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Vorbourg

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Vorbourg
Image illustrative de l’article Vorbourg
Les coteaux du Vorbourg.

Désignation(s) Vorbourg
Appellation(s) principale(s) alsace grand cru Vorbourg
Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1992
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble d'Alsace
Localisation Haut-Rhin
Climat tempéré continental
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 968 heures (à Rouffach)[1]
Sol marno-calcaire
Superficie totale 73,61 hectares[2]
Superficie plantée 17,52 (en 2024)[3]
Cépages dominants gewurztraminer Rs[N 1], riesling B, pinot gris G et pinot noir N
Vins produits 80 % blancs et 20 % rouges
Production 612 hl (en 2024)[3]
Pieds à l'hectare minimum 4 500 pieds à l'hectare (5 500 pour le rouge)[4]
Rendement moyen à l'hectare 35 hl/ha (en 2024)[3]

Un alsace grand cru Vorbourg[N 2], ou plus simplement un vorbourg, est un vin français produit sur le lieu-dit le Vorbourg, et plusieurs lieux-dits l'avoisinant, situés sur les communes de Rouffach et de Westhalten, dans le département du Haut-Rhin, dans la collectivité européenne d'Alsace, au sein de la région Grand Est.

Il s'agit d'un des cinquante-et-un grands crus du vignoble d'Alsace, bénéficiant chacun d'une appellation mais partageant le même cahier des charges alsace grand cru[4] (avec des contraintes plus rigoureuses que pour l'appellation alsace).

C'est un des trois grands crus alsaciens qui autorise la production de vin rouge (depuis 2024), avec l'hengst (2022) et le kirchberg-de-barr (2022). La production de blanc représente approximativement 80 % de la production en 2024[3].

Le Vorbourg de Rouffach est mentionné comme une vigne dès le VIIIe siècle, produisant du vin rouge. C'était la propriété de l'évêque de Strasbourg (qui possédait les vignes, la ville elle-même, ainsi qu'Eguisheim et Soultz, le tout formant l’Ober-Mundat[N 3] à partir du Xe siècle), depuis une donation légendaire du roi d'Austrasie Dagobert II : selon la Vita de saint Arbogast, l'évêque Arbogast de Strasbourg aurait sauvé la vie de Sigebert, le fils de Dagobert II par un miracle. En remerciement, le roi lui aurait donné des terres dans le sud de l'Alsace, comprenant notamment Rouffach[5].

Selon le dossier déposé par le Conseil interprofessionnel des vins d'Alsace (CIVA) pour l'obtention de l'appellation grand cru, une partie de ce vignoble a été léguée par l'évêque de Strasbourg Heddo au couvent d’Ettenheim en 762 ; la chose se répéta en 770 au profit du couvent d’Eschau.

En 1868, un établissement d'enseignement des techniques viticoles a été fondé à Rouffach ; devenu lycée agricole (depuis 2010, son nom est l'EPLEFPA : Établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricole Rouffach – Wintzenheim) : il possède une petite partie des vignes du Vorbourg.

L'appellation alsace grand cru est reconnue par le décret du , avec à ce moment un seul cru peut rajouter son nom à celui de l'appellation[6] ; en 1983, 24 autres sont rajoutés[7], mais le cru du Vorbourg n'est pas parmi les vingt-cinq premiers sélectionnés : ses viticulteurs attendront le décret du [8] pour en faire partie.

Il y a eu depuis quelques modifications : en mars 1984 les mentions vendanges tardives et sélection de grains nobles sont réglementées au sein de l'appellation[9] ; en 2001, les rendements sont réduits (passant de 70 à 55 hl/ha)[10] ; en octobre 2011, tous les grands crus d'Alsace passent du statut de dénominations géographiques au sein d'une même appellation à celle d'autant d'appellations partageant le même cahier des charges[11] ; en mai 2022, nouvelle réduction du rendement (à 50 hl/ha) et autorisation du rouge[12] ; en juillet 2025, autorisation des bouteilles de 300, 150, 100, 50 et 37,5 cl)[4].

Depuis le millésime 2024, le Vorbourg devient le troisième terroir d’Alsace où le pinot noir est reconnu en grand cru[13].

