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Kaefferkopf

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Kaefferkopf
Image illustrative de l’article Kaefferkopf
Ammerschwihr, avec en arrière-plan le coteau couvert de vignes et de bois.

Désignation(s) Kaefferkopf
Appellation(s) principale(s) alsace grand cru Kaefferkopf
Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 2007
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble d'Alsace
Localisation Haut-Rhin
Climat tempéré continental
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 741 heures (à Colmar)[1]
Sol débris de granite, de calcaire ou de grès
Superficie totale 71,65 hectares[2]
Superficie plantée 44,02 ha (en 2024)[3]
Cépages dominants gewurztraminer Rs[N 1], riesling B et pinot gris G
Vins produits blancs
Production 1 876 hl (en 2024)[3]
Pieds à l'hectare minimum 4 500 pieds/ha[4]
Rendement moyen à l'hectare 43 hl/ha (en 2024)[3]

Un alsace grand cru kaefferkopf[N 2], ou plus simplement un kaefferkopf, est un vin blanc français produit sur le lieu-dit le Kaefferkopf et d'autres lieux-dits l'avoisinant, situés sur la commune d'Ammerschwihr, dans le département du Haut-Rhin, dans la collectivité européenne d'Alsace, au sein de la région Grand Est.

Il s'agit d'un des cinquante-et-un grands crus du vignoble d'Alsace, bénéficiant chacun d'une appellation mais partageant le même cahier des charges alsace grand cru[4] (avec des contraintes plus rigoureuses que pour l'appellation alsace). Le Kaefferkopf est le dernier à avoir rejoint les grands crus d'Alsace, en 2007.

L'aire d'appellation, particulièrement vaste pour un grand cru d'Alsace, produit principalement du gewurztraminer, complété par du riesling et un peu de pinot gris. De façon originale, une petite partie des raisins vendangés est utilisée pour produire un vin d'assemblage (de gewurztraminer Rs, riesling B et pinot gris G) ce qui constitue une exception au sein des grands crus alsaciens (l'autre étant l'altenberg-de-bergheim), pour lesquels seul l'assemblage avec le muscat B est généralement autorisé[4].

La première citation du terroir « Kaefferkopf » remonte à 1338, dans le registre cadastral de l'abbaye de Pairis[5] (cette abbaye cistercienne se trouvant à Orbey était le propriétaire du village de Katzenthal), sous la forme zem Kefersberg.

Selon un rapport d'expert de Louis Rieder à Colmar, en date du , les propriétaires de vignes sur la commune d'Ammerschwihr ont le droit à l'appellation « Kaefferkopf », à condition de répondre à certaines normes. Ce rapport est officialisé par un jugement de justice prononcé le [6]. À cette époque, 67,81 hectares sont délimités, ce qui permet actuellement aux vignerons d'Ammerschwihr d'insister sur le fait que le Kaefferkopf est la plus vieille appellation du vignoble d'Alsace.

Mais le lieu-dit ne fait pas partie des crus sélectionnés par les décrets du (les vingt-quatre premiers sélectionnés)[7] et du (les vingt-cinq suivants)[8] pour constituer l'appellation alsace grand cru. Finalement, par le décret du , le Kaefferkopf rejoint les cinquante autres crus[9].

En octobre 2011, tous les grands crus d'Alsace passent du statut de dénominations géographiques au sein d'une même appellation à celle d'autant d'appellations partageant le même cahier des charges[10] ; en mai 2022, nouvelle réduction du rendement (à 50 hl/ha)[11] ; en juillet 2025, autorisation des bouteilles de 300, 150, 100, 50 et 37,5 cl)[4].

Étymologie

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Le nom Kaefferkopf signifie la « tête de coléoptère », de Käfer, le coléoptère, et de Kopf, la tête. Ce terme se rapporte à la forme du sommet de côte.

Aire d'appellation

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Le Kaefferkopf se situe en France, dans la collectivité européenne d'Alsace, au sein de la région Grand Est, plus précisément dans le département du Haut-Rhin, sur la commune d'Ammerschwihr à 9 kilomètres au nord-ouest de Colmar.

