Fort de Gelduba
| Période d'activité |
Fin du Ier siècle au Ve siècle |
|---|---|
| Localité moderne | |
| Unité présente | |
| Dimension du fort |
170 × 140 m (=2,4 ha) |
| Province romaine | |
| Coordonnées |
Gelduba est un ancien fort romain et un vicus situé sur l'ancienne province romaine de Germanie inférieure dont le site archéologique se trouve sur le territoire de Krefeld (Rhénanie-du-Nord-Westphalie, en Allemagne)[1],[2].
Ce fort se trouve près du limes de Germanie inférieure, site inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2021[3].
Le fort fut construit près d'un oppidum ubien du même nom, en Basse-Rhénanie. La cité est particulièrement réputée pour sa nécropole, dont plus de 6 000 tombes ont fait l'objet de fouilles archéologiques. Ces sépultures furent utilisées du Ier au VIIIe siècle, offrant ainsi un rare exemple d'occupation continue du site de l'époque romaine à l'époque mérovingienne.
Recherches archéologiques
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Gelduba est mentionnée dans des sources antiques, notamment dans l'Histoire naturelle de Pline l'Ancien et à plusieurs reprises dans les Histoires de Tacite, en particulier en lien avec les événements de l'Année des quatre empereurs et la révolte des Bataves de 69/70. Dans l'Itinéraire d'Antonin, Gelduba est située entre Novaesium (Neuss) et Calo (de), à neuf lieues de chaque emplacement.

Les premiers écrits scientifiques sur le fort de Gelduba sont l'œuvre d'Anton Rein, recteur de l'école supérieure de Krefeld, en 1851 et 1857[4] et de Franz Stollwerck, instituteur d'Uerdingen, en 1877[5]. En 1896, August Oxé, professeur de lycée à Krefeld, fut le premier à mener des fouilles archéologiques à petite échelle avec rigueur scientifique, mettant au jour plusieurs tombes et les murs de forts auxiliaires. Par la suite, des recherches, également peu approfondies, furent menées au sud et au sud-est de Gellep en 1914 et 1930 par le Rheinisches Landesmuseum Bonn (plus récemment sous la direction de Kurt Bittel), mais elles ne permirent pas de résultats significatifs. En 1934, Le début des fouilles systématiques à grande échelle à Gellep est étroitement lié au nom d'Albert Steeger, géologue et proviseur d'un collège. À sa mort en 1958, il avait fouillé 1 198 sépultures. Renate Pirling, directrice du Centre muséal de Burg Linn, poursuivit ses travaux dans la nécropole romano-franque de 1959 à 1994, où plus de 6 000 tombes ont été exhumées à ce jour[6]. Wilhelm Piepers (1954 et 1955) et Gustav Müller (1958), du musée d'État de Rhénanie à Bonn, menaient des fouilles dans la zone du vicus. La zone du fort fut explorée dans les années 1960 par Christoph B. Rüger et Ilse Paar[7]. À partir du début des années 1980, Christoph Reichmann (directeur du Centre muséal du château de Linn de 1996 à 2016 [8]) dirigea les fouilles menées dans le fort et la zone du vicus.
Description
[modifier | modifier le code]Un cimetière était utilisé sur le site au moins depuis le règne de Néron (54-68 apr. J.-C.)[9].
Le fort
[modifier | modifier le code]Tacite mentionne l'endroit comme site d'un camp romain et d'une bataille lors de la révolte des Bataves en 69-70. Par la suite, un castellum y fut construit, selon l'Histoire naturelle de Pline l'Ancien. Le fort initial, en bois et en terre, connut trois phases de construction avant d'être transformé en pierre vers 150 apr. J.-C. Il était tenu par la Cohorte II Varcianorum equitata.

Il fut détruit par les Francs après la révolte de Postume en 259, puis de nouveau en 275-276[10]. Sous la Tétrarchie, il fut reconstruit avec seulement un rempart de pierre. En 295, il fut élevé au rang de castrum. En 353-355, sous le règne de Magnence, il fut à nouveau détruit par les Francs. Valentinien Ier (364–375) la fit reconstruire. Vers 380, des tours semi-circulaires et de nouveaux fossés y furent ajoutés. Elle continua d'être utilisée comme forteresse romaine au moins jusqu'au Ve siècle[11].
