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Jordan Ifueko

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Jordan Ifueko
En 2020.
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Œuvres principales

Jordan Ifueko, née le en Californie du Sud, est une écrivaine américano-nigériane de fantasy. Elle est principalement connue pour sa duologie Les Douze d'Aristar (Raybearer), best-seller du New York Times, et pour son roman The Maid and the Crocodile. Son œuvre s’inspire de contes ouest-africains et de la culture diasporique nigériane. Ses livres sont finalistes de plusieurs prix littéraires, dont le prix Lodestar et les prix Nebula et Hugo.

Enfance, formations et débuts

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Jordan Ifueko naît le en Californie du Sud, de parents nigérians : sa mère est issue du peuple yoruba, son père du peuple bini (edo)[1],[2]. Elle grandit dans un environnement marqué par les récits oraux ouest-africains transmis par sa famille, tels que ceux autour de la figure d’Anansi, ainsi que par la littérature anglaise apprise dans le système scolaire colonial fréquenté par ses parents au Nigeria, en particulier les œuvres de Jane Austen[2].

Ifueko grandit dans l’Oregon et est scolarisée à domicile jusqu’au lycée, ce qui lui laisse beaucoup de temps pour lire et écrire[1]. Adolescente, elle participe activement à des forums en ligne, notamment autour de Neopets, où elle publie ses premiers récits et co-crée des histoires collectives[2]. En , sa nouvelle Pride, Prose, and Princes est publiée en feuilleton dans le Neopian Times, et reçoit un accueil favorable des lecteurs[2].

Ifueko commence à imaginer le monde imaginaire des Douze d'Aritsar (Raybearer) à l’âge de treize ans, et poursuit son travail d’écriture pendant plus d’une décennie avant la publication de son premier roman[3]. Elle suit ses études à l'université George Fox[4], puis s'installe à Los Angeles avec son époux[5].

Le premier roman de Jordan Ifueko, La Vengeance de la dame (Raybearer), paraît en [3]. L’ouvrage, qui mêle fantasy et folklore ouest-africain, raconte l’histoire de Tarisai, une jeune fille dotée du pouvoir de lire les souvenirs, envoyée à la cour impériale pour gagner la confiance du prince héritier et, sur ordre de sa mère, le tuer[6],[7]. Le roman devient rapidement un best-seller du New York Times et reçoit plusieurs distinctions, dont le Children’s Africana Book Award[8]. Sa suite, L'Impératrice maudite (Redemptor), publiée en , poursuit le récit de Tarisai et conclut la duologie[3]. Netflix obtient en les droits pour une adaptation pour la télévision, dirigée et produite par Gina Atwater[9].

En 2022, Ifueko écrit pour Marvel Comics la série Moon Girl And Devil Dinosaur (en), en collaboration avec l’artiste Alba Glez[10],[11].

En , Ifueko publie The Maid and the Crocodile, un roman indépendant situé dix ans après les événements des Douze d'Aristar[12]. Le récit suit Sade, une orpheline capable d’absorber les malédictions, qui se retrouve liée à une divinité crocodile[13]. L’ouvrage explore les conséquences sociales et politiques d’une révolution, en mettant l’accent sur la solidarité collective plutôt que sur le pouvoir individuel[12].

En parallèle de ses publications, Ifueko poursuit une carrière de conférencière, invitée dans divers médias pour aborder son expérience d'autrice. En , elle annonce mettre fin à sa collaboration avec son agent littéraire, pour gérer elle-même ses interventions publiques[14].

L’écriture de Jordan Ifueko se caractérise par une forte dimension diasporique. Ses récits intègrent des contes et traditions ouest-africains, en particulier ceux des Yoruba et des Edos, tout en revendiquant un ancrage dans un imaginaire global marqué par la littérature européenne, l’animation japonaise et la culture numérique[1],[10]. L’autrice souligne que son univers est une synthèse de ses influences culturelles multiples, plutôt qu’une simple réécriture de mythologies existantes[1].

La Vengeance de la dame (Raybearer) est décrit comme une contribution significative à la décolonisation de la fantasy. Le roman s’appuie sur des systèmes de pensée africains, propose une vision pan-africaine de la communauté, et remet en question les structures impériales traditionnellement inspirées de l’Europe[7]. Ses thématiques incluent l’héritage familial, le poids des traditions, l’impérialisme, les inégalités de genre et les formes d’oppression sociale[6],[7].

En effet, la trajectoire de Tarisai est marquée par une double marginalisation : en tant qu’enfant « monstrueuse » façonnée pour servir les desseins de sa mère, et en tant que fille dans une société où le pouvoir est exclusivement masculin. L’héroïne refuse cependant d’endosser ces assignations, revendiquant son droit à l’autonomie et à l’affection[15]. Le roman met ainsi en lumière les injonctions patriarcales qui réduisent les femmes à un rôle reproductif, en effaçant de l’histoire certaines femmes et en considérant toute prétention féminine au pouvoir comme illégitime[15]. La figure de la mère illustre également une révolte contre cette structure : son projet de vengeance naît de son exclusion en tant qu’héritière, écartée parce qu’elle était une fille[15]. Le texte développe une critique du patriarcat, où la véritable menace sont les institutions qui s’emploient à contenir et dévaloriser le pouvoir féminin[15].

