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Classe Maya

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Classe Maya
illustration de Classe Maya
Le Maya, navire de tête de sa classe, en février 2020.
Caractéristiques techniques
Type Destroyer lance-missiles
Longueur 170 m
Maître-bau 21 m
Tirant d'eau 6,4 m
Déplacement 8 200 t
À pleine charge 10 250 t
Propulsion COGLAG
Puissance 68 010 ch (50 720 kW)
Vitesse 30 nœuds (56 km/h)
Profondeur 12 m
Caractéristiques militaires
Armement
Embarcations 2 × embarcations de service
1 × bateau semi-rigide
Aéronefs 1 × hélicoptère SH-60K
Autres caractéristiques
Électronique
Équipage 300
Histoire
Chantier naval Japan Marine United
A servi dans Pavillon de la force maritime d'auto-défense Force maritime d'autodéfense japonaise
Commanditaire Force maritime d'autodéfense japonaise
Période de
construction
2017 - 2021
Période de service Depuis 2020
Navires construits 2
Navires prévus 2
Navires en activité 2

La classe Maya (まや型護衛艦, Maya-gata Goeikan?) est une classe de destroyers lance-missiles de la force maritime d'autodéfense japonaise, dérivée de la classe Atago. Elle se distingue notamment par une version améliorée du système de combat Aegis ainsi que par une propulsion électrique[1]. Le JS Maya est admis au service le 19 mars 2020[2], tandis que le JS Haguro entre en service le 19 mars 2021.

La force maritime d'autodéfense japonaise commence la construction de la classe Kongō, équipée du système Aegis, à partir de l'exercice budgétaire 1988[3], et ajoute ensuite à sa flotte, lors des exercices 2002 et 2003, une version modifiée appelée classe Atago[3].

Cependant, même après l'entrée en service des quatre destroyers de la classe Kongō et des deux destroyers de la classe Atago, il reste nécessaire de construire deux autres destroyers équipés du système Aegis pour remplacer la classe Hatakaze, considérée comme la meilleure et dernière génération de destroyers équipés du système Tartar[3]. La construction de ces deux navires est intégrée dans les Lignes directrices du programme de défense nationale à partir de l'exercice 2014[3]. Le premier navire, le JS Maya, est financé dans le budget de l’exercice 2015[1].

Bien que partageant les mêmes caractéristiques de conception que la classe Atago, la classe Maya dispose d'une coque plus grande afin d'installer un système de propulsion hybride-électrique[1].

Les destroyers de la classe Maya sont conçus avec un système de propulsion COGLAG (Combined Gas turbine-eLectric And Gas turbine), une variante du système à turbines à gaz combinées qui utilise la propulsion électrique pour la navigation à basse vitesse. La force maritime d'autodéfense japonaise a déjà testé ce système sur le navire d’essai JS Asuka. L'adoption de ce type de propulsion pour les navires de combat de surface commence ensuite avec la classe Asahi. Alors que le système de la classe Asahi fonctionne avec une distribution électrique à basse tension de 450 volts, celui de la classe Maya utilise un système plus avancé capable de gérer une distribution à haute tension de 6 600 volts[1].

La force maritime d'autodéfense japonaise utilise déjà un système de propulsion électrique intégrée sur ses navires auxiliaires et prévoit de l'étendre aux navires de combat de surface à l'avenir, afin de pouvoir intégrer de nouveaux armements[1].

Équipement

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La classe Maya est équipée du système Aegis Weapon System (AWS) Baseline 9C, désigné J7 au Japon, alors que la classe Atago utilisait initialement le Baseline 7 (actuellement modernisé vers le Baseline 9C)[1][4]. Grâce à ce système, ces destroyers disposent de la capacité CEC, qui leur permet de partager en temps réel des informations de détection ou de ciblage avec d’autres unités équipées du CEC, comme des navires américains ou australiens, ou encore des avions E-2 Hawkeye américains ou japonais[5]. En plus du système AWS, ils disposent également du système Aegis BMD 5.1. Ils sont ainsi les premiers navires Aegis de la Force maritime d’autodéfense japonaise à être capables d'assurer la défense antimissile balistique dès leur entrée en service[1][2].

En plus des missiles sol-air SM-2MR Block IIIB déjà en service, les destroyers de la classe Maya reçoivent à partir de 2026[6] des missiles SM-6[2][7]. Ces derniers peuvent être connectés au système CEC, ce qui leur permet de recevoir des informations de ciblage provenant d'autres unités équipées du CEC. Bien que la mission principale du SM-6 soit d'intercepter des avions ennemis et des missiles de croisière, il est également capable d'intercepter des missiles balistiques en phase terminale et peut servir de missile antinavire[1].