Le village
[modifier | modifier le code]Le vicus de Gelduba était encore habité au début du Ve siècle, mais fut détruit par un incendie un siècle plus tard. Le cimetière resta en usage continu jusqu'à la fin du VIIIe siècle. À l'époque romaine, le fort et le village l'utilisaient. Les tombes des auxiliaires germaniques de la fin de l'Empire se distinguent par leur mobilier funéraire. Au cours du IVe siècle, l'orientation des tombes passa du nord au sud, puis à l'est-ouest, et la quantité de mobilier funéraire diminua. Vers le milieu du Ve siècle, les tombes acquièrent un caractère mérovingien marqué. Un nouvel espace funéraire fut aménagé à l'extrémité ouest de l'espace existant, avec un tumulus surmontant une tombe richement ornée. D'autres Francs fortunés sont enterrés autour du tumulus. Durant la période mérovingienne, le cimetière continua d'être utilisé par toutes les classes sociales.
Galerie
[modifier | modifier le code]-
Spangenhelm (VIe siècle).
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Couteau de poche romain et reconstruction.
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Pierre tombale romaine
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Poterie romaine.
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Verrerie romaine (IVe siècle).
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Céramique (IIIe siècle).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Références
[modifier | modifier le code]- ↑ (en) « Gelduba (Krefeld-Gellep) », sur livius.org
- ↑ (en) « The Battle of Gelduba,AD 69 », sur benedante.blogspot.com.
- ↑ (en) « Frontières de l’Empire romain – le limes de Germanie inférieure », sur whc.unesco.org.
- ↑ (de) Anton Rein, Gelduba, das heutige Gellep oder Gelb, und die nächsten Rheinkastelle der Römer, Krefeld 1851, Anton Rein, Die römischen Stationsorte und Straßen zwischen Colonia Agrippina und Burginatium und ihre noch nicht veröffentlichten Altertümer, Krefeld, 1857.
- ↑ (de) Franz Stollwerck, Die celtubisch-römische Niederlassung Gelduba zwischen Novaesium und Asciburgium, Selbstverlag, Uerdingen, 1877.
- ↑ (de) Renate Pirling, Ein fränkisches Fürstengrab aus Krefeld-Gellep, in Germania 42, 1964, p. 188–216.
- ↑ (de) Ilse Paar, Christoph B. Rüger, Kastell Gelduba in Rheinische Ausgrabungen, 10, Rheinland-Verlag, Düsseldorf, 1971, p. 242–339.
- ↑ (de) Christoph Reichmann, Die spätantiken Befestigungen von Krefeld-Gellep, Archäologisches Korrespondenzblatt 17 (1987), p. 507–521.
- ↑ (en) Brulet, Raymond (2018), Krefeld-Gellep in Nicholson, Oliver (ed.), The Oxford Dictionary of Late Antiquity, Oxford, Oxford University Press (ISBN 978-0-19-866277-8).
- ↑ (de) König, Ingemar (1981), Die gallischen Usurpatoren von Postumus bis Tetricus, C.H. Beck (ISBN 3-406-04801-3).
- ↑ (en) Dietz, Karlheinz (2006), Gelduba, Brill's New Pauly Online, Brill, doi:10.1163/1574-9347_bnp_e420920.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (de) Wilhelm Piepers, Dorothea Haupt, Gelduba. Die Ausgrabungen der Jahre 1954/55 in Rheinische Ausgrabungen 3, Rheinland-Verlag Cologne, Bonn, 1968, p. 213-315.
- Feinendegen/Vogt, Krefeld–die Geschichte der Stadt, Band 1. Chr. Reichmann–Kapitel III: Römerzeit – die römischen Eroberungen, p. 102–174, Verlag van Ackeren, Krefeld, 1998 (ISBN 3-9804181-6-2).
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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