Aller au contenu

Zen Cho

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Zen Cho
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Nationalité
Activités
Autres informations
Site web
Distinctions
Prix William Crawford (en) (Spirits abroad (d)) ()
Prix Sydney J. Bounds du meilleur nouvel auteur (Sorcerer to the Crown (d)) ()
Prix Hugo de la meilleure nouvelle longue (If at First You Don't Succeed, Try, Try Again (en)) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Zen Cho, née en à Subang Jaya, est une écrivaine de fantasy et avocate malaisienne installée au Royaume-Uni. Elle est notamment l’autrice de la série Sorcerer Royal et du recueil Spirits Abroad. Ses écrits de fantasy historique s'inspirent du folklore malaisien et explorent des thématiques liées à l’identité, à la diversité culturelle et aux rapports de pouvoir. Elle est récompensée par les prix William L. Crawford (en), British Fantasy et Hugo de la meilleure nouvelle longue.

Zen Cho naît en à Subang Jaya, dans l’état de Selangor, en Malaisie[1],[2]. Durant son enfance, sa famille réside temporairement aux États-Unis, à l’occasion d’un séjour d’un an et demi autour de ses six ans[3]. De retour en Malaisie, la famille s’installe à Penang, puis déménage à plusieurs reprises, ce qui conduit Cho à fréquenter sept établissements scolaires différents entre l’école primaire et la fin du secondaire[2]. Elle lit très tôt des auteurs britanniques tels qu’Edith Nesbit, Enid Blyton et Diana Wynne Jones, qui influencent son goût pour la fantasy[2].

En , à l’âge de 17 ans, Zen Cho quitte la Malaisie pour poursuivre ses études en Angleterre. Elle intègre d’abord le Concord College dans le Shropshire, où elle prépare ses A-Levels, puis obtient une place à l’université de Cambridge pour étudier le droit[2]. Bien qu’attirée par la littérature, elle choisit ce cursus sous l’influence de sa famille, qui lui conseille de privilégier une voie avec davantage de débouchés professionnels[2],[3]. À Cambridge, elle rencontre son futur mari, un universitaire britannique spécialiste de littérature anglaise des xvie siècle et xviie siècle[2],[3]. Le couple s’installe par la suite à Birmingham, où Cho exerce le métier d’avocate spécialisée dans la réglementation des produits[2],[3].

Carrière littéraire

[modifier | modifier le code]

Cho commence à écrire dès l’enfance : à six ans, elle rédige une première histoire autour d’un lapin domestique enlevé par une bande de malfaiteurs[2]. Elle publie sa première nouvelle de l'imaginaire, « The Guest », en dans la revue Expanded Horizons[4]. Sa première publication rémunérée, « 起狮,行礼 », paraît en dans Strange Horizons[4].

Cho auto-édite en une novella de romance historique, The Perilous Life of Jade Yeo, avant de publier le recueil Spirits Abroad en chez l’éditeur malaisien Fixi Novo[4]. L’ouvrage, qui revisite notamment les figures surnaturelles de la culture malaise comme la pontianak, reçoit en le William L. Crawford Fantasy Award, faisant de Cho la première autrice malaisienne distinguée par ce prix[1],[5]. La même année, elle dirige l’anthologie Cyberpunk: Malaysia, considérée comme la première anthologie de science-fiction malaise en anglais[2],[4].

Son premier roman, Sorcerer to the Crown (), publié au Royaume-Uni par Pan MacMillan et aux États-Unis par Ace Books, lui apporte une reconnaissance internationale[2]. Inspiré par la fantasy de mœurs et la littérature de l’époque régence, le roman combine intrigue magique et critique postcoloniale, mettant en scène des protagonistes issus de minorités confrontés aux discriminations de leur société[4],[6]. Il inaugure la série Sorcerer Royal, que Cho poursuit avec The True Queen en . Cho publie ensuite plusieurs novellas, dont The Terracotta Bride () et The Order of the Pure Moon Reflected in Water (), ainsi qu’un roman indépendant, Black Water Sister (en) (), situé dans la Malaisie contemporaine[3].

Zen Cho remporte le prix British Fantasy du meilleur nouvel auteur en pour Sorcerer to the Crown et le prix Hugo de la meilleure nouvelle longue en pour « If at First You Don’t Succeed, Try, Try Again »[3],[7]. Elle est également finaliste des prix Locus et Astounding[7].

Analyse de l'œuvre

[modifier | modifier le code]

Dans Sorcerer to the Crown, Zen Cho reprend les conventions de la fantasy de mœurs et les confronte à des enjeux liés aux hiérarchies sociales, raciales et coloniales : elle reprend des motifs classiques du genre (héroïne pauvre motivée par l'ascension sociale, intrigue amoureuse) et met en évidence les mécanismes d’exclusion propres à la société britannique de l’époque, notamment le colonialisme et l’absence de personnages issus des minorités dans les récits traditionnels[6].

Plusieurs nouvelles de Cho s’appuient sur le folklore malaisien, en particulier sur la figure de la pontianak. Sa nouvelle The House of Aunts () propose une représentation renouvelée de ce personnage, décrit comme une adolescente confrontée à des préoccupations contemporaines, ce qui conduit à une lecture plus empathique[8].

