El-Mutrab
| Période d'activité |
IIIe et IVe siècles au Ve et VIe siècles |
|---|---|
| Localité moderne | |
| Unité présente | |
| Dimension du fort |
46,50 × 47 m (=0,22 ha) |
| Province romaine | |
| Statut de la localité | |
| Coordonnées |
El-Mutrab est un ancien fortin romain de l'Antiquité tardive dont le site archéologique se trouve sur le territoire de Ma'an (Gouvernorat de Ma'an, en Jordanie[1],[2].
Il se trouve entre le fort Dajaniya (au nord) et Khirbet es-Samra (au sud), à 5 km à l'est de la ville de Ma'an. C'était un poste militaire isolé du système de protection de la frontière du Limes Arabicus dans la province romaine d'Arabie[3].
Historique
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Les Romains contrôlaient les mouvements tribaux aux avant-postes de l'empire, notamment le long des principales routes migratoires, car les commandants des frontières locales étaient conscients du caractère cyclique de la vie nomade[4]. Les tribus nomades avaient tendance à suivre les chemins et sentiers naturels, en particulier les oueds, raison pour laquelle des postes militaires y furent établis, les unités stationnées en permanence assurant également la surveillance par des patrouilles montées[5].
Le site ne fut découvert qu'en 1897, lors d'une expédition menée par l' historien autrichien Alfred von Domaszewski (1856-1927) et le philologue germano-américain Rudolf Ernst Brünnow (1858-1917)[6].Il a fait l'objet d'une visite par l'orientaliste austro-hongrois Alois Musil en 1910[7].
Des recherches plus récentes suggèrent que le site pourrait également avoir été un caravansérail antique ou islamique, faisant partie d'un vaste domaine agricole datant de la fin de l'Antiquité et du début de la période islamique, ou encore un palais omeyyade du désert. Le site, largement intact jusqu'en septembre 2017, a été considérablement détruit par l'agriculture en mars 2018 ; il n'en reste aujourd'hui qu'un tiers. Des bulldozers ont été utilisés pour démolir le bâtiment, qui n'avait jamais fait l'objet de fouilles archéologiques, ainsi que tous les vestiges et éléments qui s'y trouvaient.
La destruction progressive a été documentée par le personnel des Archives photographiques aériennes pour l'archéologie au Moyen-Orient (APAAME). Ce projet d'archéologie aérienne est supervisé par les archéologues David Leslie Kennedy et Bob Bewley de l'Université d'Australie-Occidentale à Perth, en Australie[8].
Description
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El-Mutrab occupait une position isolée, sur un promontoire triangulaire en forme de plateau, à une altitude de 1 097 m, formé par la confluence de deux oueds : l'oued Maʿān et l'oued al-Mahatta[9].

La fortification, orientée est-ouest et de forme quasi carrée, mesurait environ 46,50 × 47 m et était construite en blocs de calcaire grossièrement taillés (selon Genequand : blocs de grès), incorporant du silex et des fragments de lave Plusieurs strates de ces murs ont été conservées[10].
El-Mutrab était dépourvu des tours défensives si caractéristiques des forts de l'Antiquité tardive, qui s'avançaient largement au-delà de la courtine. L'épaisseur de cette dernière était relativement faible, d'environ 0,75 m. L'unique entrée vers l'intérieur de la fortification, large de 2 m, était intégrée à la courtine orientale. Autre caractéristique typique des fortifications de l'Antiquité tardive, son agencement en cour centrale était typique. L'intérieur du complexe, régulièrement agencé, se composait ainsi d'une vaste cour centrale quadrangulaire entourée de suites de pièces rectangulaires. Ces pièces étaient orientées parallèlement à la courtine et leurs cloisons y étaient accolées à angle droit. La cour n'était pas entourée d'un portique.
L'approvisionnement en eau était assuré par un aqueduc, dont certaines parties sont encore bien conservées.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Références
[modifier | modifier le code]- ↑ (de) « El-Mutrab », sur fr.aroundus.com.
- ↑ (en) « El-Mutrab », sur archives.acorjordan.org.
- ↑ (en) Samuel Thomas Parker, The Limes Arabicus Project: the 1980 Campaign, Annual of the Department of Antiquities of Jordan, (no), 1981, p. 171-178.
- ↑ (en) « Roman Forts on the Arabian Frontier », sur Karak Ressources Project (consulté le ).
- ↑ (en) Samuel Thomas Parker, Romans and Saracens. A History of the Arabian Frontier (Dissertation Series/American Schools of Oriental Research 6), Eisenbrauns, Winona Lake, 1986 (ISBN 0-89757-106-1).
- ↑ (de) Alfred von Domaszewski, Rudolf Ernst Brünnow, Die Provincia Arabia auf Grund zweier in den Jahren 1897 und 1898 unternommenen Reisen und der Berichte früherer Reisender beschrieben. Band 2: Der äussere Limes und die Römerstrassen von el-Maan bis Boṣra, Trübner, Straßburg, 1905.
- ↑ (en) Alois Musil, The Northern Hěĝaz. A Topographical Itinerary (=Oriental Explorations and Studies 1), American Geographical Society, New-York 1926, p. 3-5.
- ↑ (en) David Leslie Kennedy, The Roman Army in Jordan, Council for British Research in the Levant, Henry Ling, London, 2004 (ISBN 0-9539102-1-0), p. 184–186.
- ↑ (en) Denis Genequand, Maʿān, an early Islamic settlement in southern Jordan: Preliminary report on a survey in 2002 in Annual of the Department of Antiquities of Jordan 47, 2003, p. 25–35.
- ↑ (en) Samuel Thomas Parker, Romans and Saracens. A History of the Arabian Frontier.(=Dissertation Series/American Schools of Oriental Research 6), Eisenbrauns, Winona Lake, 1986 (ISBN 0-89757-106-1), p. 100-102.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (en) David Leslie Kennedy, The Roman Army in Jordan, Council for British Research in the Levant, Henry Ling, London, 2004 (ISBN 0-9539102-1-0), p. 184–186.
- (en) George Macrae Findlater, Limes Arabicus, via militaris and Resource Control in southern Jordan, inn Philip Freeman, Julian Bennett, Zbigniew T. Fiema, Birgitta Hoffmann : Limes XVIII. Proceedings of the XVIIIth International Congress of Roman Frontier Studiesheld in Amman, Jordan (2000), Band 1 BAR Publishing (BAR International Series 1084, I), Oxford, 2002 (ISBN 1-84171-465-8), p. 137–152.
- (en) Zbigniew T. Fiema, The military presence in the countryside of Petra in the C6th, in Philip Freeman, Julian Bennett, Zbigniew T. Fiema, Birgitta Hoffmann : Limes XVIII. Proceedings of the XVIIIth International Congress of Roman Frontier Studiesheld in Amman, Jordan (2000). Band 1 BAR Publishing (BAR International Series 1084, I), Oxford, 2002 (ISBN 1-84171-465-8), p. 121–136.
- (en) George Macrae Findlater, Imperial control in Roman and Byzantine Arabia. A landscape interpretation of archaeological evidence in southern Jordan, The University of Edinburgh, 2003.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- Ressource relative à la géographie :