Avec The Maid and the Crocodile, Ifueko déplace l’attention de la figure héroïque individuelle vers une réflexion sur les rapports de classe et la nécessité d’actions collectives[12].

Les Douze d'Aristar

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Romans indépendants

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Prix et distinctions

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Notes et références

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  1. a b c et d (en) Roger Sutton, « Jordan Ifueko Talks with Roger », The Horn Book Inc.,‎ (lire en ligne Accès libre)
  2. a b c et d (en) Elizabeth Ballou, « How a Young Adult Author Got Her Start Writing ‘Pride and Prejudice’ Fanfic About Neopets », Vice,‎ (lire en ligne Accès libre)
  3. a b et c (en) « Africa's world of books », New African, vol. 610,‎ , p. 77 (ISSN 0142-9345)
  4. (en) Aurora Biggers, « George Fox University Alumna, Jordan Ifueko, Publishes NYT Bestseller », The Crescent,‎ (lire en ligne Accès libre)
  5. (en-US) « Jordan Ifueko Guest Post–“The Watchmaker Author” » Accès libre, sur Locus Online, (consulté le )
  6. a et b (en) I. B., « Jordan Ifueko », SFX, no 325,‎ , p. 22 (ISSN 0262-2971)
  7. a b et c E. Sybil Durand, « Closing the Imagination Gap With African and African American Fantasy Literature », Journal of Adolescent & Adult Literacy, vol. 64, no 6,‎ , p. 721-722 (ISSN 1081-3004, lire en ligne, consulté le )
  8. a et b (en) Chukwuebuka Ibeh, « Tendai Huchu and Jordan Ifueko Among Those Honored for the 2021 Children’s Africana Book Awards », Brittle Paper,‎ (lire en ligne Accès libre)
  9. (en) Denise Petski, « Gina Atwater Inks Overall Deal With Netflix; Sets ‘Raybearer’ Adaptation As First Project », Deadline,‎ (lire en ligne Accès libre)
  10. a et b (en) Kate Oldfield, « Jordan Ifueko on her stunning debut West African inspired YA fantasy, Raybearer », United by Pop,‎ (lire en ligne Accès libre)
  11. (en) Chris Arrant, « Raybearer author Jordan Ifueko taking over Marvel's Moon Girl & Devil Dinosaur comics franchise », Popverse,‎ (lire en ligne Accès libre)
  12. a b et c (en) Iyana Jones, « Q&A with Jordan Ifueko », Publishers Weekly,‎ (lire en ligne Inscription nécessaire)
  13. a b et c (en) « Jordan Ifueko and Sofia Samatar are Finalists for the 2025 Hugo Awards! », Brittle Paper,‎ (lire en ligne Accès libre)
  14. (en) Jagravi Dave, « Nigerian American Author Jordan Ifueko Cuts Ties With Former Speaking Agent, is Open for Bookings! », Brittle Paper,‎ (lire en ligne Accès libre)
  15. a b c et d (en) S. R. Toliver, « Monstrous Others: Black Girl Refusal in Afrofuturist Young Adult Literature », Women's Studies, vol. 52, no 6,‎ , p. 708–723 (ISSN 0049-7878 et 1547-7045, DOI 10.1080/00497878.2023.2230509, lire en ligne, consulté le )
  16. a et b (en-US) « Jordan Ifueko » Accès libre, sur The Nebula Awards® (consulté le )
  17. a b et c (en) « sfadb : Jordan Ifueko Awards », sur www.sfadb.com (consulté le )
  18. (en) Chukwuebuka Ibeh, « Jordan Ifueko & Oghenechovwe Donald Ekpeki Are 2022 BSFA Finalists », Brittle Paper,‎ (lire en ligne Accès libre)
  19. (en) « 2022 Dragon Awards Winners », Locus Magazine,‎ (lire en ligne Accès libre)
  20. (en-US) « 2022 RESULTS - The Ignyte Awards » Accès libre, (consulté le )
  21. (en) David Brooke, « 2022 Hugo Awards finalists, including in comics, announced », AIPT Comics,‎ (lire en ligne Accès libre)
  22. (en) Chukwuebuka Ibeh, « Nnedi Okorafor, Wole Talabi, Jordan Ifueko, Namina Forna, and Oghenechovwe Donald Ekpeki are Locus Awards Finalists », Brittle Paper,‎ (lire en ligne Accès libre)
  23. Jérôme Vincent, « Le prix Locus dévoile sa sélection pour 2025 », ActuSF,‎ (lire en ligne Accès libre)

Liens externes

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