Étymologie

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Le toponyme « Vorbourg » signifie « devant le château », de vor en allemand qui signifie « devant » et de Burg (francisé en « bourg ») qui se traduit par « château fort ».

Aire d'appellation

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Le vorbourg est produit en France, dans la collectivité européenne d'Alsace, au sein de la région Grand Est, plus précisément dans le département du Haut-Rhin sur les communes de Rouffach et de Westhalten, à 17 kilomètres au sud de Colmar.

Images externes
Carte de l'aire d'appellation du vorbourg
Cartes cadastrales de l'appellation
Orthophotos du parcellaire de l'appellation
Carte du vignoble d'Alsace, avec l'indication des grands crus.

Sur la route des vins d'Alsace, le Vorbourg se trouve entre le Steinert au nord et le Zinnkoepflé à l'ouest (ce dernier cru étant en partie sur la commune de Westhalten).

Les parcelles de vignes forment une bande étroite et continue à flanc de coteau, entre 210 et 300 mètres d'altitude, sur des pentes fortes exposées pour la majeure partie à l'est-sud-est au-dessus de la ville de Rouffach et pour une partie minoritaire au sud-sud-est (cas du Clos Saint Landelin). Si la superficie de l'appellation est de [[Hectare|73,61 hectares]][2] (d'un seul tenant), seuls approximativement 15 hectares ont été déclarés pour la production du grand cru dans les années récentes[3].

L'aire d'appellation du vorbourg[14] s'étend principalement sur plusieurs lieux-dits de la commune de Rouffach : Vorburg proprement dit, Clos Saint Landelin à l'extrémité sud (20 hectares cultivés en monopole), Schulzengass (sauf partie ouest), Oberer et Unterer Langzug, Untermamberg, Rumpelstein, Lange Gass( 2 parcelles), Langer Zug, Schemmel, Kortfuessle (partie ouest), Heiliger Brunnen (sauf partie nord-ouest), Schwobstell (partie ouest), Mattstein (partie sud), Hohrain (sauf partie sud-est) et Gebreit. Quelques parcelles de Lutzelthal sur la commune de Westhalten fornt également partie de l'aire d'appellation.

Géologie et orographie

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Les collines sous-vosgiennes correspondent à une série de failles formant la transition entre les Vosges cristallines et la plaine du Rhin sédimentaire sous forme d'un escarpement.

Le Vorbourg correspond à des pentes composées d'éboulis anciens liés entre eux, datés du début du Rupélien[N 4]. Ce faciès de bordure de bassin est épais, dépassant la centaine de mètres, formé d'un conglomérat composé de galets de grès et de calcaire oolithique, selon le principe de la sédimentation inverse : se sont déposés d'abord les éboulis des couches supérieures (donc les plus jeunes, des calcaires à entroques du Muschelkalk[N 5] qu'on retrouve sur le Zinnkoepflé voisin), puis celles en dessous (un peu plus anciennes, des grès à Voltzia du Buntsandstein qu'on retrouve encore plus à l'ouest) ; résultat, le conglomérat est formé de grès à proximité de la surface et de calcaires plus en profondeur.

Enfin, la partie basse du coteau est couverte par des lœss formant un dépôt de plusieurs mètres. Ce limon jaune clair, pulvérulent, datant du Riss, est très fertile car perméable à l'eau. Le dépôt s'épaissit au pied de la côte par ruissellement[15],[16]. Le sol sur lequel poussent les vignes est marno-calcaire.

Climatologie

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Le climat est continental avec des printemps chauds, des étés secs et ensoleillés, de longs automnes et des hivers froids. À l'ouest, le massif des Vosges protège un peu le coteau du vent et de la pluie : les vents d'ouest dominants perdent leur humidité sur le versant occidental et parviennent en Alsace sous forme de foehn, plus secs et chauds. Les précipitations sont donc moindres et les températures un peu plus hautes (moyenne annuelle plus haute de 1,5 °C) que ce qui serait attendu à cette latitude.

La station météorologique automatique Météo-France de Rouffach (celle qui était de 1986 à 2021 sur le domaine du Hohrain, à 285 mètres d'altitude : 47° 57′ 55″ N, 7° 17′ 12″ E)[17] se trouve sur le coteau.

