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Urocyon

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Urocyons, Renards gris (Lato sensu)

Urocyon
Description de cette image, également commentée ci-après
En haut un renard gris d’Amérique (Urocyon cinereoargenteus), en bas un renard gris insulaire (Urocyon littoralis)
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Cohorte Placentalia
Ordre Carnivora
Sous-ordre Caniformia
Famille Canidae

Tribu

Urocyonini
Trouessart, 1885
(Non répertorié sur les bases de données)

Genre

Urocyon
Baird, 1857

Urocyon, les Urocyons[1], sont un genre de mammifères carnivores de la famille des canidés originaire du continent américain. Bien qu’ils soient plus communément désignés sous le nom de « renard gris », ils ne sont ni apparentés aux vrais renards du genre Vulpes, ni de la tribu des Vulpini, ni aux canidés sud-américains de la sous-tribu Cerdocyonina, mais forment une tribu à part du nom de Urocyonini. Un séquençage complet du génome indique que le genre Urocyon serait le plus basal parmi tous les canidés actuels[2].

Étymologie

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Le terme « Urocyon » dérive du grec ancien : οὐρά (ourá ; « queue ») et κύων (kúōn ; « chien »)[3].

Systématique et évolution

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Les renards gris sont généralement reconnus comme un genre distinct, bien que Clutton-Brock, Corbet et Hills (1976) les aient placés dans le genre Vulpes et Van Gelder (1978) dans le genre Canis (sous-genre Vulpes). Urocyon littoralis a parfois été considéré comme conspecifique de Urocyon cinereoargenteus, mais des études récentes confirment qu’il s’agit d’espèces distinctes. Une population de U. cinereoargenteus de l’Isla Tiburón pourrait représenter une espèce à part entière[4].

Espèces actuelles

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Espèce Localisation Statut UICN
Renard gris d'Amérique
(Urocyon cinereoargenteus)

(Schreber, 1775)

Moitié sud de l’Amérique du Nord, du Sud du Canada au Nord de l’Amérique du Sud (Venezuela et Colombie), à l’exception des montagnes du Nord-Ouest des États-Unis.
Renard gris insulaire

(Urocyon littoralis)
Baird, 1857

Îles Anglo-Normandes (Channel Islands) au large de la Californie méridionale.

Les analyses morphologiques et moléculaires modernes placent Urocyon comme groupe frère de tous les autres canidés actuels. La divergence avec les autres lignées canidées remonterait à environ 16,5 millions d’années, tandis que la séparation entre les deux espèces actuelles daterait d’environ un million d’années[5],[6].

Espèces fossiles

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Espèce Auteur(s) et date Période et localisation du spécimen type
†Urocyon citrinus Tedford et al., 2009 Début de l’Irvingtonien, comté de Citrus, Floride[7].
†Urocyon galushai Tedford et al., 2009 Fin du Blancan, vallée de San Simon, comté de Graham, Arizona[7].
†Urocyon minicephalus Martin, 1974 Fin de l’Irvingtonien, comté de Sumter, Floride.
†Urocyon progressus Stevens, 1965 Début du Blancan, comté de Meade, Kansas. Une étude ultérieure a conclu que le matériel appartient bien au genre Urocyon, mais en raison de sa nature fragmentaire, il ne peut être diagnostiqué au niveau spécifique[7].
†Urocyon webbi Tedford et al., 2009 Milieu de l’Hemphillien, comté de Citrus, Floride[7].

Renard de Cozumel

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Le renard de Cozumel est un petit renard gris insulaire, en danger critique d’extinction, vivant sur l’île de Cozumel (Mexique). Le dernier signalement confirmé remonte à 2001, mais aucune étude spécifique approfondie n’a encore été menée[8]. En septembre 2023, un individu vivant a été secouru sur une route avant d’être relâché[9],[10].

Ce renard n’a pas encore été décrit scientifiquement, mais il s’agit d’une forme naine insulaire comparable au renard insulaire. Il est toutefois légèrement plus grand, atteignant environ les trois quarts de la taille du renard gris. Aucun spécimen complet (peau ou crâne) n’est conservé dans les musées ; les connaissances proviennent surtout de sous-fossiles découverts lors de fouilles archéologiques de sites mayas datant de 1 500 à 500 ans. L’étude d’os de 12 individus adultes montre qu’il est extrêmement petit — environ 60 à 80 % de la taille corporelle des spécimens continentaux[11].

Il est isolé sur Cozumel depuis au moins 5 000 ans, probablement bien plus longtemps, ce qui indiquerait qu’Urocyon a colonisé l’île avant l’arrivée des humains[11].