Images externes
Carte de l'aire d'appellation du kaefferkopf
Cartes cadastrales de l'appellation
Orthophoto du parcellaire de l'appellation
Carte du vignoble d'Alsace, avec l'indication des grands crus.

Sur la route des vins d'Alsace, le Kaefferkopf se trouve entre le Schlossberg au nord et le Wineck-Schlossberg le jouxtant à l'est.

Les parcelles de vigne sont à flanc de coteau, entre 240 et 350 mètres d'altitude, sur des pentes fortes (record à 35 %) exposées plein est ou au sud-est, au-dessus du village d'Ammerschwihr et jusqu'à la limite avec Katzenthal plus au sud. Si la superficie de l'appellation est de 71,65 hectares[12], seulement de 44 à 51 hectares ont été déclarés pour la production du grand cru dans les années récentes[3].

L'aire d'appellation du kaefferkopf[13] s'étend sur une série lieux-dits non-contigus de la commune d'Ammerschwihr: Kaefferkopf proprement dit (en quasi-totalité), Buckenbaum (partie ouest), Froehn (en quasi-totalité), Hahnen, Hebsack, Katzelberg, Kerker (une partie de parcelle au nord, le reste appartenant au wineck-schlossberg), Klotzen (quelques parcelles au sud-ouest), Krettenrueck (partie sud-est), Meywihr (sauf la partie nord), Neutal (partie nord-est), Pfulben (sauf quelques parcelles au sud), Probstgart (partie centrale), Purberg, Sittweg (partie est), Stichreben (en quasi-totalité), Stichlen (deux parcelles au centre, le sud appartenant au wineck-schlossberg) et Wolfloch (trois parcelles au sud).

Cette délimitation ne correspond pas tout à fait à celle datant de 1932, d'où une mesure transitoire jusqu'à la vendange 2031 permettant à des parcelles exclues de l'aire délimitée (environ 15 hectares) de pouvoir bénéficier du droit à l'appellation[14],[4].

Géologie et orographie

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Les collines sous-vosgiennes correspondent à une série de failles formant la transition entre les Vosges cristallines et la plaine du Rhin sédimentaire sous forme d'un escarpement.

En sommet, couvert par les bois, le sous-sol est composé de gneiss. Les vignes commencent en dessous à l'étage du granite porphyroblastiques[N 3] (granite de Kaysersberg), qui laisse la place au sud vers Katzenthal au granite à deux micas (granite de Turckheim).

En dessous se trouvent des couches datant du Trias, d'abord du grès vosgien du Buntsandstein moyen (de couleur rose à rouge, formé de grains de quartz réunis par un ciment silico-ferrugineux), puis du grès bigarré du Buntsandstein supérieur (avec lentilles d'argile dessus et galet à la base), et enfin au sud d'Ammerschwihr une zone étroite avec des dolomies et des marnes du Lettenkohle[N 4].

Au pied du coteau se trouvent des colluvions composées d'arènes et de sables limoneux, qui font la liaison avec les alluvions caillouteuses des terrasses supérieures de la plaine d'Alsace[15],[16]. La vigne pousse sur des sols bruns qui comprennent des débris issus des roches citées. Ces sols sont saturés en calcium et en magnésium, éléments qui contribuent fortement à la perception de la minéralité des vins. Ils sont lourds et profonds, avec un taux d'éléments fins élevés (argiles et limons), qui amènent de la structure et de la complexité[5].

Climatologie

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Le climat est continental avec des printemps doux, des étés chauds, secs et ensoleillés, de longs automnes et des hivers froids. À l'ouest, le massif des Vosges protège un peu le coteau du vent et de la pluie : les vents d'ouest dominants perdent leur humidité sur le versant occidental et parviennent en Alsace sous forme de foehn, plus secs et chauds. Les précipitations sont donc moindres et les températures un peu plus hautes (moyenne annuelle plus haute de 1,5 °C) que ce qui serait attendu à cette latitude.