Relevés à Rouffach de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −0,2 0,3 3,2 6,4 10,3 13,6 15,2 14,8 11,2 7,6 3,5 0,7 7,2
Température moyenne (°C) 2,6 3,7 7,5 11,3 15,3 18,8 20,6 20,3 16,2 11,6 6,4 3,4 11,5
Température maximale moyenne (°C) 5,3 7,1 11,7 16,3 20,3 24 26 25,8 21,2 15,7 9,4 6 15,7
Nombre de jours avec gel 15,2 12,8 6,2 1,1 0 0 0 0 0 0,9 5,9 13,7 55,8
Ensoleillement (h) 104,8 124,7 104,7 224,5 226,8 239,4 294,4 227,3 206,6 81,5 53,9 80,3 1 968,9
Précipitations (mm) 40 33 35,1 43,3 72,8 66,7 65,6 64,2 50,3 58,5 44,5 47,8 621,8
Source : Météo-France[1].
Diagramme climatique
JFMAMJJASOND
 
 
 
5,3
−0,2
40
 
 
 
7,1
0,3
33
 
 
 
11,7
3,2
35,1
 
 
 
16,3
6,4
43,3
 
 
 
20,3
10,3
72,8
 
 
 
24
13,6
66,7
 
 
 
26
15,2
65,6
 
 
 
25,8
14,8
64,2
 
 
 
21,2
11,2
50,3
 
 
 
15,7
7,6
58,5
 
 
 
9,4
3,5
44,5
 
 
 
6
0,7
47,8
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

Encépagement

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Les vins correspondant à l'appellation d'origine contrôlée alsace grand cru suivie de la dénomination géographique (nom de lieu-dit) Vorbourg peuvent être produits avec les cépages suivants : riesling B[N 1], pinot gris G, gewurztraminer Rs, muscat ottonel B, muscat blanc à petits grains B, muscat rose à petits grains Rs, ou, depuis le millésime 2024, pinot noir N[4].

Dans la pratique, avant l'autorisation du pinot noir (et donc du rouge) l'encépagement du vignoble produit en grand cru se constituait de 53 % de gewurztraminer Rs, 24 % de riesling B, et 23% de pinot gris G[18].

Le gewurztraminer Rs (signifie « traminer aromatique » en allemand) est un cépage rose aux baies orange ou tirant vers le violet. Ce proche parent du savagnin B et du savagnin rose Rs (appelé en Alsace klevener de Heiligenstein) est plutôt vigoureux, produit de gros rendements et donne de meilleurs résultats sur des sols marneux ou calcaires que sur des sols granitiques ou schisteux.

Le riesling B est un cépage au débourrement et à la maturation tardives, nécessitant des coteaux bien exposés au Soleil, dont les vendanges peuvent avoir lieu vers la mi-octobre. Par contre, il résiste bien aux gelées d'hiver. Il donne de meilleurs résultats sur les sols granitiques, d'où une présence moins dominante sur le Vorbourg qu'ailleurs.

Le pinot gris G (appelé Grauburgunder, « bourguignon gris » en allemand, « malvoisie » en Valais ou pinot grigio en Italie) est un cépage fragile et de maturité assez précoce. Il est issu d’une mutation du pinot noir et donc d’origine bourguignonne, où il est appelé « pinot beurot ». Il donne de meilleurs résultats sur des sols composés de cailloutis calcaires à condition d'être bien drainés grâce à une exposition en coteau.

Le pinot noir N apprécie les argiles rouges riches en fer présents sur le haut du coteau du Vorbourg[19]. Il a la réputation d'être un cépage capricieux, craignant nombre de maladies. Il débourre précocement, ce qui fait qu'il est sensible aux gelées printanières, notamment en plaine ou en bas des coteaux.

Pratiques culturales

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La densité de plantation est au minimum de 4 500 pieds par hectare (5 500 pour les rouges) ; l'écartement entre les rangs de vignes ne doit pas dépasser les deux mètres ; l'écartement entre les pieds sur le rang doit être compris entre 0,75 et 1,5 mètre ; les vignes sont conduites en hautain pour les protéger du gel, avec le feuillage palissé en espalier.

