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Mendikote

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Mendikote
Image illustrative de l’article Mendikote
Géographie
Altitude 816 m[1]
Massif Montagnes basques
Coordonnées 43° 08′ 45″ nord, 2° 07′ 36″ ouest[1]
Administration
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Communauté autonome Pays basque
Province Guipuscoa
Géolocalisation sur la carte : Espagne
(Voir situation sur carte : Espagne)
Mendikote
Géolocalisation sur la carte : Montagnes basques
(Voir situation sur carte : Montagnes basques)
Mendikote
Géolocalisation sur la carte : Pays basque
(Voir situation sur carte : Pays basque)
Mendikote

Mendikote ou Mendikute (également attesté sous les formes Mendicute ou Mendecute) est un mont du Guipuscoa, situé dans la commune d'Albiztur sur un contrefort de l'Hernio, à environ 816 mètres d'altitude. Il est connu pour ses vestiges archéologiques, son ancienne exploitation minière et les légendes qui l'associent à la déesse Mari.

Le toponyme Mendikote, Mendicute ou Mendecute semble dériver d'une ancienne dénomination d'origine latine. Selon l'analyse proposée notamment par le linguiste Koldo Mitxelena, il pourrait provenir de l'expression latine Mons acutus ou Monte acutu, signifiant « mont aigu » ou « montagne pointue ». Cette forme aurait évolué phonétiquement vers des variantes telles que Mondacut(e), Mondecut(e) puis Mendecute, avant d'aboutir à la forme actuelle Mendikote[2],[3].

Cette hypothèse suggère que le nom serait d'origine latine ancienne plutôt que romane, ce qui indiquerait une dénomination très ancienne du relief. La présence de l'élément basque mendi (« montagne ») dans la forme actuelle pourrait résulter d'une adaptation ou d'une réinterprétation populaire du toponyme au fil du temps.

La forme latine apparaît dans un document de 1234 du roi Ferdinand III de Castille mentionnant le site sous le nom de Castrum montis acuti[2].

D'après les toponymes et les vestiges archéologiques découverts dans la région, le site aurait pu être exploité comme mine d'argent à l'époque romaine.

À proximité du sommet se trouve une ancienne mine appelée Gentillen meatzea (« la mine des Jentilak »), ainsi qu'une grotte associée dans la tradition populaire à la déesse Mari[4].

Le Diccionario histórico-geográfico del País Vasco d'Académie royale d'histoire décrit l'existence sur le sommet d'un ancien château entouré de murs de maçonnerie d'environ six pieds d'épaisseur, formant un octogone irrégulier. Au centre se trouvaient les vestiges d'un mur et d'un puits quadrangulaire. Une fortification avancée se situait à l'est du château principal, où se trouvait également l'entrée, tandis qu'une sortie s'ouvrait vers le sud entre des rochers[2].

Depuis la forteresse, une ouverture étroite permet d'accéder à une grotte composée d'une vaste salle centrale entourée de cavités. Un conduit d'environ quarante-cinq états de longueur y est décrit, où l'on peut observer des formations cristallisées produites par l'eau s'écoulant des parois rocheuses[2].

Recherches archéologiques

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La grotte a fait l'objet de relevés détaillés par la société de sciences d'Aranzadi, complétant ceux publiés dans l'étude biospéologique de Cándido Bolívar, Henri Breuil et René Jeannel.

L'archéologue Ignacio Barandiarán a systématisé les principaux vestiges du site :

  • un fragment de chaussée antique au lieu-dit Insurbe, que Antonio García y Bellido considérait en 1954 comme pouvant dater de l'époque romaine ;
  • les restes d'un château fouillé en 1911 par Isaac López Mendizábal et Emilio Rotondo Nicolau, présentant des caractéristiques similaires à celles des forteresses d'Aitzorrotz, Ausa Gaztelu et Jentilbaratza, liées à l'organisation défensive médiévale de la région après le passage du Guipuscoa sous domination d'Alphonse VIII de Castille en 1200 ;
  • une mine de galène argentifère située à proximité, où López Mendizábal rapporte la découverte d'outils romains en 1899[2].

Le site pourrait correspondre au lieu mentionné sous la forme latine Castrum Montis Acuti dans un document de 1234 relatif à un accord entre Ferdinand III de Castille et Thibaut Ier de Navarre. Certains historiens l'identifient également au site nommé Arzorociam par Rodrigo Jiménez de Rada lors du récit de la conquête du Guipuscoa en 1200[2].

La tradition populaire rapporte qu'une grotte du mont Mendikote est l'une des demeures de la déesse Mari. Une légende recueillie à Errezil raconte qu'un homme y pénétra et que Mari lui offrit du cidre, affirmant qu'il était fait avec ce qu'elle avait pris à ceux qui produisaient du cidre sans déclarer la véritable quantité de leur récolte[5].

Notes et références

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  1. a et b Mendikote sur l'IGN espagnol.
  2. a b c d e et f (es) Auñamendi Eusko Entziklopedia, « Mendikute », Donostia-San Sebastián, Eusko Ikaskuntza (consulté le )
  3. (es) Auñamendi Eusko Entziklopedia, « Kute », Donostia-San Sebastián, Eusko Ikaskuntza (consulté le )
  4. (es) Emeterio Sorazu Ugartemendia, Antropología y religión en el pueblo vasco, San Sebastián, Caja de Ahorros Provincial de Guipúzcoa, , 364 p. (ISBN 9788450036169)
  5. (es) Bernardo Estornes Lasa, Enciclopedia general ilustrada del País Vasco : Cuerpo A, Diccionario enciclopédico vasco. 26. Lle - Marruza, t. 26, San Sebastián, Auñamendi, , 576 p. (ISBN 9788470252310)

Bibliographie

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