La station météorologique de Colmar (sur le site de l'INRA, à 202 mètres d'altitude : 48° 03′ 47″ N, 7° 19′ 48″ E)[17] est au pied du coteau viticole, à 7,6 km au sud-est du Kaefferkopf.

Relevé à Colmar-INRA de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −0,6 −0,4 2,3 5,5 9,8 13 14,1 13,7 9,9 6,3 2,5 0,3 6,4
Température moyenne (°C) 2,5 3,6 7,3 11,2 15,3 18,7 20,3 20 15,9 11,3 6,1 3,3 11,3
Température maximale moyenne (°C) 5,6 7,5 12,3 16,9 20,8 24,5 26,6 26,3 21,9 16,3 9,8 6,2 16,2
Nombre de jours avec gel 16,8 14,7 9 2,2 0,1 0 0 0 0,1 2,1 8 14,7 67,7
Ensoleillement (h) 60,2 88,2 138,6 174,9 213 210,6 254 239,7 161,6 102,7 52,9 45 1 741,1
Précipitations (mm) 33 29,3 31,6 37,2 64,5 60,6 60,1 57 46,3 55 41,5 41,9 558
Source : Météo-France[1].
Diagramme climatique
JFMAMJJASOND
 
 
 
5,6
−0,6
33
 
 
 
7,5
−0,4
29,3
 
 
 
12,3
2,3
31,6
 
 
 
16,9
5,5
37,2
 
 
 
20,8
9,8
64,5
 
 
 
24,5
13
60,6
 
 
 
26,6
14,1
60,1
 
 
 
26,3
13,7
57
 
 
 
21,9
9,9
46,3
 
 
 
16,3
6,3
55
 
 
 
9,8
2,5
41,5
 
 
 
6,2
0,3
41,9
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

Encépagement

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Les vins correspondant à l'appellation d'origine contrôlée alsace grand cru suivie de la dénomination géographique (nom de lieu-dit) « Kaefferkopf » proviennent soit d'un seul des cépages suivants : gewurztraminer Rs, pinot gris G ou riesling B[N 1], soit d'un assemblage. Le gewurztraminer est le principal cépage planté sur le Kaefferkopf avec 55 % de la production déclarée, complété avec 30 % de riesling et 9 % de pinot gris ; le reliquat de 6 % est composé d'assemblage[12]. L'assemblage des cépages est une originalité du Kaefferkopf parmi les grands crus alsaciens (avec l'altenberg-de-bergheim). Ce peut être du gewurztraminer Rs (dans une proportion comprise entre 60 et 80 % de l'encépagement), du riesling B (dans une proportion comprise entre 10 et 40 %), du pinot gris G (dans une proportion ne dépassant pas 30 %) ou un muscat (muscat ottonel B, muscat blanc à petits grains B ou muscat rose à petits grains Rs, dans une proportion ne dépassant pas ensemble 10 %)[4].

Le gewurztraminer Rs (signifie « traminer aromatique » en allemand) est un cépage rose, aux baies orange ou tirant vers le violet. Ce proche parent du savagnin B et du savagnin rose Rs (appelé en Alsace klevener de Heiligenstein) est plutôt vigoureux, fournit de gros rendements et donne de meilleurs résultats sur des sols marneux ou calcaires que sur des sols granitiques ou schisteux.

Le riesling B donne de meilleurs résultats sur les terrains granitiques, donc il est assez peu planté sur le Kaefferkopf. C'est un cépage au débourrement et à la maturation tardives, nécessitant des coteaux bien exposés au soleil, et dont les vendanges peuvent avoir lieu vers la mi-octobre. Par contre il résiste bien aux gelées d'hiver.

Le pinot gris G (appelé Grauburgunder, « bourguignon gris » en allemand, « malvoisie » dans le Valais ou pinot grigio en Italie) est un cépage fragile et de maturité assez précoce. Il est issu d’une mutation du pinot noir et est donc d’origine bourguignonne, où il est appelé « pinot beurot ». Il donne de meilleurs résultats sur des sols composés de cailloutis calcaires, à condition qu'ils soient bien drainés grâce à une exposition en coteau.

