Aller au contenu

Sekhemrê-Shedtaouy Sobekemsaf

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Sobekemsaf II)

Sekhemrê-Shedtaouy Sobekemsaf
Image illustrative de l’article Sekhemrê-Shedtaouy Sobekemsaf
Statuette de Sobekemsaf assis, probablement provenant de la région thébaine[1]
Période Deuxième Période intermédiaire
Dynastie XVIIe dynastie
Fonction principale roi
Prédécesseur Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf ?
Successeur Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa
Famille
Conjoint Noubkhâes II
Enfant(s) Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa
Noubkheperrê Antef
Sekhemrê-Herouhermaât Antef ?
Sépulture
Type Tombeau
Emplacement nécropole de Dra Abou el-Naga (Thèbes)

Sekhemrê-Shedtaouy Sobekemsaf II est un roi de la XVIIe dynastie, probablement le prédécesseur de Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa (Antef V ou VI).

Attestations

[modifier | modifier le code]

Attestations contemporaines

[modifier | modifier le code]

Le roi est attesté par quelques documents[2] :

Sept documents mentionnent un roi Sobekemsaf, sans qu'il soit possible de manière certaine de les attribuer à Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf ou à Sekhemrê-Shedtaouy Sobekemsaf[7] :

  • une stèle découvete à Thèbes,
  • une statue découverte dans la cachette de Karnak,
  • une double-statue fragmentaire dédiée à Mout et peut-être originaire de Karnak ; elle est conservée au British Museum (EA 69536)[8],
  • une statuette dédiée à Montou découverte dans la cachette de Karnak et conservée au Musée égyptien du Caire (JE 37420 = CG 42029) ; Ryholt suggère qu'elle devait à l'origine être érigéee à Tôd[7],
  • une statuette du « fils du roi » Antefmosé, loué par un roi Sobekemsaf, sans provenance connue et conservée au British Museum (EA 13329)[9],[10],
  • un sceau-scarabée en jaspe et or et conservé au Metropolitan Museum of Art (MMA 26.7.86)[11]
  • un graffiti conservé au Ouadi el-Shatt el-Rigal (graffiti no 490 de Petrie)[12].

Attestations postérieures

[modifier | modifier le code]

Le roi est attesté dans les papyrii Abbott, Ambras (en) et Amherst-Léopold II, datant du règne de Ramsès IX et mentionnant l'inspection de sa tombe et le procès des pilleurs de cette dernière[2].

Le roi serait peut-être attesté sur la liste de Karnak, à la position 58[13].

Il a pour reine une certaine Noubkhâes II, citée dans le papyrus Abbott et enterrée avec lui dans la même tombe. D'après les inscriptions trouvées sur un chambranle de porte découvert dans les vestiges d'un temple de la XVIIe dynastie à Gebel Antef sur la route Louxor-Farshut, on sait aujourd'hui que Noubkheperrê Antef et, par implication, son frère Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa étaient les fils d'un des deux rois Sobekemsaf. La plupart des égyptologues pensent qu'il s'agit de Sekhemrê-Shedtaouy Sobekemsaf[14],[15],[16],[17],[18],[19]. Claude Vandersleyen lui donne également comme fils le roi Sekhemrê-Herouhermaât Antef[16].

Position chronologique

[modifier | modifier le code]

En tant que père d'au moins deux des trois Antef, son règne est considéré comme immédiatement antérieur à leurs règnes. Ainsi, dans la vision courte de la XVIIe dynastie, il est positionné systématiquement au début de la dynastie : en deuxième position pour Kim Ryholt[20], en troisième pour Daniel Polz[21] et en première position pour Claude Vandersleyen[22] et Julien Siesse[23],[24],[note 2].

Sa numérotation est plus problématique. En effet, la position de Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf est un sujet débattu par les égyptologues. La plupart le positionne après Sekhemrê-Ouadjkhâou SobekemsafXVIIe dynastie[25],[21],[26],[22],[23],[24]. Ainsi, dans cette configuration, Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf est numéroté Sobekemsaf Ier et Sekhemrê-Shedtaouy Sobekemsaf est numéroté Sobekemsaf II. Mais Kim Ryholt place Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf à la fin de la XVIIe dynastie, juste avant Senakhtenrê Iâhmes ; ainsi, ce roi devient Sobekemsaf II et Sekhemrê-Shedtaouy Sobekemsaf est numéroté Sobekemsaf Ier[20].