La hauteur de feuillage palissé ne peut être inférieure à 0,675 fois l'écartement entre les rangs ; la taille de la vigne doit se faire en Guyot simple ou double avec un maximum de 18 yeux francs (14 pour les vins rouges). L'irrigation est interdite. La charge maximale moyenne à la parcelle est fixée à 8 500 kilogrammes de raisins par hectare (7 000 kg/ha pour les vins rouges)[4].

Le rendement est limité par le cahier des charges de l'appellation à un maximum de 50 hectolitres par hectare (40 pour un rouge et pour une sélection de grains nobles). Chaque année, ce rendement maximum peut être modifié à la hausse ou à la baisse par un arrêté du ministère de l'Agriculture, dans la limite des rendements butoirs de l'appellation, fixés à 60 hl/ha (48 pour un rouge et pour une sélection de grains nobles)[4].

Le rendement réel de l'ensemble des grands crus alsaciens en 2024 a été de 40,1 hectolitres par hectare en moyenne[N 6]. Le rendement du vorbourg était de 36 hl/ha en blanc et 30 hl/ha en rouge[3].

Les grands crus d'Alsace doivent être obligatoirement vendangés manuellement.

Selon le service des Douanes, les données de production des années récentes sont[3] :

Année vorbourg blanc vorbourg rouge
superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha) superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha)
2022 14,53 581 40
2023 13,95 588 42
2024 13,3 485 36 4,22 127 30

Titres alcoométriques

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Les raisins récoltés doivent présenter un titre alcoométrique volumique naturel moyen minimum de 12,5 % vol. pour les cépages pinot gris G et gewurztraminer Rs et de 11 % vol. pour le riesling B[N 1] et les muscats. Les vins issus d'un assemblage présentent un titre alcoométrique volumique naturel moyen minimum de 12 % vol.

Ne peut être considéré à bonne maturité tout lot unitaire de vendanges présentant une richesse en sucre inférieure à 193 grammes par litre de moût pour les cépages pinot gris G et gewurztraminer Rs et à 168 grammes par litre de moût pour les autres cépages. Lorsqu'une autorisation d'enrichissement est accordée, l'augmentation du titre alcoométrique volumique naturel moyen minimum ne peut dépasser 1,5 % vol.

Sur l'avis du syndicat viticole de Rouffach, le comité régional d'experts des vins d'Alsace peut proposer annuellement au comité national des vins et eaux-de-vie de l'Institut national des appellations d'origine, pour la dénomination et pour chaque cépage, un titre alcoométrique naturel moyen minimum supérieur et une richesse en sucre des lots unitaires supérieure à ceux susvisés, ainsi qu'un taux d'enrichissement maximum inférieur au taux susvisé.

Vendanges tardives et sélections de grains nobles

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Les vendanges tardives désignent des vins faits à partir de raisins dont la récolte a été retardée pour les obtenir en surmaturité, d'où des vins riches en sucre et en alcool, aux goûts plus puissants, et souvent moelleux. Selon la législation, le moût doit avoir au moins 243 grammes de sucre par litre si c'est du gewurztraminer ou du pinot gris (soit 14,4 % vol. d'alcool potentiel), ou au moins 220 grammes de sucre par litre si c'est du riesling ou un muscat (soit 13,1 % vol. d'alcool potentiel) ; aucune chaptalisation n'est permise.

Quant à une sélection de grains nobles, il s'agit d'un vin fait à partir de raisins récoltés par tris sélectifs successifs des grains atteints de pourriture noble (le champignon Botrytis cinerea), ce qui donne des vins encore plus concentrés, plus sucrés, liquoreux. Selon la législation, le moût doit avoir au moins 279 grammes de sucre par litre si c'est du gewurztraminer ou du pinot gris (soit 16,6 % vol. d'alcool potentiel), ou au moins 256 grammes de sucre par litre si c'est du riesling ou un muscat (soit 15,2 % vol. d'alcool potentiel). Là-aussi aucune chaptalisation n'est permise[20].

Vinification et élevage

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Les grands crus d'Alsace doivent être obligatoirement récoltés manuellement. Le jour de la vendange, à l'arrivée au chai, le raisin est foulé et pressé pour séparer le moût du marc de raisin. Pour ce travail, les pressoirs pneumatiques remplacent progressivement les pressoirs horizontaux à plateau. Puis le moût est mis en cuve pour le débourbage, qui est le soutirage du jus sans les bourbes, soit par filtrage, soit par décantation en attendant qu'elles se déposent au fond de la cuve.

