE 2022 | ||||
| Rennes | Le Liberté | À déterminer | ||
| Lyon | Bourse du travail de Lyon | |||
| Lille | Théâtre Sébastopol | |||
| Paris | Casino de Paris | |||
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Nicky Doll, Reines : l'art du drag à la française, Hors collection, , 224 p. (ISBN 978-2701403977)
Références
[modifier | modifier le code]- « Et voici les dix drag-queens candidates de « Drag Race France » », sur www.20minutes.fr (consulté le )
- ↑ « Paloma et Soa, les (drag) queens de l'été », sur France Inter, (consulté le )
- « Une soirée au cabaret avec la drag queen martiniquaise Soa de Muse », sur Outre-mer la 1ère (consulté le )
- « Seine-Saint-Denis », sur seinesaintdenis.fr (consulté le )
- « Je ne fais pas juste du visuel, il y a quelque chose de très politisé dans ce que je souhaite transmettre », sur KOMITID, (consulté le )
- « Soa de Muse : une Martiniquaise dans le premier drag show télévisé français » [archive du ], sur Outre-mer la 1ère (consulté le )
- ↑ « A Pigalle, la joyeuse renaissance de Madame Arthur, le tout premier cabaret travesti parisien », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
- Samuel Larochelle, « Soa de Muse, la drag afro-futuriste débarque à Montréal », sur Fugues, (consulté le )
- « Soa De Muse : tout à la fois – Regards.fr » (consulté le )
- « [VIDEO] Soa de Muse, artiste non-binaire martiniquaise, une des nouvelles figures de Marianne » [archive du ], sur RCI (consulté le )
- ↑ Christine Mateus, «Vous êtes celles que je donne pour modèles à mes filles»: la reconnaissance de Marlène Schiappa aux «Mariannes» [archive du ], sur leparisien.fr, (consulté le )
- ↑ « 109 Mariannes » [archive du ], sur Ministère de l'Intérieur (consulté le )
- ↑ Sarah Spitz, «Je suis vraiment née à 15 ans» : Soa de Muse, l’enfant de Seine-Saint-Denis, crève l’écran dans «Drag Race France», sur leparisien.fr, (consulté le )
- ↑ « Clermont-Ferrand. Hugo Bardin, qui s'était "inscrit sans trop y croire" remporte la finale de Drag Race sur France 2 », sur actu.fr (consulté le )
- ↑ [vidéo] « Quand le jeu de rôle déborde sur le monde réel | Tracks | ARTE », TRACKS - ARTE, , 17:0 min (consulté le )
- ↑ (en) Joey Nolfi, « Alyssa Edwards returns in 'Drag Race Global All Stars' cast: See the queens », sur Entertainment Weekly, (consulté le )
- « DIASPORA », sur Théâtre de la Croix-Rousse (consulté le )
- ↑ « Les queens » [archive du ], sur FranceTvPro.fr (consulté le )
- ↑ « Soa, une reine martiniquaise dans l'émission Drag Race France » [archive du ], sur France-Antilles,
- Estelle Ndjandjo, « Queens et Noires : comment les clichés racistes s’infiltrent jusque sur les scènes du drag », sur Mediapart, (consulté le )
- ↑ Queer Networks Inc, « Récap. Drag Race France épisode 7: Dieu m’a donné le drag », sur Hornet, (consulté le )
- ↑ Camille Lihoreau, « Drag Race France All Stars: qui est Soa de Muse ? », sur Diverto, 8 juillet 2025 à 14h45 (consulté le )
- ↑ ladiesalmanackfilm, « SOA DE MUSE AS ARTHUR CRAVAN », sur LADIES ALMANACK PROFILES (consulté le )
- ↑ Soa de Muse et Tom Prezman, Maurice's Bar, Sacrebleu Productions, (lire en ligne)
- ↑ « Gerard & Kelly - « Gay Guerrilla » 2023 (création) », sur www.centrepompidou.fr, (consulté le )
- ↑ « ROMANCERO QUEER | La Colline théâtre national », sur www.colline.fr (consulté le )
- ↑ « Passé Évènements depuis 7 avril ,2017 – 11 juin ,2021 › Cabaret Burlesque › – Page 3 », sur La nouvelle Seine, (consulté le )
- ↑ Manège, scène nationale- Reims, « BIA KAYSEL », sur Manège, scène nationale - Reims (consulté le )
- « Drag Race France : 7 moments qu’il ne fallait pas rater dans la finale de l’émission », sur elle.fr, (consulté le )
- ↑ (en-US) Maddie P, « Netflix's ‘Queen’: Release Date, Trailer, Cast, and Everything We Know So Far », sur Collider, (consulté le )
- ↑ « Drag Race x Tinder - YouTube », sur www.youtube.com (consulté le )
- ↑ « Paloma - Love, l'artère (Clip Officiel) » (consulté le )
- ↑ (en) « Boom Boom (The Nails) - Single », sur iTunes
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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