Le pillage de sa tombe

[modifier | modifier le code]

Sa tombe et son pillage sont attestés dans les papyrii Abbott, Ambras (en) et Amherst-Léopold II, datant du règne de Ramsès IX. Les confessions et les procès pour vol de tombe des hommes responsables du pillage de la tombe de Sekhemrê-Shedtaouy Sobekemsaf sont détaillés dans ce dernier papyrus qui est daté de l'« An 16, 3e mois de Peret, 22e jour » de Ramsès IX. Ce document relate qu'un certain Amenpanéfer, fils d'Anhernakht, tailleur de pierre du temple d'Amon-Rê, « a pris l'habitude de piller les tombes [des nobles de Thèbes-Ouest] en compagnie du tailleur de pierre Hapiour » et mentionne qu'ils ont pillé la tombe de Sobekemsaf avec six autres complices en l'an 13 de Ramsès IX[27]. Amenpanéfer confessa :

« ...nous sommes allés voler les tombes... et nous avons trouvé la pyramide de [roi] Sekhemrê-Shedtaouy, le fils de Rê Sobekemsaf, qui n'était pas du tout comme les pyramides et les tombes des nobles que nous avions l'habitude de voler[27]. »

Dans son procès, Amenpanéfer témoigne que lui et ses compagnons ont creusé un tunnel dans la pyramide du roi avec leurs outils en cuivre :

« Puis nous avons percé les décombres... et nous avons trouvé ce dieu (roi) couché au fond de son lieu de sépulture. Nous avons trouvé le lieu de sépulture de Noubkhâes II, sa reine, situé juste à côté de lui ... Nous avons ouvert les sarcophages et les cercueils dans lesquels ils se trouvaient, et nous avons trouvé la noble momie de ce roi, équipée d'un faucon ; un grand nombre d'amulettes et de bijoux en or étaient sur son cou, et sa coiffe en or était sur lui. La noble momie de ce roi était entièrement recouverte d'or, et ses cercueils étaient ornés d'or et d'argent à l'intérieur et à l'extérieur et incrustés de toutes sortes de pierres précieuses. Nous avons recueilli l'or sur la noble momie de ce dieu... et nous avons également recueilli tout ce que nous avons trouvé sur elle (la reine) ; et nous avons mis le feu à leurs cercueils. Nous avons pris leur mobilier... composé d'objets en or, en argent et en bronze, et nous les avons répartis entre nous... Puis nous avons traversé Thèbes. Quelques jours plus tard, le directeur du district de Thèbes a appris que nous avions volé à l'ouest, et ils m'ont saisi et emprisonné dans le bureau du maire de Thèbes. Et je pris les vingt deben d'or qui m'étaient tombés dessus comme ma part et les donnai à Khâmope, le scribe du quartier rattaché au lieu de débarquement de Thèbes. Il me libéra, et je rejoignis mes compagnons, qui me compensèrent encore une fois avec une portion. Ainsi, avec d'autres voleurs qui sont avec moi, j'ai continué jusqu'à ce jour à voler les tombes des nobles et des gens [décédés] du pays qui reposent à l'ouest de Thèbes[27]. »

Amenpanéfer déclara que les trésors prélevés sur les deux momies royales s'élevaient à 160 deben d'or (soit 14,5 kg)[28]. Le document se termine par la condamnation des voleurs - avec une probable peine de mort - et note qu'une copie des transcriptions officielles du procès a été envoyée à Ramsès IX en Basse-Égypte. Amenpanéfer lui-même aurait été condamné à mort par empalement, un châtiment qui était réservé aux crimes les plus odieux dans l'Égypte antique[29].

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. Seul son nom de Sa-Rê, Sobekemsaf, est attesté, mais il est considéré de manière conseusuelle comme le père de Noubkheperrê Antef (Ryholt 1997, p. 393).
  2. Siesse classe de manière certaine 7 rois dans la XVIIe dynastie ; il classe également quatre autres rois à la charnière des XVIe et XVIIe dynasties et classe quatre autres rois à une place indéterminée dans la XVIIe dynastie(Siesse 2019, p. 101-107).

Références

[modifier | modifier le code]
  1. Petrie 1898, p. 223.
  2. a et b Ryholt 1997, p. 393.
  3. (en) « Bloc d'Abydos (EA 1163) »
  4. (en) « Stèle de Sobekhotep (EA 1163) »
  5. (en) « Fragment de stèle (25.3.329) »
  6. (en) « Fragment de chapelle (25.3.330) »
  7. a et b Ryholt 1997, p. 401.
  8. (en) « Double statue fragmentaire (EA 69536) »
  9. Vernus 1986, 16 [67].
  10. (en) « La statuette EA 13329 au British Museum »
  11. (en) « Sceau-scarabée au Metropolitan Museum of Art »
  12. Petrie 1888, Pl. XVI [490].
  13. Siesse 2019, p. 34.
  14. Ryholt 1997, p. 270.
  15. Dodson et Hilton 2004, p. 117.
  16. a et b Vandersleyen 2010, p. 110.
  17. Polz 2007, p. 34-38.
  18. Polz 2010, p. 344-345.
  19. Siesse 2019, p. 103.
  20. a et b Ryholt 1997, p. 171.
  21. a et b Polz 2007, p. 25-34 & 50.
  22. a et b Vandersleyen 2010, p. 108-125.
  23. a et b Siesse 2015, p. 85-93.
  24. a et b Siesse 2019, p. 101-107.
  25. von Beckerath 1999, p. 128-129.
  26. Vandersleyen 1995, p. 661-662.
  27. a b et c Cottrell 1977, p. 135-136.
  28. Clayton 1994, p. 171.
  29. Gill 2003, p. 176-177.