La fermentation alcoolique débute sous l'action de levures indigènes ou de levures sélectionnées introduites lors du levurage : cette opération transforme le sucre du raisin en alcool. La maîtrise de la température de fermentation par un système de réfrigération permet d'exprimer le potentiel aromatique du produit. La fermentation achevée au bout d'un mois, le vin est soutiré afin d'éliminer les lies. La fermentation malolactique n'est généralement pas réalisée, bloquée par un sulfitage pour conserver son acidité au vin. Ce dernier peut être stocké en cuve pour le préparer à l'embouteillage ou élevé en barrique ou foudres de bois de chêne.

Le vin est soutiré, puis généralement de nouveau filtré avant le conditionnement en bouteilles[21].

Dans le cas de la vinification du rouge, la coloration du moût nécessite une macération du grain de raisin dans le jus ; en effet, le pinot noir est un cépage rouge à jus blanc. Seule la pellicule comporte les anthocyanes colorantes. Dans le cas du vin rouge, la macération dure le temps de la fermentation alcoolique. Outre la couleur, elle permet de solubiliser les tanins. Le pressurage intervient à ce moment-là pour séparer le vin du marc de raisin. Le vin subit alors la fermentation malolactique. Elle transforme l'acide malique à deux groupes carboxyle, en acide lactique qui n'en comporte qu'un. L'opération conduit à une désacidification naturelle du vin ; elle arrondit le vin, le rend plus souple et moins âpre.

Gastronomie

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D'une façon générale, les alsaces grands crus sont plus aromatiques, plus concentrés et plus long en bouche que les autres vins d'Alsace. Ils se gardent davantage, vieillissant avec avantage de deux jusqu'à dix ans. Les vendanges tardives renforcent la concentration des arômes, les rendant encore plus puissants ; les sélections de grains nobles donnent des vins encore plus sucrés et alcoolisés, mais avec moins d'arômes fruités. Ils doivent être servi frais, mais pas glacés : l'idéal selon la CIVA est entre 8 et 10 °C.

Le gewürztraminer a une robe dorée soutenue, devenant ambrée avec l'âge, avec un nez et une bouche au fruité très marqué (sont généralement évoqués la rose, le litchi et la bergamote) avec parfois des notes épicées (sont alors évoqués la girofle et le poivre). Un gewürztraminer fera merveille en apéritif ; on peut aussi l'associer avec tous les plats parfumés et relevés, notamment les plats exotiques (y compris pimentés ; il s'associe bien avec le gingembre), le poulet au curry, ou avec le pâté de foie de volaille, le foie gras de canard, la tarte à l'oignon, le poisson fumé, les fromages corsés (du munster par exemple) et les desserts.

Un pinot gris a une robe jaune dorée, avec un nez et une bouche au fruité marqué, évoquant l'abricot, le miel et les fruits confits, avec des notes du sous-bois (champignon) s'affirmant avec l'âge. Il se mariera bien avec le foie gras, la poularde, l'oie rôtie, le gratin de langoustines[22], les plats asiatiques sucrés-salés, du comté ou du beaufort.

Un riesling a une robe claire s'accentuant avec l'âge, avec un nez sur l'agrume ou floral, ainsi qu'une bouche plus vive, parfois minéral[23]. Il s'alliera avec les poissons (grillés, en sauce, ou crus marinés), les crustacés, les plats de la cuisine alsacienne, les viandes blanches (le coq au riesling notamment), les fromages de chèvre ou de brebis.

Un vin rouge fait à partir de pinot noir est le plus souvent un vin à la robe sombre, avec un nez et une bouche boisés (à cause de l'élevage en fût ou en foudre), un peu tannique. Ils sont à servir plutôt frais, entre 10 et 14 ; ils s'accordent avec la cuisine alsacienne, notamment avec les plats de viande nécessitant un vin rouge.

Type de bouteilles

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Les grand crus, comme tous les vins alsaciens, sont mis en bouteille obligatoirement en Alsace et traditionnellement dans des flûtes, c'est-à-dire des bouteilles du type « vin du Rhin » de 75 centilitres, règlementées par des décrets[24].