Pratiques culturales

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La densité de plantation est au minimum de 4 500 pieds par hectare ; l'écartement entre les rangs de vignes ne doit pas dépasser les deux mètres ; l'écartement entre les pieds sur le rang doit être compris entre 0,75 et 1,5 mètre ; les vignes sont conduites en hautain pour les protéger du gel, avec le feuillage palissé en espalier.

La hauteur de feuillage palissé ne peut être inférieure à 0,675 fois l'écartement entre les rangs ; la taille de la vigne doit se faire en Guyot simple ou double avec un maximum de 18 yeux francs. L'irrigation est interdite. La charge maximale moyenne à la parcelle est fixée à 8 500 kilogrammes de raisins par hectare[4].

Le rendement est limité par le cahier des charges de l'appellation à un maximum de 50 hectolitres par hectare (40 pour une sélection de grains nobles). Chaque année, ce rendement maximum peut être modifié à la hausse ou à la baisse par un arrêté du ministère de l'Agriculture, dans la limite des rendements butoirs de l'appellation, fixés à 60 hl/ha (48 pour une sélection de grains nobles)[4].

Le rendement réel de l'ensemble de l'appellation (les 51 crus alsaciens) est de 50 hectolitres par hectare en moyenne pour l'année 2009[N 5]. Bien que ce soit très en dessous des rendements moyens du vignoble d'Alsace (l'appellation alsace est limitée à un maximum de 80 hl/ha), il s'agit d'un rendement dans la moyenne française.

Les grands crus d'Alsace doivent être obligatoirement vendangés manuellement.

Selon le service des Douanes, les données de production des années récentes sont[3] :

Année Superficie (ha) Production (hl) Rendement (hl/ha)
2022 51,4 2 168 42
2023 48,6 2 184 45
2024 44,02 1 876 43

Titres alcoométriques

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Les raisins récoltés doivent présenter un titre alcoométrique volumique naturel moyen minimum de 12,5 % vol. pour les cépages pinot gris G et gewurztraminer Rs et de 11 % vol. pour le riesling B[N 1] et les muscats. Les vins issus d'un assemblage présentent un titre alcoométrique volumique naturel moyen minimum de 12 % vol.

Ne peut être considéré à bonne maturité tout lot unitaire de vendanges présentant une richesse en sucre inférieure à 193 grammes par litre de moût pour les cépages pinot gris G et gewurztraminer Rs et à 168 grammes par litre de moût pour les autres cépages. Lorsqu'une autorisation d'enrichissement est accordée, l'augmentation du titre alcoométrique volumique naturel moyen minimum ne peut dépasser 1,5 % vol.

Sur l'avis du syndicat viticole d'Ammerschwihr, le comité régional d'experts des vins d'Alsace peut proposer annuellement au comité national des vins et eaux-de-vie de l'Institut national des appellations d'origine, pour la dénomination et pour chaque cépage, un titre alcoométrique naturel moyen minimum supérieur et une richesse en sucre des lots unitaires supérieure à ceux susvisés, ainsi qu'un taux d'enrichissement maximum inférieur au taux susvisé.

Vendanges tardives et sélections de grains nobles

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Les vendanges tardives désignent des vins faits à partir de raisins dont la récolte a été retardée pour les obtenir en surmaturité, d'où des vins riches en sucre et en alcool, aux goûts plus puissants, et souvent moelleux. Selon la législation, le moût doit avoir au moins 243 grammes de sucre par litre si c'est du gewurztraminer (soit 14,4 % vol. d'alcool potentiel), ou au moins 220 grammes de sucre par litre si c'est du riesling ou un muscat (soit 13,1 % vol. d'alcool potentiel) ; aucune chaptalisation n'est permise.

Quant à une sélection de grains nobles, il s'agit d'un vin fait à partir de raisins récoltés par tris sélectifs successifs des grains atteints de pourriture noble (le champignon Botrytis cinerea), ce qui donne des vins encore plus concentrés, plus sucrés, liquoreux. Selon la législation, le moût doit avoir au moins 279 grammes de sucre par litre si c'est du gewurztraminer (soit 16,6 % vol. d'alcool potentiel), ou au moins 256 grammes de sucre par litre si c'est du riesling ou un muscat (soit 15,2 % vol. d'alcool potentiel). Là encore, aucune chaptalisation n'est permise[18].