Dans son recueil Spirits Abroad, la chercheuse Grace V. S. Chin observe que bien que Cho s’éloigne de la tradition littéraire « sérieuse » malaisienne en écrivant dans un genre de l'imaginaire populaire, son œuvre s’inscrit dans une continuité de résistance et d’inclusivité : selon cette lecture, les récits de Cho remettent en cause les frontières ethniques et communautaires de la Malaisie contemporaine et mettent en avant des identités hybrides[9].

Dans ses romans et novellas, Zen Cho explore également les questions de genre et de sexualité en intégrant des personnages LGBTQIA+. Dans Black Water Sister, la protagoniste est lesbienne, représentant une minorité stigmatisée en Malaisie, pays où l’homosexualité reste fortement taboue[3]. L’autrice explique que son approche vise à traiter ces thématiques sans insister de manière didactique, mais en les intégrant naturellement à l’intrigue[3]. La critique universitaire souligne que l’œuvre interroge les normes de genre héritées du confucianisme et met en scène, à travers plusieurs générations de personnages féminins, des stratégies variées de résistance face aux contraintes patriarcales[10]. De même, The Order of the Pure Moon Reflected in Water est analysé comme une réécriture queer des récits historiques et religieux, proposant des identités fluides et alternatives qui remettent en cause les discours hétéropatriarcaux et ethnocentriques[11].

Série Sorcerer Royal

[modifier | modifier le code]

Romans indépendants

[modifier | modifier le code]

Recueils de nouvelles

[modifier | modifier le code]

Direction d'ouvrages

[modifier | modifier le code]
  • (en) Cyberpunk: Malaysia, Fixi Novo, 2015.

Prix et distinctions

[modifier | modifier le code]

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. a et b (en) Francesca Myman, « Zen Cho: Gods, Ghosts, Gangsters & Grandmas », Locus Magazine,‎ (lire en ligne Accès libre)
  2. a b c d e f g h i et j (en) Terence Toh, « Malaysian author Zen Cho: Forget critics, focus on the story », Star2,‎ (lire en ligne [archive du ] Accès libre)
  3. a b c d e f g et h (en) Lilian Tan, « Malaysian fantasy writer Zen Cho lands multiple awards by breaking frontiers », Options,‎ (lire en ligne Accès libre)
  4. a b c d et e « SFE: Cho, Zen » Accès libre, sur The Encyclopedia of Science Fiction (consulté le )
  5. a et b (en) « Cho and Feldman Win Crawford Award », Locus Magazine,‎ (lire en ligne Accès libre)
  6. a et b (en) Brian Attebery, Fantasy: How it Works, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-285623-4, lire en ligne), p. 144
  7. a et b (en) « Women in SFF Author Spotlight – Zen Cho (SORCERER TO THE CROWN) », The Fantasy Hive,‎ (lire en ligne Accès libre)
  8. (en) Gina Wisker, Contemporary Women’s Ghost Stories: Spectres, Revenants, Ghostly Returns, Springer Nature, (ISBN 978-3-030-89054-4, lire en ligne), p. 212
  9. (en) Mohammad A. Quayum et Grace V. S. Chin, The Postcolonial Millennium: New Directions in Malaysian Literature in English, Taylor & Francis, (ISBN 978-1-040-01214-7, lire en ligne)
  10. Sirui Fang et Grace V. S. Chin, « Feminist Temporality and the Negotiation of Gender Identity and Agency in Zen Cho’s », Southeast Asian Review of English, vol. 61, no 2,‎ , p. 78-102 (DOI 10.22452/sare.vol61no2.5, lire en ligne, consulté le )
  11. Grace V.S. Chin, « Queering history: palimpsestuous bodies and their stories in Zen Cho’s The Order of the Pure Moon Reflected in Water », Textual Practice, vol. 39, no 5,‎ , p. 765-783 (ISSN 0950-236X, DOI 10.1080/0950236X.2024.2318039, lire en ligne, consulté le )
  12. (en) « Winners of the British Fantasy Awards 2016 », The British Fantasy Society,‎ (lire en ligne [archive du ] Accès libre, consulté le )
  13. (en) Kong Wai Yeng, « Malaysia-born author Zen Cho wins Hugo Awards for sci-fi novelette », Options,‎ (lire en ligne Accès libre)
  14. (en) « Announcing the 2013 Hugo Award Winners », Reactor Magazine,‎ (lire en ligne Accès libre)
  15. a b c d e f et g (en) « sfadb : Zen Cho Awards » Accès libre, sur Science Fiction Awards Database (consulté le )
  16. (en) « 2016 Locus Awards Winners », Locus Magazine,‎ (lire en ligne Accès libre)
  17. (en) « 2021 Lambda Literary Award Finalists Announced » Accès libre, sur Lambda Literary, (consulté le )
  18. a et b (en) « 2022 Locus Awards Top Ten Finalists », Locus Magazine,‎ (lire en ligne Accès libre)

Liens externes

[modifier | modifier le code]