Depuis juillet 2025, sont autorisées d'autres formats de bouteilles, tous élancés (rappelant la flûte) : de 300 (l'équivalent du jéroboam), 150 (le magnum), 100 (le litre-flûte), 50 (le demi-litre) et 37,5 cl (la demi-bouteille, ou « fillette »)[4].

Mentions sur l'étiquette

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Dans tout le vignoble d'Alsace, les vins sont le plus souvent identifiés par leur(s) cépage(s) : riesling, gewurztraminer, etc. Cette mention domine l'étiquette même si elle est facultative.

Lors de la création de l'appellation alsace grand cru, le but était clairement de valoriser le terroir. La mention du cépage n'y est pas obligatoire et il est possible de mettre le nom de la dénomination en caractères plus grands que celui du cépage. Donc plusieurs mentions sur l'étiquette de la bouteille sont possibles, soit simplement le nom de l'appellation et de la dénomination géographique (alsace grand cru Vorbourg), soit avec en plus une mention de cépage (gewurztraminer, pinot gris ou riesling), à laquelle peut être rajoutée la mention vendanges tardives ou sélection de grains nobles :

  • alsace grand cru Vorbourg ;
  • alsace grand cru Vorbourg riesling ;
  • alsace grand cru Vorbourg pinot gris ;
  • alsace grand cru Vorbourg gewurztraminer ;
  • alsace grand cru Vorbourg pinot noir ;
  • alsace grand cru Vorbourg vendanges tardives riesling ;
  • alsace grand cru Vorbourg vendanges tardives pinot gris ;
  • alsace grand cru Vorbourg vendanges tardives gewurztraminer ;
  • alsace grand cru Vorbourg sélection de grains nobles riesling ;
  • alsace grand cru Vorbourg sélection de grains nobles pinot gris ;
  • alsace grand cru Vorbourg sélection de grains nobles gewurztraminer.

Les noms des différents lieux-dits composant le Vorbourg peuvent être rajoutés sur l'étiquette : Lutzelthal, Clos Saint-Landelin, Vorburg ou Mamberg (ce dernier à ne pas confondre avec le cru de Mambourg sur la commune de Sigolsheim).

Liste de producteurs

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Notes et références

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  1. a b et c Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rs = rose, G = gris.
  2. Le nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
  3. L’Ober-Mundat signifie haut-mandat, par opposition à l’Untermundat, le bas-mandat qui se trouve près de Wissembourg.
  4. Le Rupélien est ce que les géologues allemands appelaient avant que les échelles géologiques ne soient harmonisées le Latdorfium, qui se traduit par « Latdorfien » en français, correspondant à la période de dépôt du sel gemme sur la plaine d'Alsace.
  5. Les Allemands divisent le Trias en trois périodes (d'où le nom de Trias) portant les noms de Buntsandstein (grès vosgien, poudingue de Sainte-Odile et grès à Voltzia), Muschelkalk (dolomites, argiles salées, calcaires à entroques et à cératites) et Keuper (dit aussi Salzkeuper, argiles bariolées gypseuses) ; ces trois périodes correspondent à peu près pour les auteurs français au Trias inférieur (Induen et Olénékien), moyen (Anisien et Ladinien) et supérieur (Carnien, Norien et Rhétien) ; la différence est que les Allemands mettent le Lettenkohle (argiles dolomitiques à lentilles de lignite) comme début du Keuper, tandis que les Français le mettent à la fin du Trias moyen (partie du Ladinien). Pour les correspondances, voir [PDF] Deutsche Stratigraphische Kommission (Hrsg.): Stratigraphische Tabelle von Deutschland 2002, Potsdam, 2002 (ISBN 3-00-010197-7).
  6. Le rendement s'obtient en divisant la production par l'aire cultivée, soit en 2024 : 25 825,83 hl / 643,1624 ha = 40,15 hl/ha. Source : service des Douanes[3].