Le décret du [19] exclut expressément le pinot gris provenant du lieu-dit « Kaefferkopf » des mentions « vendanges tardives » et « sélection de grains nobles ».

Vinification et élevage

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Les grands crus d'Alsace doivent être obligatoirement récoltés manuellement. Le jour de la vendange, à l'arrivée au chai, le raisin est foulé et pressé pour séparer le moût du marc de raisin. Pour ce travail, les pressoirs pneumatiques remplacent progressivement les pressoirs horizontaux à plateau. Puis le moût est mis en cuve pour le débourbage, qui est le soutirage du jus sans les bourbes, soit par filtrage, soit par décantation en attendant qu'elles se déposent au fond de la cuve.

La fermentation alcoolique débute sous l'action de levures indigènes ou de levures sélectionnées introduites lors du levurage : cette opération transforme le sucre du raisin en alcool. La maîtrise de la température de fermentation par un système de réfrigération permet d'exprimer le potentiel aromatique du produit. La fermentation achevée au bout d'un mois, le vin est soutiré afin d'éliminer les lies. La fermentation malolactique n'est généralement pas réalisée, bloquée par un sulfitage pour conserver son acidité au vin. Ce dernier peut être stocké en cuve pour le préparer à l'embouteillage ou élevé en barrique ou foudres de bois de chêne.

Le vin est soutiré, puis généralement de nouveau filtré avant le conditionnement en bouteilles[20].

Gastronomie

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D'une façon générale, les alsaces grands crus sont plus aromatiques, plus concentrés et plus long en bouche que les autres vins d'Alsace. Ils se gardent davantage, vieillissant avec avantage de deux jusqu'à dix ans. Les vendanges tardives renforcent la concentration des arômes, les rendant encore plus puissants ; les sélections de grains nobles donnent des vins encore plus sucrés et alcoolisés, mais avec moins d'arômes fruités. Ils doivent être servi frais, mais pas glacés : l'idéal selon la CIVA est entre 8 et 10 °C.

Le gewürztraminer a une robe dorée soutenue, devenant ambrée avec l'âge, avec un nez et une bouche au fruité très marqué (sont généralement évoqués la rose, le litchi et la bergamote) avec parfois des notes épicées (sont alors évoqués la girofle et le poivre). Un gewürztraminer fera merveille en apéritif ; on peut aussi l'associer avec tous les plats parfumés et relevés, notamment les plats exotiques (y compris pimentés ; il s'associe bien avec le gingembre), le poulet au curry, ou avec le pâté de foie de volaille, le foie gras de canard, la tarte à l'oignon, le poisson fumé, les fromages corsés (du munster par exemple) et les desserts.

Un riesling a une robe claire s'accentuant avec l'âge, avec un nez sur l'agrume ou floral, ainsi qu'une bouche plus vive, parfois minéral[21]. Il s'alliera avec les poissons (grillés, en sauce, ou crus marinés), les crustacés, les plats de la cuisine alsacienne, les viandes blanches (le coq au riesling notamment), les fromages de chèvre ou de brebis.

Un pinot gris a une robe jaune dorée, avec un nez et une bouche au fruité marqué, évoquant l'abricot, le miel et les fruits confits, avec des notes du sous-bois (champignon) s'affirmant avec l'âge. Il se mariera bien avec le foie gras d'oie[12], la poularde, l'oie rôtie, le gratin de langoustines[22], les plats asiatiques sucrés-salés, du comté ou du beaufort.

Type de bouteilles

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Les grand crus, comme tous les vins alsaciens, sont mis en bouteille obligatoirement en Alsace et traditionnellement dans des flûtes, c'est-à-dire des bouteilles du type « vin du Rhin » de 75 centilitres, règlementées par des décrets[23].

