Sahathor
| Sahathor | |
Fragment du Canon royal de Turin mentionnant Sahathor. | |
| Période | Deuxième Période intermédiaire |
|---|---|
| Dynastie | XIIIe dynastie |
| Fonction principale | roi |
| Prédécesseur | Khâsekhemrê Neferhotep Ier |
| Successeur | Khâneferrê Sobekhotep |
| Famille | |
| Grand-père paternel | Nehy |
| Grand-mère paternelle | Senebtisy |
| Père | Haânkhef |
| Mère | Kemi |
| Enfant(s) | ♂ Sobekhotep |
| Fratrie | ♂ Khâsekhemrê Neferhotep Ier ♂ Khâneferrê Sobekhotep |
| Sépulture | |
| Emplacement | probablement à Abydos, près de celles de ses frères |
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Sahathor est un roi de la XIIIe dynastie.
Attestations
[modifier | modifier le code]Attestations contemporaines
[modifier | modifier le code]Les attestations de Sahathor avant qu'il ne soit roi datent toutes du règne de son frère Khâsekhemrê Neferhotep et le mentionnent comme « fils du roi », titre donné à cette époque aux frères du roi dont le père n'est pas roi[note 1],[1],[2] :
- deux statuettes découvertes dans la hout-ka de Heqaib à Éléphantine, l'une d'elles est conservée au musée de la Nubie d'Assouan (no 1347),
- une inscription rupestre sur l'île de Sehel où il est mentionné avec ses parents et ses frères[3],
- une inscription rupestre sur la route d'Assouan à Konosso[note 2] où il est mentionné avec ses parents et ses frères, l'épouse de son frère aîné Senebsen et leurs deux enfants Haânkhef et Kemi[3].
Les attestations datant de son règne sont douteuses de par la maladresse de leur réalisation et le manque clair de signe de royauté[1],[4],[5] :
- une perle de provenance inconnue et conservée au Brooklyn Museum (44.123.163),
- un sceau-cylindre en stéatite donnant le nom de son père Haânkhef, de provenance inconnue et conservé au Musée Petrie (UC 11571)[6].
Deux attestations mentionnent Sahahtor après son règne et datent du règne de son frère Khâneferrê Sobekhotep, là aussi, il est titré « fils du roi », ce qui tendrait à prouver qu'il n'a pas régné, à moins que son frère ait voulu se référer uniquement à son frère aîné dont le règne semble avoir été exemplaire[7] :
- une statue de Sahathor provenant de Thèbes-Ouest[8],
- une stèle du Ouadi Hammamat où le roi Khâneferrê Sobekhotep mentionne ses trois fils (Sobekhotep Miou, Sobekhotep Djadja et Haânkhef Iykhernofret), ses deux frères le roi Néferhotep et le « fils du roi » Sahathor ainsi que leurs parents Haânkhef et Kemi[9].
Quelques autres sceaux mentionnant un « fils de roi, Sahathor » sont connus, mais Ryholt conclut qu'ils peuvent correspondre à un autre Sahathor[1].
Attestation postérieure
[modifier | modifier le code]Selon la dernière lecture du Canon royal de Turin par Ryholt, Sahathor y est inscrit sur la colonne 7, ligne 26 ; le papyrus lui attribue un règne de 0 an, x+1 mois et x+3 jours, soit un règne extrêmement court correspondant à l'état actuel du registre archéologique[10],[11].
Famille
[modifier | modifier le code]Sahathor semble être issu d'une famille thèbaine[note 3] non royale ayant une formation militaire[12],[13]. Son grand-père, Nehy, portait le titre d'« officier d'un régiment de ville ». Nehy était marié à une femme appelée Senebtisy. On ne sait rien d'elle, si ce n'est qu'elle portait le titre commun de « maîtresse de maison ». Leur seul fils connu s'appelait Haânkhef[14],[15]. Haânkhef apparaît toujours dans les sources comme le « père de Dieu » et le « sceau royal » et sa femme Kemi comme la « mère du roi », ce qui indique qu'aucun des deux n'était de naissance royale. La filiation de Haânkhef et de Khâsekhemrê Neferhotep Ier, frère de Sahathor, est directement confirmée par un certain nombre de scarabées, où le premier serait le père du second[16],[17]. Haânkhef est également explicitement mentionné comme le père de Khâsekhemrê Neferhotep dans le Canon royal de Turin. C'est un fait extrêmement rare car ce papyrus ne nomme normalement que les rois, alors que les personnes non royales sont exclues de la liste[16],[17].
Son prédécesseur Khâsekhemrê Neferhotep Ier et son successeur Khâneferrê Sobekhotep sont ses frères. Il aurait un fils nommé Sobekhotep[18],[19].