Description

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Les urocyons sont des canidés aux dimensions relativement modestes, pesant généralement de 1,8 à 7 kg. Le renard gris insulaire (Urocyon littoralis) mesure de 48 à 50 cm de longueur tête-corps, tandis que le renard gris d’Amérique (Urocyon cinereoargenteus) mesure de 48 à 68,5 cm[4]. Les renards insulaires, au moins 30 % plus petits, possèdent moins de vertèbres caudales que leurs homologues continentaux : 15–22 pour l’espèce insulaire, contre 21–22 pour l’espèce continentale[12].

La face, le dessus de la tête, le dos, les flancs et la majeure partie de la queue sont d’une teinte grise. La gorge, l’intérieur des pattes et la partie inférieure du corps sont blancs, tandis que les côtés du cou, les flancs inférieurs et la face ventrale de la queue sont d’une teinte roussâtre. Le pelage est grossier ; les poils le long de la ligne dorsale et sur le dessus de la queue portent des extrémités noires, formant une sorte de crin[4].

Habitat et mode de vie

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Les Urocyons occupent les zones boisées et les broussailles, souvent en terrain montagneux et accidenté. Seul le renard insulaire se rencontre dans l’ensemble des habitats des îles[12]. Comme d’autres espèces de renards, l’Urocyon creuse son propre terrier ou utilise celui d’un autre animal. Il peut également se reposer dans des arbres creux jusqu’à 9 m de hauteur. Si le renard gris d’Amérique a des tendances crépusculaires voire nocturnes, le renard insulaire est aussi actif en journée. Leur alimentation est principalement insectivore et frugivore, les fruits et les graines occupant une proportion plus importante que chez les autres espèces de renards[4].

Notes et références

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  1. Christian Meyer, « urocyons », sur Dictionnaire des Sciences Animales, Montpellier, CIRAD, (consulté le ).
  2. (en) Kerstin Lindblad-Toh et et al., « Genome sequence, comparative analysis and haplotype structure of the domestic dog », Nature, vol. 438,‎ , p. 803–819 (DOI 10.1038/nature04338)
  3. Environnement et Changement climatique Canada, « Chapitre 5 – Renard gris (Urocyon cinereoargenteus), Évaluation et rapport de situation du COSEPAC », sur Canada.ca, Gouvernement du Canada, (consulté le )
  4. a b c et d (en) Ronald M. Nowak, Walker's Mammals of the World, vol. 1, Baltimore, Johns Hopkins University Press, , 828–830 p. (ISBN 978-0-8018-5789-8)
  5. (en) Kerstin Lindblad-Toh, « Genome sequence, comparative analysis and haplotype structure of the domestic dog », Nature, vol. 438,‎ , p. 803–819 (DOI 10.1038/nature04338)
  6. (en) Katrin Nyakatura et Olaf R. P. Bininda-Emonds, « Updating the evolutionary history of Carnivora (Mammalia): a new species-level supertree complete with divergence time estimates », BMC Biology, vol. 10,‎ (DOI 10.1186/1741-7007-10-12)
  7. a b c et d (en) Richard H. Tedford, Xiaoming Wang et Beryl E. Taylor, Phylogenetic systematics of the North American fossil Caninae (Carnivora: Canidae), vol. 325, New York, American Museum of Natural History, , 1–218 p. (ISSN 0003-0090, DOI 10.1206/574.1)
  8. (en) Cuarón, Alfredo D., Martinez-Morales, Miguel Angel, McFadden, Katherine W., Valenzuela, David et Gompper, Matthew E., « The status of dwarf carnivores on Cozumel Island, Mexico », Biodiversity and Conservation, vol. 13, no 2,‎ , p. 317–331 (DOI 10.1023/B:BIOC.0000006501.80472.cc)
  9. Maya, Riviera, « Rarely seen gray fox rescued 'disoriented' from Cozumel highway »,
  10. Wilkinson, Laura, « Cozumel Wildlife Grey Fox - Cozumel 4 You »,
  11. a et b (en) Gompper, M.E., Petrites, A.E. et Lyman, R.L., « Cozumel Island fox (Urocyon sp.) dwarfism and possible divergence history based on subfossil bones », Journal of Zoology, vol. 270, no 1,‎ , p. 72–77 (DOI 10.1111/j.1469-7998.2006.00119.x)
  12. a et b (en) David W. Macdonald et Claudio Sillero-Zubiri, The Biology and Conservation of Wild Canids, Oxford University Press, , 28, 173 (ISBN 978-0-19-851556-2)

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Articles connexes

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Liens externes

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