Bibliographie

[modifier | modifier le code]
  • (en) William Matthew Flinders Petrie, A History of Egypt, vol. I, (lire en ligne) ;
  • (en) William Matthew Flinders Petrie, A season in Egypt, 1887, Londres, (lire en ligne) ;
  • Pascal Vernus, Le surnom au Moyen Empire : répertoire, procédés d'expression et structures de la double identité du début de la XIIe dynastie à la fin de la XVIIe dynastie, Biblical Institute Press, , chap. 16 [67] ;
  • (en) Leonard Cottrell, The Lost Pharaohs, Pan Books, , 8e éd., p. 135-136 ;
  • Nicolas Grimal, Histoire de l'Égypte ancienne, Fayard, [détail de l’édition] (ISBN 978-2213021911) ;
  • (en) Peter Clayton, Chronicle of the Pharaohs, Thames & Hudson Ltd, , p. 171 ;
  • (de) Jürgen von Beckerath, Untersuchungen zur politischen Geschichte der zweiten Zwischenzeit in Ägypten, Glückstadt, Augustin,  ;
  • (de) Jürgen von Beckerath, Handbuch der Agyptischen Konigsnamen, Mayence, Éditions Philipp von Zabern, coll. « Münchner Ägyptologische Studien (MÄS) » (no 49), , 2e éd. (1re éd. 1984), 314 p. (ISBN 3-8053-2591-6, lire en ligne) ;
  • Claude Vandersleyen, L'Égypte et la Vallée du Nil : De la fin de l'Ancien Empire à la fin du Nouvel Empire, t. 2, Paris, PUF, coll. « Nouvelle Clio », , 710 p. (ISBN 978-2130465522) ;
  • Claude Vandersleyen, « Nouvelles lumières sur la nécropole de la 17e dynastie à Dra Aboul Naga, sur la rive gauche de Thèbes », Chronique d'Égypte, no 85,‎ , p. 108-125, 169-170 ;
  • (en) Anton Gill, Ancient Egyptians: The Kingdom of the Pharaohs brought to Life, Harper Collins Entertainment, , p. 176-177 ;
  • (en) Aidan Mark Dodson et Dyan Hilton, The Complete Royal Families of Ancient Egypt, Thames & Hudson, [détail des éditions] (ISBN 0-500-05128-3) ;
  • (de) Daniel Polz, Der Beginn des Neuen Reiches, Zur Vorgeschichte einer Zeitenwende. Sonderschriften des Deutschen Archäologischen Instituts, Abteilung Kairo, 31. Berlin/New York: Walter de Gruyter, , p. 25-34 & 50 ;
  • (en) Daniel Polz, « New Archaeological Data From Dra Abu El-Naga and Their Historical Implications », dans Marcel Marée (dir.), The Second Intermediate period (Thirteenth-Seventeenth Dynasties), Current Research, Future Prospects, Leuven, Paris, Walpole, MA., Peeters Leuven, , 343-353 p. (ISBN 978-90-429-2228-0, lire en ligne) ;
  • (en) Darrell D. Baker, The Encyclopedia of the Pharaohs : Volume I : Predynastic to the Twentieth Dynasty 3300–1069 BC, Stacey International, , 587 p. (ISBN 978-1-905299-37-9) ;
  • (en) Detlef Franke, « The Late Middle Kingdom (Thirteenth to Seventeenth Dynasties): The Chronological Framework », Journal of Egyptian History, Koninklijke Brill, no 1 (2),‎ , p. 267-287 (DOI 10.1163/187416608786121310) ;
  • (en) Kim Steven Bardrum Ryholt, The Political Situation in Egypt during the Second Intermediate Period, vol. 20, Copenhague, Museum Tusculanum Press, (ISBN 978-8772894218) ;
  • (en) Julien Siesse, « Throne Names Patterns as a Clue for the Internal Chronology of the 13th to 17th Dynasties (Late Middle Kingdom and Second Intermediate Period) », GM, no 246,‎ , p. 75-98 (lire en ligne) ;
  • Julien Siesse, La XIIIe dynastie : Histoire de la fin du Moyen Empire égyptien, Paris, Sorbonne Université Presses, coll. « Passé Présent », (ISBN 9791023105674).