Références

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  1. a et b « Fiche 68287003 Rouffach SA » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr.
  2. a et b Carte des parcelles du cru Kaefferkopf, sur le site vinsalsace.com.
  3. a b c d e f g et h « Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects : superficies et volumes en production par produit », sur douane.gouv.fr (consulté le ).
  4. a b c d e f et g « Cahier des charges des cinquante et une appellations d’origine contrôlées « Alsace grand cru » », modifié par l'arrêté du , publié au JORF du et au BO Agri du .
  5. Récit de la dotation, sur le site alsace-du-vin.com.
  6. « Décret du 20 novembre 1975 définissant l'appellation d'origine contrôlée « Alsace Grand Cru » », publié au JORF du p. 12072-12073.
  7. « Décret du 23 novembre 1983 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Alsace Grand Cru » », publié au JORF du , p. 3438.
  8. « Décret du 17 décembre 1992 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Alsace grand cru » », publié au JORF no 295 du .
  9. « Décret du relatif aux appellations d'origine contrôlées « Alsace » et « Alsace grand cru » », publié au JORF du .
  10. « Décret du 24 janvier 2001 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Alsace grand cru » », publié au JORF no 22 du .
  11. « Cahier des charges des cinquante et une appellations d'origine contrôlées « Alsace grand cru » » [PDF] (p. 179-304), homologué par le décret no 2011-1373 du publié au JORF du .
  12. « Arrêté du modifiant le cahier des charges des cinquante et une appellations d'origine contrôlées « Alsace grand cru » », publié au JORF no 0111 du .
  13. https://c.lalsace.fr/economie/2024/09/20/pinot-noir-grand-cru-le-vorbourg-recolte-les-fruits-de-la-patience
  14. INAO, « Le portail des plans officiels de délimitation »
  15. Notice de la carte du BRGM [PDF]no 378 (Neuf-Brisach Obersaasheim, disponible sur le site infoterre.brgm.fr.
  16. « Carte géologique centrée sur le Vorbourg » sur Géoportail.
  17. « 68287003 – ROUFFACH - SA – DOMAINE DU HOHRAIN » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr.
  18. « Grand Cru Vorbourg - Vins d'Alsace », sur www.vinsalsace.com (consulté le )
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  20. [PDF] « Fiche sur les vendanges tardives et les sélections de grains nobles », sur vinsalsace.com.
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  24. « Décret no 55-673 du 20 mai 1955 relatif à l'emploi de la bouteille type « Vin du Rhin » », publié au JORF du  ; « arrêté du 13 mai 1959 concernant l'emploi de la bouteille du type à « vin du Rhin » », publié au JORF du  ; « décret no 63-295 du 19 mars 1963 relatif aux caractéristiques des bouteilles susceptibles de servir de récipients mesures dans le commerce de certains liquides », publié au JORF du .
  25. « Vins Bannwarth », sur vins-bannwarth.com.
  26. « François Braun et ses fils », sur francois-braun.fr.
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  29. « EPLEFPA Rouffach-Wintzenheim », sur rouffach.educagri.fr.
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  31. « La Cave des vignerons de Pfaffenheim », sur pfaffenheim.com.
  32. « Vins d'Alsace Ernest Preiss », sur ernest-preiss.com.

Bibliographie

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  • Vignoble d'Alsace, éditions Benoît France et CIVA, Paris, 2007, carte 88 x 55 cm au 1/120000 (ISBN 978-2-84354-158-2).
  • Vins d'Alsace : carte touristique, Institut géographique nationale, Paris, 2006, carte 96 x 66 cm au 1/125000 (ISBN 978-2-7585-0182-4).
  • Serge Dubs et Denis Rizenthaler, Les grands crus d'Alsace, éditions Serpenoise, Metz, 2002, 288 pages (ISBN 2-87692-567-2).
  • Claude Muller, Les Vins d'Alsace, histoire d'un vignoble, éditions Coprur, Strasbourg, 1999, 192 pages (ISBN 2-84208-008-4).
  • Le vignoble d'Alsace : la route des vins, Mitra productions, Illkirch, 1995, carte 90 x 34 cm au 1/180000 (BNF 40658287).
  • Guide des grands crus d'Alsace, Centre d'information des vins d'Alsace, Colmar, 1994, 50 pages (BNF 36691659).
  • Bernadette Burn et Gilles Schmidt, Alsace, clos et grands crus, collection Le Grand Bernard des vins de France, éditions Jacques Legrand, Paris, 1989, 190 pages (ISBN 2-905969-24-5).

Liens externes

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Articles connexes

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