Sépulture
[modifier | modifier le code]À partir de 2013, l'égyptologue et archéologue Josef W. Wegner de l'université de Pennsylvanie a dirigé les fouilles du tombeau et du complexe funéraire de Sésostris III à Abydos-Sud ainsi que de la nécropole environnante, au pied d'une colline naturelle connue des anciens Égyptiens sous le nom de « montagne d'Anubis ». Cette nécropole comprend des tombes royales datant de la Deuxième Période intermédiaire ainsi que de la fin du Moyen Empire. Deux grandes tombes en particulier, S9 et S10, sont aujourd'hui considérées comme appartenant aux frères rois de Sahathor, Khâsekhemrê Neferhotep Ier et Khâneferrê Sobekhotep[20]. En effet, les preuves recueillies dans les tombes royales voisines, comme celle de Ouseribrê Senebkay, révèlent qu'un roi Sobekhotep a été enterré dans S10, qui doit être Khâneferrê Sobekhotep étant donné la taille de la tombe, sa datation générale et son emplacement à Abydos. Par extension, S9 est susceptible d'appartenir à Khâsekhemrê Neferhotep Ier[21],[22].
Ces attributions sont cruciales pour localiser la tombe de Sahathor, car Wegner a en effet trouvé une sépulture royale inachevée au nord-est immédiat de S10, à l'est de S9. Selon lui, sa position suggère très fortement qu'elle était destinée à l'héritier choisi de Khâsekhemrê Neferhotep, Sahathor. La sépulture semble avoir été abandonnée à la mort de son propriétaire, son sarcophage massif en granit ayant été réutilisé plus tard, pendant la chaotique deuxième partie de la Deuxième Période intermédiaire[20].
Titulature
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Le titre de « fils du roi » est ainsi donné aux frères de Sekhemrê-Souadjtaouy Sobekhotep, Séneb et Khâkaou, ainsi qu'à Khâneferrê Sobekhotep, autre frère de Sahathor, titré tout comme lui ainsi sur les monuments de Khâsekhemrê Neferhotep.
- ↑ Inscription De Morgan 79.
- ↑ Selon la stèle JE 51911 trouvée à Karnak, le roi Khâneferrê Sobekhotep serait né à Thèbes (Ryholt 1997, p. 226).
Références
[modifier | modifier le code]- Ryholt 1997, p. 348.
- ↑ Siesse 2019, p. 386.
- Siesse 2019, p. 141.
- ↑ Baker 2008, p. 430.
- ↑ Siesse 2019, p. 142 et 386-387.
- ↑ (en) « UC 11571 »
- ↑ Siesse 2019, p. 143 et 386.
- ↑ Davies 1998, p. 177-179.
- ↑ Siesse 2019, p. 140-143.
- ↑ Ryholt 1997, p. 73.
- ↑ Siesse 2019, p. 27.
- ↑ Rice 1999, p. 131.
- ↑ Siesse 2019, p. 140-141.
- ↑ Ryholt 1997, p. 225-226.
- ↑ Siesse 2019, p. 139-141.
- Ryholt 1997, p. 225.
- Siesse 2019, p. 139.
- ↑ Ryholt 1997, p. 228.
- Siesse 2019, p. 142.
- Wegner et Cahail 2021, p. 242.
- ↑ Wegner 2015, p. 68-78.
- ↑ Wegner et Cahail 2015, p. 123–164.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (en) Kim Steven Bardrum Ryholt, The Political Situation in Egypt during the Second Intermediate Period, c.1800-1550 BC, vol. 20, Copenhague, Carsten Niebuhr Institute Publications, Museum Tusculanum Press, (lire en ligne) ;
- Julien Siesse, La XIIIe dynastie : Histoire de la fin du Moyen Empire égyptien, Paris, Sorbonne Université Presses, coll. « Passé Présent », (ISBN 9791023105674) ;
- (en) Michael Rice, Who is who in Ancient Egypt, London & New York, Routledge, (ISBN 0-203-44328-4) ;
- (en) Darrell D. Baker, The Encyclopedia of the Pharaohs: Volume I - Predynastic to the Twentieth Dynasty 3300–1069 BC, Stacey International, (ISBN 978-1-905299-37-9) ;
- (en) Vivian Davies, « A Statue of the King's Son, Sahathor, from Thebes », dans Rainer Stadelmann (éd.), Heike Guksch, Daniel Polz, Stationen Beiträge zur Kulturgeschichte Ägyptens, , 177-179 p. (ISBN 3-8053-2526-6) ;
- (en) Josef W. Wegner, « A royal necropolis at south Abydos: New Light on Egypt's Second Intermediate Period », Near Eastern Archaeology, vol. 78, no 2, , p. 68–78 ;
- (en) J. Wegner et K. Cahail, « Royal Funerary Equipment of a King Sobekhotep at South Abydos: Evidence for the Tombs of Sobekhotep IV and Neferhotep I? », JARCE, no 15, , p. 123–164 ;
- (en) Josef Wegner et Kevin Cahail, King Seneb-Kay's Tomb and the Necropolis of a Lost Dynasty at Abydos, Philadelphie, University of Pennsylvania Press, , 386 p. (ISBN 978-1949057096).