En matière de défense antimissile balistique, ces navires sont équipés des missiles SM-3 Block IA, IB et IIA. Le SM-3 Block IIA, dernière variante des SM-3, a bénéficié d'une refonte importante afin de permettre la protection de zones plus étendues[2][1].

Le navire utilisera des missiles mer-mer de type 17 (SSM-2)[5] en complément des missiles de type 90 (SSM-1B) déjà en service[2]. Pour les torpilles légères, cette classe adopte les tubes lance-torpilles HOS-303, contrairement aux tubes HOS-302 utilisés jusqu’à la classe Atago[8].

Les armements futurs de ces navires incluent un canon électromagnétique construit localement et un système de défense par laser pour la protection rapprochée[9].

Le 16 novembre 2022, le destroyer lance-missiles Maya tire un missile SM-3 Block IIA et intercepte avec succès la cible en dehors de l’atmosphère, lors du premier tir de ce missile depuis un navire japonais. Le 18 novembre 2022, le Haguro tire à son tour un SM-3 Block IB, touchant également sa cible hors de l’atmosphère. Les deux tirs d’essai ont lieu au Pacific Missile Range Facility sur l’île de Kauai, à Hawaï, en coopération avec la marine américaine et l'Agence américaine de défense antimissile. C'est la première fois que ces deux navires effectuent simultanément des tirs de SM-3, et les tests confirment les capacités de défense antimissile balistique des destroyers japonais les plus récents de la classe Maya[10].

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N° de fanion Nom Pose de la quille Lancement Commission Constructeur
DDG-179 JS Maya 17 avril 2017 30 juillet 2018 19 mars 2020 Japan Marine United (Yokohama)
DDG-180 JS Haguro 23 janvier 2018 17 juillet 2019 19 mars 2021

Le Maya porte le même nom que le croiseur lourd de la classe Takao de la Seconde Guerre mondiale[11], tandis que le Haguro reprend le nom du croiseur lourd de la classe Myōkō[12].

Notes et références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Maya-class destroyer » (voir la liste des auteurs).
  1. a b c d e f g h et i Tokumaru 2018.
  2. a b c d et e Inaba 2020.
  3. a b c et d Yamazaki 2014.
  4. « Lockheed Martin gets $135m contract for Aegis Baseline 9 deliveries to Japan », Naval Today, (consulté le )
  5. a et b Rimland 2018.
  6. Laurent Lagneau, « Le Japon va pouvoir se procurer 150 missiles surface-air SM-6 américains pour 900 millions de dollars », sur Zone Militaire, (consulté le )
  7. Takahashi, « Japan's Improved Atago-class to field SM-6 air-defence missiles », Jane's, (consulté le )
  8. Tokumaru 2021.
  9. « Japan Defense Ministry Unveiled Details of "27DD" Class Railgun & Laser armed AEGIS Destroyer », Navy Recognition, (consulté le )
  10. Mahadzir, « Two Japanese Destroyers Score in Ballistic Missile Defense Test off Hawaii », News Blog, United States Naval Institute, (consulté le )
  11. (ja) « 海自護衛艦「まや」進水 イージス艦7隻目、「共同交戦能力」初搭載 情報共有で屈指の防空能力 », Sankei Shimbun,‎ (consulté le )
  12. Xavier Vavasseur, « JMU Launches 'Haguro' - Second Maya-Class AEGIS Destroyer For The JMSDF », Naval News, (consulté le )

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Articles connexes

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Bibliographie

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  • Yoshihiro Inaba, « JMSDF To Put Its Latest Aegis Destroyer JS Maya Through Its Paces », Naval News,‎ (lire en ligne)
  • Ben Rimland, « Japan Launches Future Aegis Destroyer JS Maya », Navy Recognition,‎ (lire en ligne)
  • (ja) Tokumaru, « Air defense system of new JMSDF DDG Maya », Ships of the World, Kaijin-sha, no 889,‎ , p. 53–57
  • (ja) Tokumaru, « Mechanism of JMSDF's AEGIS Destroyers - Weapon System », Ships of the World, Kaijin-sha, no 947,‎ , p. 88–97
  • (ja) Yamazaki, « Development of Japanese DDG », Ships of the World, Kaijin-sha, no 802,‎ , p. 69–75