Salitis
| Salitis | |
| Période | Deuxième Période intermédiaire |
|---|---|
| Dynastie | XVe dynastie |
| Fonction principale | roi |
| Prédécesseur | Thoutimaïos |
| Successeur | Beon |
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Salitis (Σαλιτις) ou Saites (Σαιτης) est le premier souverain de la XVe dynastie selon l'Ægyptiaca de Manéthon[1].
Biographie
[modifier | modifier le code]Salitis est principalement connu grâce à quelques passages de l'ouvrage de Flavius Josèphe, Contre Apion ; Josèphe prétendait rapporter les propos originaux de Manéthon. Il semble que, sous le règne d'un pharaon égyptien nommé Thoutimaïos, une armée étrangère venue du Proche-Orient s'empara soudainement du delta du Nil sans combattre. Après avoir conquis Memphis et probablement déposé Timée, les envahisseurs commirent de nombreuses atrocités, comme la destruction de villes et de temples, ainsi que le massacre ou la capture des Égyptiens autochtones[2]. Ensuite, ils firent roi l'un des leurs, nommé Salitis. Il résida à Memphis et exigea un tribut de la Haute et de la Basse-Égypte, et fit construire des forteresses aux endroits les plus stratégiques[3].
Salitis était déterminé à consolider son emprise sur ses nouvelles conquêtes. C’est pourquoi il fortifia les frontières orientales et chercha une position stratégique pour établir une place forte imposante d’où il pourrait dominer les Haut-Égyptiens, farouchement indépendants. L’ayant trouvée dans la ville d’Avaris, sur la rive orientale du bras bubastique du Nil[4], Salitis fonda cette ville et la rendit extrêmement sûre grâce à des murailles, y installant une importante armée – jusqu’à 240 000 hommes – comme garde-frontière. Il s’y rendait chaque été, en partie pour distribuer des rations et la solde, et en partie pour entraîner ses hommes avec soin aux exercices militaires, afin d’intimider les étrangers[5]. Salitis mourut après 19 ans de règne et son trône passa à un autre Asiatique nommé Bnon ou Beon[6].
Identité
[modifier | modifier le code]Le premier roi de la dynastie a été identifié, par les différents chercheurs, à différents rois attestés dans le registre archéologiques. On peut noter par exemple l'identitication à Maâibrê Shéshi par Claude Vandersleyen[7] ou à Semqen par Kim Ryholt[8].
Il est également à noter que Sharek, nom royal noté en tant que prédécesseur d'Apophis sur une généalogie d'un grand prêtre de Ptah pendant la XXIIe dynastie, a été souvent assimilé à Salitis, dont Vandersleyen[7] ou encore Thomas Schneider[9].
Quant à Thoutimaïos, il a parfois été assimilé à Djedneferrê Dedoumes de la XIIIe dynastie[10], mais cette hypothèse n'est pas partagée par tous[11].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ (en) Peter Lundström, « Listes de Manéthon », sur Pharaoh.se (consulté le )
- ↑ Josèphe 2007, I : 75-76.
- ↑ Josèphe 2007, I : 77.
- ↑ Josèphe 2007, I : 77-78.
- ↑ Josèphe 2007, I : 78-80.
- ↑ Josèphe 2007, I : 80-91.
- Vandersleyen 1995, p. 662.
- ↑ Ryholt 1997, p. 125.
- ↑ Schneider 2006, p. 194.
- ↑ Hayes 1973, p. 42-76.
- ↑ Helck, Otto et Westendorf 1986.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (en) Flavius Josèphe, Against Apion – Translation and commentary by John M. G. Barclay, Leiden-Boston, Brill, (ISBN 978-90-04-11791-4) ;
- (en) William C. Hayes, « Egypt: from the death of Ammenemes III to Seqenenre II », dans I.E.S. Edwards, The Cambridge Ancient History (3rd ed.), vol. II, Cambridge University Press, (ISBN 0-521-08230-7, lire en ligne), partie 1, p. 42–76 ;
- (de) Wolfgang Helck, Eberhard Otto et Wolfhart Westendorf, Lexikon der Agyptologie, vol. 6, Otto Harrassowitz Verlag, ;
- Claude Vandersleyen, L'Égypte et la Vallée du Nil : De la fin de l'Ancien Empire à la fin du Nouvel Empire, t. 2, Paris, PUF, coll. « Nouvelle Clio », , 710 p. (ISBN 978-2130465522) ;
- (en) K. S. B. Ryholt, The Political Situation in Egypt during the Second Intermediate Period, c. 1800–1550 BC, Copenhague, Museum Tusculanum Press, coll. « Carsten Niebuhr Institute Publications » (no 20), , 463 p. (ISBN 87-7289-421-0, lire en ligne) ;
- (en) Thomas Schneider, « Middle Kingdom and the Second Intermediate Period », dans Erik Hornung, Rolf Krauss, David A. Warburton, Ancient Egyptian Chronology, Leyde, Londres, Brill, coll. « Handbook of Oriental Studies, Section One, The Near and Middle East » (no 83), (ISBN 978-90-04-11385-5).