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Algol (étoile)

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Algol
β Persei
Données d'observation
(époque J2000.0)
Ascension droite 03h 08m 10,132s[1]
Déclinaison +40° 57 20,33[1]
Constellation Persée
Magnitude apparente +2,12 à +3,39[2]

Localisation dans la constellation : Persée

(Voir situation dans la constellation : Persée)
Caractéristiques
Type spectral B8V (A) / K0IV (B)[3] / F1V (C)[4]
Indice U-B −0,37[5]
Indice B-V −0,05[5]
Variabilité Algol (prototype)[2]
Astrométrie
Vitesse radiale +3,7 ± 3,9 km/s[6]
Mouvement propre μα = +2,70 mas/a[7]
μδ = −0,80 mas/a[7]
Parallaxe 34,7 ± 0,6 mas[7]
Distance 94 ± 2 al
(28,8 ± 0,5 pc)
Magnitude absolue −0,18[8]

Désignations

β Per, 26 Per, HD 19356, HIP 14576, HR 936, ADS 2362A, BD+40°673, FK5 111, GJ 9110, SAO 38592, WDS J03082 +4057Aa,Ab[9]

Algol, également nommée Beta Persei dans la désignation de Bayer (ou Bêta de Persée en français, en abrégé β Per) est une étoile variable à éclipses de la constellation de Persée, de deuxième magnitude, qui varie périodiquement tous les 2 jours et 21 heures environ. La distance qui nous sépare d'Algol est d'environ 94 années-lumière. Dans la Grèce antique, cette étoile était associée au masque de Méduse.

Description

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Courbe de lumière d'Algol, enregistrée par le satellite TESS.

Vue depuis la Terre, Algol est une binaire à éclipses, même si elle est en fait un système stellaire composé de trois étoiles — A (ou Aa1), B (ou Aa2), et C (ou Ab) — au sein duquel la composante primaire, la plus massive et la plus lumineuse (A), ainsi que la secondaire, plus grande mais plus froide et moins lumineuse (B), passent régulièrement l'une devant l'autre, à l'origine du phénomène d'éclipses. Ainsi, la magnitude apparente d'Algol est habituellement proche de 2,1, mais basse jusqu'à la magnitude 3,4 tous les 2,86 jours durant l'éclipse primaire qui dure approximativement 10 heures. L'éclipse secondaire, c'est-à-dire lorsque l'étoile primaire occulte la secondaire, est nettement moins marquée et ne peut être détectée que photoélectriquement[10]. Algol est le prototype des variables de type Algol.

Algol A est une étoile bleu-blanc de la séquence principale de type spectral B8V tandis que son compagnon, Algol B, est une sous-géante rouge de type K0IV[3]. Les deux étoiles sont très proches, car elles ne sont qu'à 7,5 millions de kilomètres l'une de l'autre, soit 5 % de la distance Terre-Soleil. Algol C est quant à elle une étoile jaune-blanc de la séquence principale de type spectral F1V[4].

Éclipse d'Algol B (lumineuse) par Algol A, vu par l'interféromètre CHARA.

La variabilité de la luminosité d'Algol était connue des Égyptiens, mais n'a été mesurée pour la première fois qu'en 1783 par l'astronome amateur britannique John Goodricke[11].

Un transfert de masse entre les deux membres de l'étoile binaire pourrait être à l'origine de l'allongement de la période d'éclipses d'Algol de 0,017 jour en 3 000 ans, en comparaison des calendriers égyptiens[11].

Trajectoire particulière

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Possédant un mouvement propre très petit comparé à sa vitesse radiale, les calculs montrent que Algol est passée à 9,8 a.l. du Système solaire il y a 7,3 millions d'années. Elle était alors d'une magnitude apparente d'environ -2,5, ce qui est considérablement plus brillant que ne l'est Sirius aujourd'hui. Il n'est pas exclu qu'elle ait pu perturber le nuage d'Oort en cette occasion, et provoquer une certaine augmentation de l'afflux de comètes vers le système solaire interne.

Algol est le nom propre de l'étoile qui a été approuvé par l'Union astronomique internationale le [12].

Étymologiquement, Algol dérive de l'arabe ra's al-ghoul رأس الغول: « la tête (ra's) de l'ogre (al-ghoul, goule) ». En astronomie chinoise, cette étoile fait partie de l'astérisme Daling, qui représente un mausolée.

Notes et références

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  1. a et b (en) F. van Leeuwen, « Validation of the new Hipparcos reduction », Astronomy & Astrophysics, vol. 474, no 2,‎ , p. 653–664 (DOI 10.1051/0004-6361:20078357, Bibcode 2007A&A...474..653V, arXiv 0708.1752)
  2. a et b (en) N. N. Samus', E. V. Kazarovets et al., « General Catalogue of Variable Stars: Version GCVS 5.1 », Astronomy Reports, vol. 61, no 1,‎ , p. 80-88 (DOI 10.1134/S1063772917010085, Bibcode 2017ARep...61...80S, lire en ligne, consulté le )
  3. a et b (en) Jean-François Lestrade et al., « VLBI astrometric identification of the radio emitting region in Algol and determination of the orientation of the close binary », The Astrophysical Journal, vol. 410,‎ , p. 808 (DOI 10.1086/172798 Accès libre, Bibcode 1993ApJ...410..808L)
  4. a et b (en) M. G. Frank, D. G. Whelan et J. C. Junginger, « Spectral Classification of Algol C », Journal of the American Association of Variable Star Observers (Jaavso), vol. 50, no 1,‎ , p. 123 (Bibcode 2022JAVSO..50..123F, arXiv 2205.06229)
  5. a et b (en) J. R. Ducati, « Catalogue de données en ligne VizieR : Catalogue of Stellar Photometry in Johnson's 11-color system », CDS/ADC Collection of Electronic Catalogues, 2237, 0,‎ (Bibcode 2002yCat.2237....0D)
  6. (en) G. A. Gontcharov, « Pulkovo Compilation of Radial Velocities for 35 495 Hipparcos stars in a common system », Astronomy Letters, vol. 32, no 11,‎ , p. 759 (DOI 10.1134/S1063773706110065, Bibcode 2006AstL...32..759G, arXiv 1606.08053)
  7. a b et c (en) Shuangjing Xu et al., « Comparison of Gaia DR2 Parallaxes of Stars with VLBI Astrometry », The Astrophysical Journal, vol. 875, no 2,‎ , article no 114 (DOI 10.3847/1538-4357/ab0e83, Bibcode 2019ApJ...875..114X, arXiv 1903.04105)
  8. (en) E. Anderson et Ch. Francis, « XHIP: An extended Hipparcos compilation », Astronomy Letters, vol. 38, no 5,‎ , p. 331 (DOI 10.1134/S1063773712050015, Bibcode 2012AstL...38..331A, arXiv 1108.4971)
  9. (en) * bet Per -- Spectroscopic Binary sur la base de données Simbad du Centre de données astronomiques de Strasbourg.
  10. (en) « Beta Persei (Algol) », sur www.aavso.org, AAVSO (consulté le )
  11. a et b « Algol, l’étoile qui ralentit », sur Ciel & Espace (consulté le ).
  12. (en) « Table 1: Star Names Approved by WGSN as of 20 July 2016 », Bulletin of the IAU Working Group on Star Names, no 1,‎ (lire en ligne [PDF], consulté le ).

Articles connexes

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Liens externes

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