Mozorro
Mozorro est un terme basque désignant à l'origine un masque, qui renvoie à la fois à des figures mythologiques locales et à diverses traditions festives du Pays basque.
Étymologie
[modifier | modifier le code]Mozorro signifie « masque » en basque. Le suffixe a désigne l'article : mozorroa se traduit donc par « le masque ». Il désigne tout à la fois un insecte, un masque, une personne déguisée ou un épouvantail[1],[2].
Mythologie
[modifier | modifier le code]C'est ainsi que l'on désigne des génies familiers dans la région d'Albiztur. Voici ce qui disaient les gens du village[1] :
Santagueda fut, de son temps, le meilleur aizkolari (bûcheron) des environs. Natif de Santagueda (sa maison) à Beizama (Guipuscoa). Non seulement il était très fort dans le débitage des troncs, mais il l'était également dans toute espèce de jeu et toujours, ou presque, il sortait vainqueur[1]. C'est pour cela que beaucoup disaient que Santagueda avait les mozorroak (pluriel de mozorro) avec lui. C'était d'efficaces compagnons. Voir également Mamur.
Festivités
[modifier | modifier le code]Au mois de février, dans les célébrations de la ville d'Arantza, les jeunes s'habillent de blanc avec un mouchoir, en plaçant des pompons et des bandes de papier multicolores sur le dos. Les mozorro zuriak et mozorro beltzak (mozorro blancs et noirs en basque), nom avec lequel ils sont connus, parcourent les différents quartiers en demandant de l'argent pour organiser un banquet pour tout le village le week-end.
Les fêtes patronales d'Albiztur, organisées à l'occasion de la veille de l'Assomption, marquent le début de plusieurs journées de célébrations qui se prolongent jusqu'au dimanche suivant. L'ouverture officielle des festivités est traditionnellement annoncée par le txupinazo, suivi d'un triki-poteo, déambulation festive accompagnée de musique et de consommation de boissons dans les rues du village. Les participants se déguisent souvent, donnant lieu à une grande variété de costumes. Les mozorroak (déguisements ) sont très variés (nonnes, hawaïennes, joueurs de tennis, etc.)La première journée est particulièrement dédiée aux enfants et aux jeunes. Des géants et grosses têtes (buruhandiak) parcourent les rues, tandis que des structures gonflables installées sur la place du village permettent aux plus jeunes de participer aux activités ludiques[3].
Le programme du vendredi débute par une kalejira de txistulariak à 11 h 30. À midi se déroulent des parties de pelote basque pour les jeunes, parallèlement à la messe principale célébrée à l'église. L'après-midi est consacré aux sports ruraux basques, avec une compétition opposant les habitants mariés et célibataires. Les épreuves comprennent notamment la coupe de bois à la hache (aizkora) et la levée de pierre (harri-jasotzea). La journée se conclut par un concours de tortilla de pommes de terre, suivi d'un repas populaire (barrikote) et d'une romería ou bal populaire animé par un groupe musical. Ces activités illustrent l'importance des traditions festives et culturelles dans la vie communautaire du village[3].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- (en) Eusko Ikaskuntza, « Mozorro », Donostia-San Sebastián, Auñamendi Eusko Entziklopedia (consulté le )
- ↑ José Miguel Barandiaran (trad. Olivier de Marliave, préf. Jean Haritschelhar, photogr. Claude Labat), Mythologie basque [« Mitología vasca »], Toulouse, E.S.P.E.R, coll. « Annales Pyrénéennes », , 120 p. [détail des éditions] (ISBN 2907211056 et 9782907211055, OCLC 489680103)
- (es) « Mozorro festa hasteko », San Sebastián, El Diario Vasco, 15 agosto 2025 (consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- José Miguel Barandiaran et traduit et annoté par Michel Duvert, Dictionnaire illustré de mythologie basque [« Diccionario Ilustrado de Mitología Vasca y algunas de sus fuentes »], Donostia, Baiona, Elkarlanean, , 372 p. [détail des éditions] (ISBN 2903421358 et 9782903421359, OCLC 416178549)
- Wentworth Webster (trad. Nicolas Burguete, postface Un essai sur la langue basque par Julien Vinson.), Légendes basques : recueillies principalement dans la province du Labourd [« Basque legends »], Anglet, Aubéron, (1re éd. 1879), 328 p. [détail de l’édition] (ISBN 2844980805 et 9782844980809, OCLC 469481008)
- Jean-François Cerquand, Légendes et récits populaires du Pays Basque : Recueillis dans les provinces de Soule et de Basse-Navarre, Bordeaux, Aubéron, (1re éd. 1876), 338 p. [détail de l’édition] (ISBN 2844980937 et 9782844980939, OCLC 68706678, lire en ligne)