Depuis juillet 2025, sont autorisées d'autres formats de bouteilles, tous élancés (rappelant la flûte) : de 300 (l'équivalent du jéroboam), 150 (le magnum), 100 (le litre-flûte), 50 (le demi-litre) et 37,5 cl (la demi-bouteille, ou « fillette »)[4].

Dans tout le vignoble d'Alsace, les vins sont le plus souvent identifiés par leur(s) cépage(s) : riesling, gewurztraminer, etc. Cette mention domine l'étiquette même si elle est facultative.

Lors de la création de l'appellation alsace grand cru, le but était clairement de valoriser le terroir. La mention du cépage n'y est pas obligatoire et il est possible de mettre le nom de la dénomination en caractères plus grands que celui du cépage. Donc plusieurs mentions sur l'étiquette de la bouteille sont possibles, soit simplement le nom de l'appellation et de la dénomination géographique (alsace grand cru Kaefferkopf), soit avec en plus une mention de cépage (gewurztraminer, pinot gris ou riesling), à laquelle peut être rajoutée la mention sélection de grains nobles ou vendanges tardives :

  • alsace grand cru Kaefferkopf ;
  • alsace grand cru Kaefferkopf gewurztraminer ;
  • alsace grand cru Kaefferkopf pinot gris ;
  • alsace grand cru Kaefferkopf riesling ;
  • alsace grand cru Kaefferkopf sélection de grains nobles gewurztraminer ;
  • alsace grand cru Kaefferkopf sélection de grains nobles riesling ;
  • alsace grand cru Kaefferkopf vendanges tardives gewurztraminer ;
  • alsace grand cru Kaefferkopf vendanges tardives riesling.

Liste de producteurs

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  • Maison Jean-Baptiste Adam, à Ammerschwihr[24] ;
  • Domaine Pierre Adam, à Ammerschwihr [25];
  • Audrey et Christian Binner, à Ammerschwihr[26] ;
  • Albert Bohn, à Ammerschwihr[27] ;
  • Romuald Bohn, à Ammerschwihr ;
  • Pierre Colon, à Ammerschwihr[28] ;
  • Henri Ehrhart, à Ammerschwihr[29] ;
  • Félix Eppele & fils, à Ammerschwihr ;
  • Henri Florence & fils, à Ammerschwihr ;
  • Dominique Freyburger, à Ammerschwihr ;
  • Maison Marcel Freyburger, à Ammerschwihr[30] ;
  • Jérôme Geschickt & fils, à Ammerschwihr ;
  • Domaine Maurice Griss, à Ammerschwihr ;
  • Lucien Habold & fils, à Ammerschwihr ;
  • Alphonse Heitzmann & fils, à Ammerschwihr ;
  • Jean-Baptiste Heitzmann & fils, à Ammerschwihr ;
  • Jérôme Heitzmann, à Ammerschwihr ;
  • Domaine Léon Heitzmann, à Ammerschwihr[31] ;
  • Alphonse Hunckler & fils, à Ammerschwihr ;
  • Michel Hunckler, à Ammerschwihr ;
  • Jean-Pierre Kappler, à Ammerschwihr[32] ;
  • Kuehn SA, à Ammerschwihr[33] ;
  • Marcel Lichtle & fils, à Ammerschwihr ;
  • Alphonse & Laurent Mandres, à Ammerschwihr ;
  • Pierre et Audrey Merckle, à Ammerschwihr[34] ;
  • Théodore Meyer & fils, à Ammerschwihr ;
  • J-J. & Y. Mittelberger, à Ammerschwihr ;
  • Martin Schaetzel, à Ammerschwihr[35] ;
  • Thierry & Bernard Scherrer, à Ammerschwihr[36] ;
  • Joseph Schiele, à Ammerschwihr ;
  • Paul & Denis Schiele, à Ammerschwihr ;
  • Bernard Schneider, à Ammerschwihr[37] ;
  • Maurice Schneider, à Ammerschwihr ;
  • Maurice Schoech, à Ammerschwihr ;
  • Maurice Schueller, à Ammerschwihr ;
  • Jean-Martin Sibler, à Ammerschwihr[38] ;
  • Sick-Dreyer, à Ammerschwihr[39] ;
  • Corinne & Jean-Marc Simonis, à Ammerschwihr[40] ;
  • René & Étienne Simonis, à Ammerschwihr ;
  • Domaine de la Sinne (Frédéric Geschickt), à Ammerschwihr ;
  • Fabienne et Clément Tempé, à Ammerschwihr[41] ;
  • Tempé-Jessel, à Ammerschwihr[42] ;
  • Jean-Marie Thomann, à Ammerschwihr[43] ;
  • André Thomas & fils, à Ammerschwihr ;
  • Wackenthaler (EARL François Wackenthaler), à Ammerschwihr[44] ;

