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Khamoudy

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Khamoudy
Nom en hiéroglyphe
M12G1G17V1D46
Z4
T14A1
Transcription Ḫˁ-mw-di
Période Deuxième Période intermédiaire
Dynastie XVe dynastie
Fonction principale Pharaon
Prédécesseur Apophis Ier
Dates de fonction -1541 à -1531 (selon K. S. B. Ryholt)
Successeur Ahmôsis Ier

Khâmoudy est le dernier roi de la XVe dynastie hyksôs, au pouvoir dans la partie nord de l'Égypte.

Attestations

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Source historique

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Le roi est attesté de manière certaine uniquement sur le Canon royal de Turin, à la dixième colonne, ligne 28, en tant que dernier roi de la XVe dynastie[1].

Sources contemporaines

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Un sceau-cylindre d'origine inconnue, mais probablement originaire de Byblos[2], porte un cartouche dont l'inscription pourrait porter le nom de « Khâmoudi ». Cette interprétation est contestée par l'égyptologue Kim Ryholt, qui propose que le cartouche porte plutôt l'inscription « Kandy » et fasse référence à un roi jusqu'alors inconnu[3]. Il a également été suggéré que le nom a été inscrit sur le sceau simplement pour combler l'espace, et non comme une référence explicite à Khâmoudy[4]. Le sceau est actuellement conservé au musée Petrie, sous la cote UC 11616[4].

Le verso du papyrus Rhind, qui mentionne l'an 11 d'un roi non nommé, des évènements liés à la chute d'Avaris et le roi Ahmôsis Ier comme « Celui du Sud », pourrait se référer à Khâmoudy, comme le suggère Thomas Schneider[5]. Le recto du papyrus est quant à lui daté de l'an 33 du règne d'Apophis Ier. Comme l'écrit Thomas Schneider[6] :

« Une autre longueur de règne peut être déduite de la note sur le verso du papyrus mathématique Rhind qui dit que dans la 11e année du règne du roi régnant (Khâmoudy), Héliopolis a été vaincue par le roi « Celui du Sud » qui a attaqué et pris Silé. Comme « Celui du Sud » doit désigner le souverain de Thèbes Ahmôsis Ier, l'année de règne 11 ne peut être attribuée qu'au roi Hyksôs successeur d'Apophis Ier, Khâmoudy. »

Il est généralement admis qu'Ahmôsis Ier a vaincu les Hyksôs lors de sa 18e ou 19e année. Ceci est suggéré par un graffiti dans la carrière de Tourah : ce graffiti indique en effet que la carrière a été rouverte par l'utilisation de bœufs dans la 22e année de règne d'Ahmôsis Ier[5], cela signifie que le règne de Khâmoudy doit se terminer au plus tard vers l'an 18 ou 19 des 25 ans de règne d'Ahmôsis Ier[5].

Kim Ryholt considère que le roi Hotepibrê, attesté par trois sceaux-scarabées datés de la XVe dynastie (deux ont été découverts à Jéricho et le troisième est de provenance inconnue mais est réputé provenir de Jéricho ou d'Hébron[7]), doit correspondre au roi Khâmoudy[8]. Cette théorie ne peut tenir que par la reconstruction de la période par ce spécialiste et reste donc très hypothétique. De plus, les scarabées, provenant tous de l'ancienne Canaan, ont plusieurs irrégularités, déjà notés par Ryholt[9] ; de par ces éléments, Ben-Tor, Allen et Allen suggèrent qu'il s'agit de scarabées de production canaanéenne et ne portent donc pas le nom d'un roi égyptien, fusse-t-il d'origine sémitique[7].

Compte tenu du peu de documents datant du règne de Khâmoudy, Ryholt a suggéré que celui-ci aurait été bref, n'excédant pas un an[10]. Dans ce cas, Khâmoudy n'aurait hérité que du trône hyksôs[11], ayant peut-être déjà été vaincu à Sharouhen, dernier bastion hyksôs dans le désert du Néguev.

Cette hypothèse est contestée par d'autres chercheurs, comme Manfred Bietak et Thomas Schneider, qui mentionnent l'année 11 d'un roi inconnu sur le papyrus mathématique Rhind. Schneider pense que Khâmoudy a été vaincu vers l'an 18 ou 19 du règne d'Ahmôsis Ier[5].

Notes et références

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  1. Ryholt 1997, p. 119.
  2. Petrie 1917, Pl. XIX, en bas.
  3. Ryholt 1997, p. 388.
  4. a et b (en) « Sceau-cylindre UC 11616 » (consulté le )
  5. a b c et d Schneider 2006, p. 195.
  6. Schneider 2006, p. 194-195.
  7. a et b Ben-Tor, Allen et Allen 1999, p. 62.
  8. Ryholt 1997, p. 121 et 388.
  9. Ryholt 1997, p. 52.
  10. Ryholt 1997, p. 201.
  11. Baker 2008, p. 174.

Bibliographie

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  • (en) William Matthew Flinders Petrie, Scarabs and cylinders with names : illustrated by the Egyptian collection in University College, London, Londres, School of Archaeology in Egypt, (lire en ligne) ;
  • (en) K. S. B. Ryholt, The Political Situation in Egypt during the Second Intermediate Period, c. 1800–1550 BC, Copenhague, Museum Tusculanum Press, coll. « Carsten Niebuhr Institute Publications » (no 20), , 463 p. (ISBN 87-7289-421-0, lire en ligne) ;
  • (en) Daphna Ben-Tor, Susan Allen et James Peter Allen, « Seals and Kings », Bulletin of the American Schools of Oriental Research, no 315,‎ , p. 47–74 (lire en ligne) ;
  • (en) Darrell D. Baker, The Encyclopedia of the Pharaohs : Volume I : Predynastic to the Twentieth Dynasty 3300–1069 BC, Stacey International, , 587 p. (ISBN 978-1-905299-37-9) ;
  • (en) Thomas Schneider, « The Relative Chronology of the Middle Kingdom and the Hyksos Period (Dyns. 12-17) », dans Erik Hornung, Rolf Krauss & David Warburton (dir.), Ancient Egyptian Chronology (Handbook of Oriental Studies), Brill, , 168-197 p. (ISBN 978-90-04-11385-5).