[45]

Notes et références

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  1. a b et c Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rs = rose, G = gris.
  2. Le nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
  3. Une texture porphyroblastique décrit la forme d'un type de roche métamorphique, marqué par de gros cristaux entourés de petits, « porphyro » signifiant « deux tailles ».
  4. Le Lettenkohle (de Letten, l'argile, et de Kohle, le charbon) est une partie du Trias correspondant en partie au Ladinien, soit -235 à -232 millions d'années. Les Allemands divisent le Trias en trois périodes (d'où le nom de Trias) portant les noms de Buntsandstein (grès vosgien, poudingue de Sainte-Odile et grès à Voltzia), Muschelkalk (dolomites, argiles salées, calcaires à entroques et à cératites) et Keuper (dit aussi Salzkeuper, argiles bariolées gypseuses) ; ces trois périodes correspondent à peu près pour les auteurs français au Trias inférieur (Induen et Olénékien), moyen (Anisien et Ladinien) et supérieur (Carnien, Norien et Rhétien) ; la différence est que les Allemands mettent le Lettenkohle (argiles dolomitiques à lentilles de lignite) comme début du Keuper, tandis que les Français le mettent à la fin du Trias moyen (partie du Ladinien). Pour les correspondances, voir le tableau de la commission de stratigraphie allemande, sur le site stratigraphie.de.
  5. Le rendement s'obtient en divisant la production par la surface cultivée, soit en 2009 : 43278 / 850 = 50,91 hectolitres par hectare. Source : Le Guide Hachette des vins 2011, éditions Hachette, Paris, 2010 (ISBN 978-2-01-237681-6).

Références

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  1. a et b « Fiche 68066001 Colmar INRA » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr.
  2. Le Guide Hachette des vins 2011, éditions Hachette, Paris, 2010. (ISBN 978-2-01-237681-6)
  3. a b c d et e « Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects : superficies et volumes en production par produit », sur douane.gouv.fr (consulté le ).
  4. a b c d e f g h et i « Cahier des charges des cinquante et une appellations d’origine contrôlées « Alsace grand cru » », modifié par l'arrêté du , publié au JORF du et au BO Agri du .
  5. a et b Syndicat viticole d'Ammerschwihr, Kaefferkopf Grand Cru, in-folio
  6. Article sur le Kaefferkopf, sur le site cooking2000.com.
  7. « Décret du 23 novembre 1983 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Alsace Grand Cru » », publié au JORF du , p. 3438.
  8. « Décret du 17 décembre 1992 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Alsace grand cru » », publié au JORF no 295 du .
  9. « Décret du 12 janvier 2007 modifiant le décret du 24 janvier 2001 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Alsace grand cru » » publié au JORF no 12 du .
  10. « Cahier des charges des cinquante et une appellations d'origine contrôlées « Alsace grand cru » » [PDF] (p. 179-304), homologué par le décret no 2011-1373 du publié au JORF du .
  11. « Arrêté du modifiant le cahier des charges des cinquante et une appellations d'origine contrôlées « Alsace grand cru » », publié au JORF no 0111 du .
  12. a b et c « Grand Cru Kaefferkopf », sur vinsalsace.com.
  13. « Le portail des plans officiels de délimitation | INAO », sur www.inao.gouv.fr (consulté le )
  14. « Texte sur les conflits lors du passage en grand cru, article de Régine Sérange dans l’Est agricole et viticole no 4 du 26 janvier 2007 »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), sur alsace-du-vin.com.
  15. Notice de la carte du BRGM [PDF]no 342 (Colmar-Artolsheim), disponible sur le site infoterre.brgm.fr.
  16. « Carte géologique centrée sur Ammerschwihr » sur Géoportail.
  17. « 68066001 – COLMAR-INRAE – INRA » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr.
  18. [PDF]Fiche sur les vendanges tardives et les sélections de grains nobles, sur le site vinsalsace.com.
  19. « Décret du 1er mars 1984 modifié relatif aux appellations d'origine contrôlées alsace et alsace grand cru »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), sur le site inao.gouv.fr.
  20. « La vinification en blanc »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), sur vinsalsace.com (consulté le ).
  21. Dictionnaire des vins de France, Paris, Hachette, coll. « Les livrets du vin », , 383 p. (ISBN 2-01-236-582-5), p. 15.
  22. Michel Mastrojanni, Guide des vins de France, Paris, Solar, , 2e éd. (1re éd. 1992), 280 p. (ISBN 2-263-01942-1), no 4.
  23. « Décret no 55-673 du 20 mai 1955 relatif à l'emploi de la bouteille type « Vin du Rhin » », publié au JORF du  ; « arrêté du 13 mai 1959 concernant l'emploi de la bouteille du type à « vin du Rhin » », publié au JORF du  ; « décret no 63-295 du 19 mars 1963 relatif aux caractéristiques des bouteilles susceptibles de servir de récipients mesures dans le commerce de certains liquides », publié au JORF du .
  24. Site de la maison Jean-Baptiste Adam.
  25. Site du Domaine Pierre Adam.
  26. Site du domaine Binner.
  27. Site d'Albert Bohn.
  28. Site de Pierre Colon.
  29. Site d'Henri Ehrhart.
  30. Site de la maison Marcel Freyburger.
  31. Site du domaine Léon Heitzmann.
  32. Site des vins Jean-Pierre Kappler.
  33. [1]
  34. Site de Pierre Merckle.
  35. Site du domaine Martin Schaetzel.
  36. Site de Thierry Scherrer.
  37. Site des vins Schneider.
  38. Blog des vins Martin Sibler.
  39. Site Sick-Dreyer.
  40. Site Jean-Marc Simonis.
  41. Site de Fabienne Tempé.
  42. Site de J. Tempé-Jessel.
  43. Site de Jean-Marie Thomann.
  44. Site de François Wackenthaler.
  45. Liste des producteurs constituée en mars 2011. Sources : site kaefferkopf.net et Guide Hachette des vins 2011.

Bibliographie

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  • Vignoble d'Alsace, éditions Benoît France et CIVA, Paris, 2007, carte 88 x 55 cm au 1/120000 (ISBN 978-2-84354-158-2).
  • Vins d'Alsace : carte touristique, Institut géographique nationale, Paris, 2006, carte 96 x 66 cm au 1/125000 (ISBN 978-2-7585-0182-4).
  • Serge Dubs et Denis Rizenthaler, Les grands crus d'Alsace, éditions Serpenoise, Metz, 2002, 288 pages (ISBN 2-87692-567-2).
  • Claude Muller, Les Vins d'Alsace, histoire d'un vignoble, éditions Coprur, Strasbourg, 1999, 192 pages (ISBN 2-84208-008-4).
  • Le vignoble d'Alsace : la route des vins, Mitra productions, Illkirch, 1995, carte 90 x 34 cm au 1/180000 (BNF 40658287).
  • Guide des grands crus d'Alsace, Centre d'information des vins d'Alsace, Colmar, 1994, 50 pages (BNF 36691659).
  • Bernadette Burn et Gilles Schmidt, Alsace, clos et grands crus, collection Le Grand Bernard des vins de France, éditions Jacques Legrand, Paris, 1989, 190 pages (ISBN 2-905969-24-5).

Liens externes

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Articles connexes

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